Aménagement

Bouygues réalisera le « Pentagone à la Française » à Balard

Le groupe Bouygues, associé à l’architecte Nicolas Michelin, a été choisi pour réaliser le futur siège du ministère de la Défense à Balard, dans le 15e arrondissement de Paris.

Au terme des différentes phases du dialogue compétitif mené par le ministère de la Défense avec les trois groupements – conduits par Bouygues, Eiffage et Vinci – candidats au contrat de partenariat public privé (PPP) pour le regroupement de l’administration centrale et des états-majors sur le site de Balard, le ministère de la Défense a donc choisi le groupement conduit par Bouygues comme attributaire pressenti.
Pour le ministère de la Défense, « le choix de l’offre présentée par le groupement de candidature conduit par Bouygues Construction Ile-de-France, incluant notamment Thalès pour l’informatique, Sodexo pour les services, Dalkia pour l’énergie, FIDEPPP (réunissant les Caisses d’épargne et Natixis) et SEIEF comme investisseurs financiers (…) réunit les avantages de l’offre financière la plus basse, d’une bonne adéquation fonctionnelle et technique, et la meilleure qualité architecturale ».

Michelin, Wilmotte et 2/3/4

Le projet architectural du bâtiment principal du ministère de la Défense (130.000 m2) situé sur la parcelle Ouest du site a été conçu par Nicolas Michelin. La conception des immeubles de bureaux de la corne Ouest (90.000 m2 répartis sur 3 hectares) pour la valorisation immobilière sur l’extrémité occidentale du site a été confiée à Jean-Michel Wilmotte. La rénovation des immeubles de la Cité de l’Air (hors Tour DGA et Tour F, déjà en travaux), au total sur 120.000 m², sera également assurée par le futur titulaire du contrat, avec le concours du cabinet d’architecture Atelier 2/3/4.

Combien coûteront les travaux ?

Si le ministère de la Défense prévoit que le regroupement sur le site de Balard « permettra de vendre les emprises parisiennes (dont l’îlôt Saint Germain) et de mobiliser le produit des cessions (estimation : 600 millions d’euros) pour les programmes d’équipement de la défense », Bruno Vieillefosse, délégué de la Délégation pour le regroupement des états-majors et services centraux de la défense (DRESD), a affirmé au Moniteur.fr que cet argent « ne servirait en aucun cas à financer la construction du site de Balard ».

Concernant la redevance (1) dans le cadre du PPP dont s’acquiterait l’Etat pendant près de 27 ans, à partir de la livraison des immeubles en septembre 2014, elle devrait se situer « entre 100 millions et 150 millions d’euros », a indiqué Bruno Vieillefosse

Signature du contrat fin avril

« Ce n’est qu’après la signature du contrat, prévue fin avril, que le titulaire sera désigné » précise le ministère qui ajoute « jusqu’à ce moment-là, compte tenu des règles de procédure, le contenu des offres, sur le plan financier, comme sur le plan architectural, ne pourra être dévoilé ».
Le dossier de permis de construire sera déposé au début de l’été, instruit par les services de l’Etat, pour être délivré d’ici la fin 2011. Le chantier, qui mobilisera jusqu’à 2.500 ingénieurs, techniciens, agents de maîtrise et ouvriers, débutera en janvier 2012 pour s’achever, pour l’essentiel, en juin 2014.

Focus

Retour sur deux ans de dialogue compétitif

L’avis d’appel public à la concurrence avait été lancé au niveau européen le 2 juin 2009. Les candidats ont remis leurs projets ou propositions successifs en novembre 2009 (compétition architecturale initiale), février 2010 (propositions initiales), puis juillet 2010 (propositions intermédiaires), avant de déposer leurs offres finales, fermes et définitives, le 11 janvier 2011.
Les projets des trois candidats ont été, à chaque étape, étudiés par neuf commissions spécialisées associant près de cent trente experts venant du ministère et d’autres horizons, dans les domaines relatifs à l’architecture, aux aspects fonctionnels, juridiques et financiers, aux centres opérationnels, aux systèmes d’information et de communication, à la sécurité, à la maintenance, aux services et à la valorisation de la Corne Ouest.
La commission architecturale comprenait notamment trois architectes désignés par le ministre de la Culture (Paul Andreu, Jean-Claude Dumont, Marc Mimram), deux membres désignés par la Ville de Paris, la directrice de l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs, aux côtés de six représentants du ministère, dont trois architectes.
Un représentant du ministère de l’économie et des finances a participé aux travaux de la commission juridique, économique et financière. France Domaine a participé aux auditions des candidats consacrées à la valorisation immobilière. Les états-majors et les directions du ministère (DGA, SGA, etc) ont directement participé à la quasi-totalité des commissions, soit en qualité d’experts techniques, soit en qualité d’usagers futurs.
Les commissions ont travaillé avec le concours de quatorze assistants à maître d’ouvrage dans tous les domaines énoncés. Commencé en septembre 2009, le dialogue compétitif s’est concrétisé, au total, par plus de 160 auditions ou réunions et plus de 360 heures de débats, ainsi que des centaines de questions écrites posées par les candidats et par le ministère.
Au cours du dialogue compétitif, les échanges réalisés entre les candidats et le ministère ont permis d’ajuster les projets au plus près des besoins du ministère et des solutions les plus performantes.

(1) cette redevance inclura l’investissement, le financement, les frais financiers, l’entretien et la maintenance des bâtiments, les réseaux informatiques, ainsi que les services courants (restauration collective, nettoyage, gardiennage périmétrique, espaces verts, etc).

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