Entreprises de BTP

Bouygues : le pôle construction tire son épingle du jeu

Mots clés : Entreprise du BTP

Bouygues voit son chiffre d’affaires progresser de 2% au premier semestre à 15,5 milliards d’euros. Mais son bénéfice net chute de 29% à 278 millions en raison des mauvaises performances de Bouygues Telecom. Le pôle construction (Colas, Bouygues Construction et Bouygues Immobilier) s’en sort avec les honneurs.

Les résultats du groupe Bouygues au premier semestre sont plombés par la chute de la rentabilité de Bouygues Telecom. Ceux du pôle Construction résistent mieux (+4% pour l’activité et  -17% pour le résultat opérationnel), sauf Colas, impacté par des conditions climatiques défavorables en Europe.

 

Bouygues Construction résiste bien

 

Bouygues Construction voit son chiffre d’affaires progresser de 7% à 5 milliards d’euros au premier semestre (+2% à périmètre et taux de change constants), davantage à l’international (+13%) qu’en France (+2%). Sa marge opérationnelle perd 0,3 point par rapport au premier semestre 2011 à 3,2% et son bénéfice net s’établit à 107 millions d’euros (+ 13 millions). Bonne nouvelle, la prise de commandes progresse de 12% par rapport au premier semestre 2011 à 6,9 milliards d’euros, tant en France (Palais de justice de Paris, contournement Nîmes-Montpellier…) qu’à l’international (pont reliant Hong-Kong à Macao…). Son  carnet de commandes à fin juin enregistre  une hausse de 14% à 17,7 milliards (dont 46% à l’international) avec une part d’affaires à réaliser au-delà de 2014 en nette progression.

L’activité de Bouygues Immobilier recule de 3% (+5% dans le logement, -46% dans l’immobilier d’entreprise). La marge opérationnelle perd 0,5 point à 7,8%. Le résultat net de la filiale de promotion du groupe perd 5 millions à 51 millions d’euros sur le premier semestre. Dans un contexte d’attentisme du marché de l’accession et de recul de l’investissement locatif, les réservations totales calent (-20%) même si le niveau de prise de commandes dans l’immobilier d’entreprise résiste plutôt bien face à la morosité du marché. Le carnet de commandes s’inscrit ainsi en hausse de 21% sur un an.

 

Colas : une météo défavorable

 

Colas voit son chiffre d’affaires progresser de 4% (+2% à périmètre et taux de change constants), tiré par l’international (+15%, notamment grâce à l’Amérique du Nord) car l’activité en France recule de 3%. « Compte tenu d’une augmentation des coûts de construction de 5% en France, le recul de l’activité en volume peut être estimé à 9% », note la filiale routière. Sa perte opérationnelle courante de 34 millions enregistrée au premier semestre tient aux mauvaises conditions climatiques enregistrées en Europe, particulièrement en France (en comparaison à un premier semestre 2011 très clément), explique le groupe qui a de fait retardé la consommation de son carnet de commandes. « L’incertitude sur le financement des projets en France est réelle pour 2013 et 2014 », explique toutefois Hervé Le Bouc, P-DG de Colas.

 

Rigueur imposée

 

Le groupe fait valoir sa gestion très rigoureuse des investissements et de son besoin en fonds de roulement, insiste sur la capacité d’adaptation de ses équipes pour parvenir à stabiliser fin 2012 chiffre d’affaires et marges du pôle construction. Martin Bouygues met ainsi en avant ses solides atouts : bonne visibilité de l’activité future grâce à des carnets de commandes exceptionnels, diversité des savoir-faire et des activités, forte présence à l’international (44% chez Bouygues Construction et Colas), structures de coûts majoritairement variables et flexibilité des équipes (ajustements en cours chez Colas et Bouygues Immobilier). 

Dans un contexte financier beaucoup plus difficile, tant pour les projets privés que pour les projets publics, Martin Bouygues ne se dit pas trop inquiet. Ni Bouygues Construction ni Colas n’ont pour l’instant eu à faire face à des projets arrêtés faute de financement. Interrogé sur l’avenir des partenariats public-privé, le P-DG s’est montré philosophe :  « Je n’ai pas d’état d’âme à ce sujet. Les PPP sont des montages nécessitant un travail colossal. Si le gouvernement veut les remplacer par une autre formule, c’est un choix politique. Nous nous adapterons. »

Quant aux projets parisiens qui ont fait couler beaucoup d’encre (le Palais de justice de Paris, le ministère de la Défense), « les contrats sont en cours d’exécution », a indiqué M. Bouygues. Si le maître d’ouvrage change d’avis en cours de route, à lui d’assumer les conséquences de ses choix ».

« Hormis le Canal Seine-Nord, qui est suspendu, les quelques autres projets lancés poursuivent leur chemin, comme la rocade nord de Marseille ou l’A45 (Saint-Etienne-Lyon) « , a quant à lui noté Yves Gabriel. Et puis « les projets du gouvernement en matière de logement (500 000 logements à construire par an, dont 150 000 sociaux, ndlr) ouvrent un champ de perspectives et d’activité tout à fait intéressant », juge Martin Bouygues, « qui fera appel une industrie franco-française tout en répondant à un besoin essentiel des Français « . Reste à attendre les arbitrages budgétaires et la discussion parlementaire.

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