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Bouygues termine la construction du SportsHub de Singapour, plus gros PPP sportif jamais signé
Le SportsHub de Singapour - © © John Sapporo/LeMoniteur.fr

Bouygues termine la construction du SportsHub de Singapour, plus gros PPP sportif jamais signé

John Sapporo à Singapour |  le 07/04/2014  |  BâtimentEntreprisesRéglementationSportEurope

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Plus important PPP sportif au monde, coût de conception-construction qui approche le milliard d’euros, 4500 ouvriers au plus fort du chantier… En livrant un temple Singapourien dédié aux dieux du Sport, Bouygues surperforme en Asie.

Son dôme d’acier est dressé, sa toiture mobile sur ses rails, dans trois mois, le Sportshub de Singapour pourra accueillir dans son arène de 55 000 places (toutes rafraîchies), les All Blacks, Usain Bolt ou encore l’équipe nationale indienne de cricket. Mais en attendant d’annoncer  le nom des stars, l’écran géant de ce nouveau temple du Sport affiche  « Welcome Olivier-Marie Racine ». En venant, en cette première semaine du mois d’avril, visiter le SportsHub de Singapour, le PDG de Bouygues Bâtiment International mesure l’importance du projet mené par sa filiale singapourienne.

A la fin du gros œuvre, ils étaient 4 500 à travailler ensemble sur le site. Pas moins de 20 nationalités sont présentes sur le chantier.
A la fin du gros œuvre, ils étaient 4 500 à travailler ensemble sur le site. Pas moins de 20 nationalités sont présentes sur le chantier. - © © John Sapporo/LeMoniteur.fr

Le contrat d’un demi-milliard d’euros remporté par le major français pour installer le Kai Tak Cruise Terminal de Hong-Kong, achevé en 2013, est largement dépassé. Le coût pour concevoir et construire ce hub dédié au sport regroupant le stade donc, une piscine olympique, un musée et une bibliothèque ainsi qu’un centre commercial et des équipements sportifs ouverts 24h/24 7 jours/7, dépasse les 800 millions d’euros. En y ajoutant le coût d’exploitation du site que le consortium, porté par Dragages Singapour, filiale de Bouygues Construction, aura à charge pendant 25 ans, on dépasse largement le milliard.

Si Singapour est prêt à payer le loyer de ce partenariat public-privé (PPP) sportif, le plus important jamais signé, c’est que dans la course à l’attractivité que les mégalopoles se livrent, le sport est un enjeu crucial. La cité-Etat d’Asie du Sud-Est ne pouvait laisser la capitale économique des Emirats Arabes Unis  se doter du Dubaï Sports City (encore en construction) sans proposer une infrastructure de la même envergure.

 Lancé par Sport Singapore, établissement public émanant du ministère en charge du sport, le site a pour objectifs de densifier l'événementiel sportif de la ville, de faire émerger des athlètes nationaux de haut niveau (aux derniers Jeux olympiques de Londres, Singapour n’a remporté que deux médailles, en tennis de table) et  d’initier les singapouriens au sport.

La piscine du SportsHub de Singapour
La piscine du SportsHub de Singapour - © © John Sapporo/LeMoniteur.fr

Et, pour faire parler le Dieu du Sport dans cette cité-Etat surnommée la « Suisse d’Asie », Sport Singapour a choisi de déléguer la mission à travers un PPP que le consortium porté par Bouygues a remporté. Implanté depuis plus de 20 ans à Singapour, le groupe français a su s'entourer de compétences locales, en s'associant, pour la conception, à DP Architects, principale agence d'architecture singapourienne, et pour la maintenance, à la compagnie DTZ, d'origine singapourienne.

L’expérience du consortium dans le domaine des PPP avait également de quoi rassurer la cité-Etat Asiatique. Au côté de Bouygues, le fonds d'investissement britannique spécialisé dans les PPP, Infrared qui, au milieu des années 2000, faisait face à un fort recul des PPP en Angleterre, est venu chercher des opportunités en Asie.

Aussi, afin de proposer l'équipe la plus séduisante au gouvernement singapourien, la multinationale française est allée chercher ARUP Sport, concepteur du stade national de Pékin et de l’Allianz Arena à Munich.

Mais si le consortium porté par Bouygues a remporté l'appel d'offres, ce n'est qu'en partie grâce à l’expérience de son équipe dans les PPP et la conception de stades.  Seule la moitié des points de l'appel d'offres portait sur le projet de bâtiment lui-même, l'autre moitié  visait à évaluer la gestion de la programmation événementielle. Bouygues a donc complété l'équipe avec Global Spectrum, société gérant plus de 100 stades aux USA.

Les South Asian Games de 2015, premier grand rendez-vous sportif qu’accueillera le stade,  auront lieu dans une arène implantée sur un site qui s’étale sur près de 300 000 m² (plus de 35 terrains de foot). Si Frederic Ferre, directeur du projet chez Dragages Singapour, a déjà orchestré la construction de bâtiments impressionnants à travers le monde, jamais il ne s'était attaqué à un chantier d’une  telle envergure financière et d’une telle complexité technique. Haut de 80 m et d'une portée de plus de 300 m, le dôme mobile du stade pourrait recouvrir l'opéra de Sydney... Alors, afin de simplifier la gestion de ce gigantesque chantier, le site a donc été divisé en quatre zones, représentant chacune un chantier de taille moyenne.

"Dans un stade classique, qui se résume à un bol avec des gradins, les choses sont plus simples. Ici, le fait d'agréger de nombreux bâtiments au stade complexifie les choses. Par exemple, concernant la ventilation, il faut faire passer les gaines à travers plusieurs bâtiments", précise Frederic Ferre.

Afin que la construction des neuf bâtiments entourant le stade n'empêche pas, en bloquant l'approvisionnement, de faire avancer simultanément les travaux sur ce dernier, tous les matériaux constituant le dôme  métallique (12 tonnes d'acier en provenance de la Chine et du Japon) ainsi que trois grues de 750 tonnes (importées en pièces détachées de Dubaï) ont été déposés au centre de l'arène.

Pluie équatoriale et tempête financière

Et ce chantier à ciel ouvert n’a pas été facilité par le climat singapourien. « Durant la saison des pluies, en plus de construire, il faut pomper, drainer et traiter l'eau avant de l'éjecter », explique Frederic Ferre. Néanmoins, plus que la rudesse du climat, c'est la rigueur de la réglementation singapourienne encadrant la main d'œuvre étrangère, renforcée dernièrement,  qui freine les pointes de vitesse dans l’avancée des travaux. Ici pas d'intérim à la semaine, le gouvernement alloue à l’année un quota d’ouvriers aux entreprises étrangères et à leurs sous-traitants, ce qui rend difficile la flexibilité dans la gestion des équipes.

 

Mais si le dôme du stade n’émerge de Singapour qu'aujourd'hui, et non pas en 2012, comme le prévoyait initialement le projet, c'est du côté des banques que l’explication se trouve.

« En effet, le montage financier s'est effondré 3 mois après que le consortium emmené par Bouygues a été désigné », se souvient Ludwig Reichhold, Directeur Général de Dragages Singapour et en charge de superviser l’activité de Bouygues en Asie. "Nous avons dû passer de 5 banques à 11, nous avons ajouté à nos banques européennes des banques japonaises et singapouriennes. Chacune apportant entre 200 et 300 millions". Au passage, le projet prendra deux ans de retard.

La particularité de ce PPP est qu'en plus du loyer que Singapore Sport versera au consortium, pendant 25 ans,  pour la conception, la construction et le fonctionnement, ce dernier partagera les recettes commerciales avec le gouvernement singapourien. Et là aussi, Singapour a fait en sorte de stimuler l'offre sportive. Si le consortium ne touchera que 40% des recettes émanant de l'activité du centre commercial du Sportshub, le pourcentage montera à 90% quand il s'agira de la mise en œuvre d'un événement sportif.

Toutefois, le Sportshub ne peut pas être un objet commercial rentable et ses recettes commerciales ne représenteront que 20% des revenus du consortium (le loyer que le gouvernement singapourien versera pendant 25 ans au consortium est tenu secret, le seul chiffre que Bouygues est autorisé à communiquer est le coût de construction : 800 millions d’euros)

Mais même non rentable, le stade fait déjà des envieux dans la région et d’autres villes semblent prêtes à mettre la main au portefeuille pour pouvoir rayonner par le sport. Une délégation hong-kongaise, qui réfléchit à s'offrir une infrastructure de ce type, est récemment venue le visiter. L'appel d'offres n'est pas encore lancé mais chez Bouygues, on est déjà prêt à y répondre...

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