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BORDEAUX AGGLOMERATION - Réorienter l'agence d'urbanisme vers la prospective et les sujets orphelins

Propos recueillis par BERTRAND ESCOLIN |  le 15/01/2010  |  Collectivités localesArchitectureAménagementUrbanismeRéglementation

Une nouvelle orientation pour l'A'urba, l'agence d'urbanisme de Bordeaux Métropole Aquitaine, qui entend se consacrer au projet urbain, mais aussi à la prospective, et s'ouvrir à des collaborations avec les autres agences du Sud-Ouest. Entretien avec le nouveau directeur, Jean-Marc Offner, ancien directeur du Laboratoire Techniques Territoires Sociétés (LATTS).

- Quelle nouvelle orientation allez-vous donner à l'A'urba ?

Du projet urbain de 1995, structuré autour du tramway et de la reconquête des quais, l'agence d'urbanisme avait développé une compétence originale sur le projet urbain opérationnel. Fournissant des études urbaines et sectorielles, il s'agissait notamment que le tramway soit autre chose qu'un moyen de transport. Il faut poursuivre cette piste et peut-être aller plus loin en matière de prospective, du fait de l'achèvement du réseau à l'intérieur de la rocade. Le tramway est désormais un outil de l'urbanisation future, dans des zones encore peu denses, hors rocade, qu'il va desservir. Alors même que l'agence doit travailler avec tout le monde, il faut montrer sa plus-value, articuler les échelles d'intervention, mais aussi jouer le rôle de poil à gratter, prendre à bras-le-corps les sujets orphelins qui n'intéressent personne.

- Par exemple ?

Le hors centre, le périurbain, c'est là où il y a les vrais enjeux, avec des acteurs peu puissants. Si personne ne s'en occupe, il ne s'y passera rien. Par exemple, la prospective sur l'adaptation du logement aux étapes de la vie, la transformation de bureaux en logements, l'avenir du commerce face à la désaffection pour l'hypermarché de base, et l'émergence de la livraison des clients à domicile. Ou encore la temporalité urbaine avec les horaires d'ouverture qui participent de la ville. Enfin la qualité urbaine qui va au-delà des équipements publics traditionnels.

- Comment se caractérise le territoire des projets de l'agglomération ?

Ce que je ressens à Bordeaux, paradoxalement, c'est une ville de grands projets qui ont mis du temps à se faire : opération d'intérêt national, deux nouveaux ponts, quelques ZAC. Et pourtant, quantitativement, l'essentiel se passe ailleurs : les logements, les permis de construire sont plus importants hors ZAC, et les déplacements ne se limitent pas au tramway. Une de nos priorités est de trouver une articulation entre grands projets, documents de planification et politiques publiques. Et de travailler avec les autres agences de la région.

- Quid de la politique des déplacements ?

On a trop tendance à résumer la politique des déplacements à la politique des transports publics, et de réduire celle-ci au tramway. L'arrivée de Keolis permet de penser le réseau dans son ensemble, sans monopole du tramway. Mais attention : les transports collectifs ne représentent que 10 % des déplacements ! Il faut s'occuper de tous ces déplacements pour lesquels il n'y a pas forcément de politique publique alors que la gestion de la voirie qui engloutit plus de 100 millions d'euros par an est organisée par des routines technico-administratives dépourvues de pensée stratégique et politique. Alors qu'elles conditionnent in fine l'essentiel des déplacements futurs. Un transport collectif qui veut être attractif doit aller plus vite que la voiture, avoir des interstations plus longues et en site propre.

- 2010, c'est aussi l'année de révision des grands documents planificateurs ?

En effet, nous allons réviser Scot, PLU, PDU et PLH cette année. Ces grands documents de planification arrivent dans un moment paradoxal : le Grenelle va durcir le caractère prescriptif et normatif de ces documents, pour densifier l'habitat et réduire l'étalement urbain. Et parallèlement, le contexte général est plutôt propice à la déréglementation : lors de la consultation sur le Grand Paris, les architectes ont proposé, pour trouver du foncier, de supprimer l'amendement Dupont pour construire près des autoroutes et en zone inondable. Il faudra trouver un moyen d'être rigoureux sur les objectifs mais souple sur les applications, permettre à ceux qui ont en charge la mise en œuvre d'être intelligents.

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