En direct

Biomimétisme : quand la vie inspire la ville
Les vitres extérieures de la tour de Swiss Re de Londres de Norman Foster, dont la structure s'inspire de celle des éponges de mer. - © © Phovoir.com

Biomimétisme : quand la vie inspire la ville

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 07/12/2017  |  Architecture

Une table-ronde organisée dans le cadre du SIMI 2017 dressait un état des lieux du sujet…

Biomimétisme, quèsaco ? Il s’agit là de rien moins, pour l’architecte ou l’urbaniste, que de s’inspirer de la Nature et de ses lois. La coquille d’un bivalve dessinera une coque mince nervurée. La croissance des végétaux pourra donner naissance à un réseau de voirie. S’inspirer du vivant, donc ; de ses propriétés physiques et mécaniques, pour – tenter – d’imiter la Nature dans ses processus de croissance et de reproduction. Ambitieux, n’est-ce pas ? C’est une des façons d’envisager la ville de demain, de comprendre les interactions entre ses flux, ses acteurs, les forces en présence, etc. dans des processus de coopération et non plus de compétition.

Potager sur le toit

« La France est en tête dans ce domaine » souligne Kalina Raskin, directrice du Ceebios, un réseau de compétences à l’échelle du territoire. Mais attention, il ne s’agit pas simplement de verdir la ville ou d’y intégrer la Nature, mais bien plutôt d’intégrer la ville à la Nature… Comment la penser comme partie intégrante de cette Nature ? On change là de paradigme… Et c’est autrement plus difficile. « Attention à ne pas techniciser le sujet » met en garde Rémi Feredj, directeur général de Postimmo. « Le terme est bien prétentieux, et c’est l’usage qui nous intéresse. Le biomimétisme est l’un des outils à disposition pour l’appropriation du territoire. La vraie question est de savoir pour qui l’on construit la ville… » Les potagers sur le toit et les migrants dans la rue ne dessinent pas un futur nécessairement désirable…

Scarabée

« La bio-inspiration, pour les matériaux, pour les enveloppes, c’est avant tout l’humilité » souligne encore Kalina Raskin. Humilité, vient d’humus, la terre, ne l’oublions pas… Mais s’inspirer n’est pas reproduire, c’est en tirer le meilleur et le plus pertinent. « Ce qui peut se traduire par des gains en quantité de matériau mobilisé et en énergie utilisée » observe Thomas Binet, directeur de Vertigo Lab. La Nature va toujours vers l’optimisation structurelle et formelle la plus grande. « Mais attention, il ne s’agit pas simplement de créer un bâtiment en forme de scarabée pour faire acte de biomimétisme », a encore souligné Kalina Raskin. Un propos repris malicieusement au bond par l’architecte Alain Sarfati, présent dans la salle, et auteur d’une salle de spectacle précisément nommée… Le Scarabée, à Roanne, en raison de son enveloppe ondoyante, mordorée, bleutée et poudreuse ! Mobiliser les stratégies du vivant pour l’urbain et l’architecture ? Plus facile à dire qu’à faire. La Nature a plus de quatre milliards d’années de R&D derrière elle… Qui dit mieux ?

Commentaires

Biomimétisme : quand la vie inspire la ville

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX