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Bimont sous perfusion
Des techniciens interviennent sur une zone fissurée. - © DEMATHIEU BARD

Bimont sous perfusion

Emmanuelle Picaud |  le 30/11/2018  |  BarragesBouches-du-RhôneOuvrage d'artPathologie des ouvrages

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Pathologie des ouvrages
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Du coulis de ciment est injecté pour soigner cet ouvrage des Bouches-du-Rhône, atteint d'une pathologie, la RSI.

 

C 'est un phénomène qui concernerait une centaine d'ouvrages d'art en France. La réaction sulfatique interne (RSI) est une maladie qui touche le béton, provoquée par la libération différée d'ettringite, un hydrate riche en sulfates. Ce composé minéral, censé se former au moment du coulage, est parfois libéré lorsque le béton a durci, avec pour conséquence de le déformer, de le faire gonfler et de le fissurer. Une réaction qui peut intervenir plusieurs années après la construction de l'ouvrage. Seules les pièces massives (piles de pont, chevêtres, culées, poutres préfabriquées, etc. ) sont concernées, sur certaines zones localisées.

En France, la prise en compte de cette problématique est relativement récente, les premières recommandations techniques ayant été publiées en 2007. Le barrage de Bimont, situé à Saint-Marc-Jaumegarde, près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), fait figure d'exception, car il est assez rare que cette réaction se produise sur ce type d'ouvrage. Sur cette réalisation, mise en service en 1952, de 87 m de haut et dont la ligne de crête atteint les 180 m de long, les premières fissures ont été découvertes dans les années 1960, au niveau des zones où le béton a gonflé. Seule la rive droite est touchée. « Nous avons dû repérer chaque fissure, et actuellement, nous réalisons des forages pour les traiter une par une en injectant un coulis de ciment », explique Katia Laliche, chef de projet à la Société du canal de Provence.

« Ces opérations réclament une précision quasi chirurgicale et aucun forage n'est identique à l'autre », témoigne Romain Giunti, responsable travaux chez Demathieu Bard.

Diagnostiquer, puis opérer. Avant d'intervenir, deux campagnes d'auscultation et de repérage ont été menées en 2009 et 2012. Des observations ensuite compilées par une maquette numérique. « Cette étape a permis de repérer les éventuelles fissures qui n'auraient pas été vues lors des auscultations et d'affiner la précision des forages en préparation des injections », poursuit Romain Giunti. Depuis septembre 2017, le barrage est donc sous perfusion. Quelque 2 500 m2 d'échafaudages recouvrent sa voûte côté aval afin de permettre aux ouvriers d'intervenir sur les zones dégradées. « Le mélange utilisé est injecté à faible pression.

Il possède à la fois une bonne pénétrabilité et une grande résistance à la compression, ce qui permet d'augmenter la précision, sans trop solliciter la structure », détaille le responsable des travaux. Avant chaque opération, la zone fissurée est examinée à l'aide d'une caméra endoscopique pour affiner l'inclinaison et la position de chaque forage. Une fois le coulis injecté, un carottage de la partie traitée est effectué. « En fonction des résultats obtenus, nous pouvons revenir une seconde fois sur certaines fissures », complète Romain Giunti. Début novembre, les équipes avaient déjà réalisé 296 forages sur les 308 prévus, pour un total de 60 m3 de coulis de béton à injecter

D'autres ouvrages touchés par un phénomène de RSI, à l'instar du viaduc de l'Hyrôme dans le Maine-et-Loire ou du pont de Bourgogne à Chalon-sur-Saône, pourraient bénéficier de l'expérience acquise sur ce chantier.

Maîtrise d'ouvrage : Société du canal de Provence.
Maîtrise d'œuvre : Société du canal de Provence, Tractebel Coyne & Bellier.
Entreprises : Demathieu Bard (mandataire), Spie Fondations, Ouest Acro, Carpi, Artelia, Géolithe, Lerm, Eqiom.
Coût : 6 millions d'euros HT.

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Un compagnon réalise une injection de coulis de ciment pour traiter la fissure. - © DEMATHIEU BARD
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Quelque 2 500 m2 d’échafaudages ont été posés sur la rive droite du parement aval du barrage. - © STEPHANE ABOUDARAM | WE ARE CONTENT(S)
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Une maquette numérique de l’ouvrage a permis de recenser les 134 forages d’ancrage, qui doivent stabiliser la structure, ainsi que les 308 forages d’injection à partir desquels le traitement est administré. - © SOCIETE DU CANAL DE PROVENCE / DEMATHIEU BARD

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