Bordeaux ouvre la voie aux écosystèmes naturels urbains
Le lancement d'une charte régionale de l'horticulture et du paysage a donné l'occasion d'une démonstration d'unité de la filière Paysage, le 11 octobre au congrès d'Hortis. - © laurent miguet

Bordeaux ouvre la voie aux écosystèmes naturels urbains

Laurent Miguet |  le 14/10/2019  |  HortisBiodiversitébordeauxGironde

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Réuni les 10 et 11 octobre à Bordeaux sur le thème des écosystèmes naturels urbains, le congrès annuel des responsables de nature en ville a tenu ses promesses : « Nos travaux ont contribué à l’élaboration d’une doctrine et de valeurs communes », se réjouit le président de l’association Hortis. Selon Jean-Pierre Gueneau, les congressistes ont quitté Bordeaux « renforcés dans leur conviction et leur capacité à agir pour aménager et ménager les territoires en tenant compte de leur fonctionnalité écologique ».

Une plongée dans le XIXème siècle parisien montre l’ampleur du défi posé par les écosystèmes naturels urbains, thème du congrès des responsables d’espaces de nature en ville, réuni les 10 et 11 octobre à Bordeaux : aux termes du processus de minéralisation, un « éternel printemps » s’est installé en 1900 dans la capitale, en même temps que « la fin des poussières ».

Héritage lourd

« Les médecins, les topographes, les ingénieurs et les militaires ont réussi à masquer l’humidité et les saisons », constate le professeur André Guillerme, professeur émérite au conservatoire des arts et métiers. Au premier jour du congrès, ce résumé saisissant a aiguisé le sentiment d’urgence partagé par les 400 participants, mis en face de leur propre héritage.
Circonstance aggravante pointée dès l’ouverture : « Les paysagistes et les services d’espaces verts plantent partout les mêmes choses et reproduisent les mêmes profils de biodiversité », analyse Philippe Clergeau, professeur au Museum d’histoire naturelle et consultant en écologie urbaine.

La trame verte et bleue n’arrive pas en ville comme un long fleuve tranquille : « Un vrai écosystème suppose 100 % d’indigénat, mais la société ne l’accepte pas. Nous travaillons donc sur un entre deux », poursuit Philippe Clergeau.

Nouveaux processus

Sur cette voie étroite, le territoire hôte du congrès fourmille d’initiatives à toutes les échelles. Sous l’œil expert d’Elisabeth Fournier, vice-présidente d’Hortis et cheville ouvrière de la programmation en tant que régionale de l’étape, les visites et les conférences les ont mises en valeur.
Dans une des  plus anciennes zones  industrielles de la métropole, le parc de l’Esteye, à Bègles, illustre les nouveaux processus de montage et de création : le fabricant de luminaires Corep a inclus les compensations écologiques dans son implantation, apportant les deux tiers des 250 000 euros nécessaires à l’aménagement des six hectares, livrés en 2017 à la place de friches autrefois dominées par la maintenance ferroviaire et le ferraillage.

parc esteye bègles
parc esteye bègles - © laurent miguet

Au parc de l'Esteye livré en 2017, les mesures compensatoires à l'implantation de l'usine située derrière le rideau boisé ont financé le parc modelé avec les terres du site.


« Avec la ville, nous avons creusé, attendu l’eau, regardé où apparaissaient les hérons, puis organisé le projet à partir de là, dans le cadre de marchés à bons de commande », raconte le paysagiste concepteur Jean-Noël Tournier.

Territoire fertile

La ville centre de la métropole montre l’exemple de nouveaux chocs de biodiversité urbaine : « Nous avons déjà sanctuarisé 80 hectares inaccessibles au public, pour préserver une chênaie riveraine de la Garonne et ses arbres remarquables », annonce Magali Fronzes, adjointe au maire de Bordeaux, chargée de la nature en ville et des espaces verts.

La métropole et la région Nouvelle-Aquitaine  consolident le maillage : la première dressera le 6 décembre un premier bilan de trois ans de plan Biodiversité, tandis que la seconde met en chantier le sien, sous l’égide de la toute jeune agence régionale.

Unité végétale

La cohérence des échelles territoriales s’ajoute à celle de la filière végétale : celle-ci a profité du congrès de Bordeaux pour signer une charte régionale destinée à favoriser l’achat local dans les marchés publics d’espaces verts.

Parmi les nombreux signataires, Hortis et l’union nationale des entreprises du paysage (Unep) ont rodé leur contribution à la campagne pour les municipales, issue de l’observation des 24 membres de l’échantillon de l’observatoire des villes vertes : les résultats de la dernière enquête montrent les freins qui restent à débloquer sur la voie des écosystèmes urbains.

Paysage en campagne

Pour inspirer les candidats, Catherine Muller, présidente de l’Unep, leur recommande de prescrire la présence de paysagistes concepteurs, dans des Plans locaux d’urbanisme qui imposeront des coefficients de biotope. La porte-parole de l’Observatoire des villes vertes invite les futurs maires à franchir un seuil budgétaire de 50 euros par habitant en espaces verts : un mot d’ordre fédérateur pour la campagne du paysage qui marquera les mois à venir, avec pour point d’orgue le salon Paysalia, du 3 au 5 décembre à Lyon.

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