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Bouygues Bâtiment Ile-de-France réalisera la salle philharmonique de Paris
Visite virtuelle de la future Philharmonie de Paris, signée Jean Nouvel - © © LeMoniteur.fr

Bouygues Bâtiment Ile-de-France réalisera la salle philharmonique de Paris

Frédérique Vergne |  le 24/02/2011  |  ParisFrance entièreEurope

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Après un an d'arrêt, le plus grand chantier culturel du quinquennat de Nicolas Sarkozy redémarrera dans quelques semaines. Bouygues Bâtiment Ile-de-France a récemment signé en groupement le contrat pour la réalisation, l'exploitation et la maintenance de la salle philharmonique de Paris. Cette signature met fin aux interrogations sur un éventuel abandon du projet.

Depuis un an, les bulldozers, qui ont déserté le parc de La Villette à Paris, là où sera construite la Philharmonie de Paris, laissant un trou béant de douze mètres de profondeur, vont pouvoir reprendre le chemin du chantier. Et très vite, puisque les travaux redémarreront le mois prochain. En effet, Bouygues Bâtiment Ile-de-France, filiale de Bouygues Construction, a annoncé le 24 février dans un communiqué la signature récente en groupement (*) du contrat pour la réalisation, l'exploitation et la maintenance pendant quinze ans de la salle philharmonique de Paris. Cette signature met fin à un véritable feuilleton commencé depuis de nombreuses années. La raison : des problèmes de financement. Alors que les acteurs publics concernés ont trouvé un terrain d'entente sur leur investissement : 45% pour l'Etat, 45% pour la Ville de Paris, 10% pour la région Ile-de-France et que Jean Nouvel remporte en 2007 le concours pour son bâtiment composé de plans superposés en pavés de fonte d'aluminium, l'Etat semble traîner des pieds. Il est vrai que le coût de la Philharmonie de Paris estimé en 2002 à 110 millions d'euros est passé à la mi-2009 aux alentours des 400 millions d'euros dont les trois-quarts pour la seule phase de construction. En septembre 2009, alors que les travaux de terrassement ont tout juste démarré et au regard de cette somme, l'Etat exige une reprise des discussions avec les constructeurs en vue de faire baisser la facture. Ce sera chose faite. Mais pourtant en 2010, pas d'agitation en vue sur le chantier. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, avait reconnu d'ailleurs le 29 septembre lors de la présentation de son budget, les difficultés de l'Etat à financer sa part de ce futur grand auditorium symphonique. Face aux nombreuses inquiétudes exprimées sur un éventuel abandon du projet, Nicolas Sarkozy dans une lettre adressée à Bertrand Delanoë avait assuré de la poursuite du projet.

Fin des travaux en 2014

Toujours est-il qu'aujourd'hui le chantier est en ordre de marche. La salle philharmonique de La Villette sera l'un des premiers projets majeurs à voir le jour dans le cadre du Grand Paris. Elle comprendra une salle de concert de 2.400 places, huit salles de répétition, des salles de représentation secondaire, un pôle pédagogique et un pôle administratif. Grâce à la modularité de ses espaces et à ses nombreuses salles de répétition, elle pourra accueillir un grand nombre d'orchestres et permettra d'offrir au public une large gamme d'évènements culturels. L'ensemble de la toiture sera conçue pour être un chemin de promenade ouvert au public. Un gigantesque écran de soixante mètres de haut dominera le périphérique et permettra d'afficher le programme des représentations.
Le marché signé par le groupement mené par Bouygues Bâtiment Ile-de-France, qui va réaliser une nouvelle référence dans le domaine de la culture et du spectacle, porte sur la construction, la maintenance et l'entretien de cet équipement d'environ 20.000 m2 utiles. Le bâtiment et ses espaces verts étant exploités et maintenus pendant 15 ans par Cofely, filiale de GDF Suez et les parkings gérés par QPark. Les travaux, qui démarreront en mars 2011 pour une durée de trois ans, mobiliseront 1.000 collaborateurs en période de pointe. Le montant total du contrat s'élève à 219 millions d'euros, dont 107 millions pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France.

(*) Le groupement est composé de Bouygues Bâtiment Ile-de-France, Belgometal N.V, Gemo, Ingerop Conseil et ingénierie, Inéo Tertiaire Ile-de-France, Axima Seitha, AMG-Fechoz, Lindner AG, SAS Sodifra Agencement, GDF Suez Energie-Services-Cofely, QPark France, Otis, Ega, Cunin SA, Philharmonie Park, Soletanche Bachy Pieux.

Philharmonie de Paris : vue depuis le périphérique
Philharmonie de Paris : vue depuis le périphérique
Philharmonie de Paris
Philharmonie de Paris
Philharmonie de Paris : vue depuis le parc de La Villette
Philharmonie de Paris : vue depuis le parc de La Villette
Acoustique

Jean Nouvel, l'architecte lauréat du concours en avril 2007, associé ici à Brigitte Métra, a imaginé "l'instrument d'une osmose entre le lieu et la musique", au travers d'"un seul espace généreux et atmosphérique"... Immergé au cœur de la musique, le spectateur le plus éloigné se situera à 32 mètres seulement du chef d'orchestre (contre 48 m à Pleyel, pour 1.900 places). Au plan formel, la salle se veut hybride entre une configuration en vignobles (comme la Philharmonie de Copenhague de... Jean Nouvel ouverte en 2009) qui place l'auditeur au centre du dispositif scénique, et une salle "boîte à chaussures" (tel le palais des congrès de Lucerne, du même Jean Nouvel en 2000) réputée pour l'efficacité de ses "réflexions latérales précoces" indispensables pour la qualité du résultat sonore. "Et comme Jean ne se répète jamais" précise Brigitte Métra, il s'agira de tirer parti ici de ce que chaque modèle a de meilleur. "Il faut intégrer acoustique, scénographie et architecture. Toutes les surfaces de la salle jouent un rôle. Toutes sont supports de l'œil et de l'oreille."
Le traitement de l'acoustique interne est basé sur le "couplage/découplage entre volumes", à savoir le volume principal de la salle (orchestre et auditoire) et les volumes annexes (foyers, circulations, accès, etc.) dont on se sert pour faire varier les caractéristiques acoustiques (étroitement liées au volume excité). D'où trois régimes de fonctionnement : couplage avec absorbants déployés (pour la musique amplifiée), couplage sans absorbants (en configuration orchestrale, pour tirer parti de l'ampleur sonore tout en évitant la moindre saturation), découplage (pour les petites formations orchestrales). Les études acoustiques sont conduites sur maquettes informatiques et réelles. "Deux approches complémentaires", selon Richard Denayrou, l'un des acousticiens de la maîtrise d'ouvrage. La maquette réelle au 1/10e, étanche et remplie d'azote, démontable et modifiable, permet de vraies campagnes de mesures mais bute sur les difficultés de caractérisation acoustique à cette échelle des microphones et des matériaux. La maquette numérique, évaluée à l'aide de logiciels dédiés tels que Catt-Acoustic ou Odeon, permet d'affiner la géométrie des volumes et de concevoir la modénature des parois. Elle autorise aussi, grâce à la "restitution sonore binaurale de l'effet de salle et du régime tardif", une comparaison à l'écoute entre configurations différentes. Une fonctionnalité "à prendre avec des pincettes et à interpréter selon les limites du modèle de calcul propre à l'outil..." précise-t-il encore.

Jacques-Franck Degioanni

Extrait du dossier « Salles de concert de nouvelle génération », publié dans « Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment » n°5471, daté du 03/10/2008.

Les intervenants

Maîtrise d'ouvrage : Association Philharmonie de Paris. Richard Denayrou (Altia Ingénierie), Eckhard Kahle (Kahle Acoustics), acousticiens AMO.
Maîtrise d'œuvre : Ateliers Jean Nouvel, architecte. BMA (Brigitte Métra), architecte associée à la salle de concert. Marshall Day Acoustics Limited (Harold Marshall), acousticien. Nagata Acoustics (Yasu Toyota), conseiller de Jean Nouvel. Ducks Scéno, scénographie. Studio DAP, acoustique bâtiment. Iosis/Aedis, BET Structure. Iosis, BET Fluides. Transsolar, HQE. HDA, BET Façades. Casso, BET Sécurité. Sletec Ingénierie, économiste. L'observatoire 1, éclairage. L'Autobus Impérial, signalétique. Yann Kersalé, plasticien lumière.

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