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Bordeaux Un second souffle pour les Chartrons

JEAN-BERNARD GILLES |  le 16/07/1999  |  GirondeUrbanismeAménagementArchitectureCollectivités locales

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Lieu emblématique du négoce du vin bordelais, les Chartrons vont redevenir un quartier de ville. La SA d'HLM Domofrance porte ce gros projet de ZAC. Plusieurs architectes bordelais participent de concert à l'élaboration des programmes.

Lorsqu'il aura démarré, sans doute à l'automne pour les premières constructions, le projet de ZAC conventionnée des Chartrons, porté par la SA HLM Domofrance avec les collectivités locales, deviendra sans doute l'un des chantiers emblématiques du renouveau bordelais. Sur les bords de la Garonne, les grandes familles de négociants en vin ont quitté leurs chais en 1989 pour des locaux plus modernes de la périphérie. Mais ce n'est qu'en 1994 que l'équipe d'architectes Berguedieu-Brochet-Charrier-Réol (BBCR), en association avec l'historien Robert Coustet, a proposé à la ville de redonner vie à ce quartier en y implantant un programme varié d'équipements et de logements, tout en respectant le parcellaire en lanières, unique à Bordeaux.

L'idée acceptée par la nouvelle équipe municipale en 1995, c'est la SA HLM Domofrance qui, via la procédure de ZAC conventionnée, portera le projet en tant qu'aménageur et maître d'ouvrage. La société a investi 30 millions de francs dans les acquisitions foncières. Une quinzaine de millions ont été engagés depuis 1995 dans les démolitions, la voirie et les réseaux. Car, pour transformer ce lieu clos en nouveau quartier, des rues devaient être créées, en supprimant certains chais.

Réflexion sur l'espace public. « C'est l'une des originalités de ce projet que d'avoir permis de réfléchir à l'espace public en amont de l'ensemble des programmes, que cela soit avec les services de la Communauté urbaine ou avec ceux du bureau d'études techniques », explique Alain Charrier, l'architecte coordonnateur de la ZAC. La deuxième grande originalité du projet est la volonté de Domofrance de réunir à ses côtés une brochette d'architectes bordelais en vue : l'équipe Arsène-Henry-Triaud, Bernard Bühler, l'agence Brochet-Lajus-Pueyo, Alain Loisier, Jacques Hondelatte. Sous la coordination d'Alain Charrier et au rythme d'une réunion mensuelle, d'abord en groupe, puis individuelle, les concepteurs ont affiné leurs programmes.

Banque de données visuelles. Le maître d'ouvrage gardait une vision globale du projet grâce à l'utilisation d'une banque de données visuelles en trois dimensions utilisant des images filaires (mises au point par la société bordelaise Axys, voir page ci-contre). « On limitait ainsi les risques en visualisant, sous tous les angles, les conséquences sur l'ensemble de la ZAC de la construction de chaque îlot », explique Philippe Mazières, responsable du projet à Domofrance. Née sous ces auspices favorables, la ZAC rencontre pourtant quelques difficultés, notamment du fait de deux propriétaires qui retardent la libération complète des terrains

Reste enfin l'inconnue du projet Vinostar, un centre du vin, que Domofrance accueillerait volontiers sur l'ancien chai De Luze (îlot M), et pour lequel il avait missionné l'architecte Jacques Hondelatte. Il s'agit de la partie musée de ce projet aux allures d'Arlésienne, que la chambre de commerce souhaiterait pour sa part installer sur les quais de la Garonne, dans les hangars 15 à 19, sans toutefois trouver l'opérateur dont elle rêve. D'ici à la fin de l'année, le nouveau contrat de Plan et la volonté de la ville pourraient arbitrer entre ces deux sites.

PHOTO :

Un quartier créé sur le parcellaire en lanières des chais

La programmation du quartier prévoit la construction de 300 à 350 logements collectifs et individuels en location (30 % de PLA) ou en accession, une école maternelle et primaire, un gymnase, des commerces (45 000 m2 HON à commercialiser sur 4,5 ha) et services, des ateliers d'artiste.

DESSINS :

- Logements PLA Domofrance, maître d'ouvrage; Brochet-Lajus-Pueyo, architectes

Caractéristique de cet immeuble de 36 appartements familiaux, l'utilisation de panneaux de bois en façade et la desserte par cours intérieures, qui rappelle la typologie traditionnelle des immeubles du XVIIIe siècle. « Nous avons reconstitué et non conservé des bâtiments linéaires dans l'esprit du parcellaire initial. D'un îlot en L, plus massif, nous avons créé un plot au coin de la place des Vignes qui se cale sur la volumétrie d'ensemble et qui rejoint le bâtiment en lanières reconstruit », explique Emmanuel Lajus.

- Des chais transformés Domofrance, maître d'ouvrage; Bernard Bühler, architecte

Sur les îlots D et G, Bernard Bühler est chargé du réaménagement de chais existants et de leur transformation en locaux locatifs mixtes activité/logement (ateliers d'artistes). De grandes baies vitrées conduiront la lumière dans l'épaisseur des volumes actuels, dont l'emprise sera respectée mais rehaussée, les appartements donnant accès à des terrasses. Le programme est estimé à 6,3 millions de francs. Il pourrait être l'un des premiers à démarrer. Le même architecte est par ailleurs associé au promoteur privé Fradin pour la construction d'un immeuble neuf dans l'îlot C.

- Résidence Les Florianes Capri, maître d'ouvrage; BBCR, architectes

Adossé au mur aveugle des Archives départementales au nord, les quatre immeubles neufs (13 logements en accession chacun) optent pour une architecture sobre avec des façades ouvertes derrière des brise-soleil en aluminium. La hauteur des rez-de-chaussée, les nez de dalles affirmés, le dessin des menuiseries extérieures ont été mis au point en concertation avec le projet voisin (Fradin-Bühler).

Structure urbaine et mémoire des lieux

L'originalité majeure de la ZAC des Chartrons est de proposer un urbanisme en lanières, hérité des anciennes parcelles viticoles qui ont elles-mêmes servi de trame à la construction des chais. Larges de 10 à 13 m, ces chais peuvent développer jusqu'à 400 m de longueur. Ils forment des îlots bâtis à 100 % en nappe basse, clos de hauts murs qui protégeaient le vin stocké de la lumière. Il fallait ouvrir cette configuration très introvertie sans contrarier ni les gabarits, ni l'orientation principale du bâti.

Certains chais ont donc été détruits pour libérer de l'espace public, distribué en croix depuis une place centrale, la place des Vignes. Son ampleur (16 000 m2) la rapproche de la place voisine de Saint-Martial. Cependant, conformément à l'esprit un peu confidentiel du lieu, la façade sur le quai n'est pas ouverte : on accède au coeur d'îlot par les rues latérales.

De même, les lanières pleines garderont leurs murs en pierre et toits de tuiles caractéristiques. Alain Charrier, qui a réduit les prescriptions architecturales à de simples principes d'alignement, a tout de même interdit les débords de balcons afin de préserver la massivité des corps de bâtiment. Sans être imposé, l'enfouissement partiel des parkings, suggéré par la proximité de la Garonne, devrait susciter un effet de socle.

Jean-Luc Hoguet, directeur de Domofrance « Apporter une réponse urbaine plus globale aux collectivités locales »

« Au-delà de l'aménagement, nous devons composer une réponse en termes d'habitat, d'équipement public, de locaux d'activités, de locaux culturels. Les savoir-faire d'une société d'HLM lui permettent d'appuyer les collectivités locales en tant que maître d'ouvrage délégué, même si elles interviennent peu, aujourd'hui, sur les locaux d'activités ou les équipements culturels. C'est la réponse globale qui importe pour la collectivité locale qui ne peut plus, sur un seul projet, discuter avec des interlocuteurs trop nombreux. Sur ce point précis la législation gagnerait à être assouplie, pour nous permettre d'intervenir au-delà du logement et des équipements publics, jusqu'au parc privé environnant. Des sociétés comme la nôtre, qui aménage depuis plus de quarante ans, sont en mesure de répondre à des enjeux d'urbanisme plus globaux, bien sûr en liaison totale avec les collectivités locales. »

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