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Big Benny pose la coiffe de fer de la centrale de Flamanville
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Big Benny pose la coiffe de fer de la centrale de Flamanville

MICHEL DESFONTAINES |  le 06/09/2013  |  IngénierieMatériel de chantierInternational

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La plus grande grue du monde a fait faire un bond de 137 m à une coupole métallique de 300 t et de 43 m de diamètre.

Bouygues TP a fait appel, en juillet, à Big Benny, « la plus grande grue du monde », du levageur belge Sarens, pour poser le dôme métallique du bâtiment réacteur de la nouvelle centrale nucléaire EPR de Flamanville (Manche), construite pour EDF. Une opération spectaculaire ! La pièce, qui servira de coffrage perdu au bétonnage du dôme, est une coupole d’acier de seulement 6 mm d’épaisseur mais renforcée de raidisseurs en face supérieure. Ce dôme, monté sur place, mesure 43 m de diamètre et 14 m de hauteur. Il pèse 260 t nu, mais des équipements de la centrale installés en face intérieure lui font atteindre plus de 300 t. Une charge que la grue SCG 120, prévue pour manutentionner 3 200 t, n’a aucune peine à enlever. Mais toute cette tuyauterie greffée déséquilibre le dôme et modifie son centre de gravité.

Palonnier hydraulique

Pour compenser ce phénomène de décentrage et prévenir les déformations de la coupole d’acier au cours de l’opération qui consiste à lever la pièce à plus de 60 m de hauteur, à lui faire décrire un arc de cercle dans les airs et enfin à la poser au millimètre au sommet du bâtiment réacteur, à 137 m de son point de départ, Sarens a équipé la flèche de sa grue d’un palonnier très spécial. L’élingage comporte douze brins. Un nombre inhabituel. « Cette multiplication des élingues évite le pétalage, c’est-à-dire les déformations du dôme en forme de pétales », précise Ludovic Marvie, en charge de l’opération de Flamanville pour Sarens. Mais la répartition de charge sur douze élingues ne compense pas le phénomène de déséquilibre dû aux installations ajoutées en sous-face. La correction de l’assiette est opérée par un système de trois vérins hydrauliques verticaux, montés en faisceau, agissant chacun sur quatre élingues, à la manière d’un marionnettiste. Ces vérins disposent d’une centrale hydraulique autonome, logée dans un conteneur intégré dans le palonnier lui-même et alimentée par un moteur diesel.

Dix semaines de montage

La grue de 7 600 t comprend 4 000 t de pièces et 3 600 t de lest. Ce dernier est obtenu par trente-six conteneurs standards remplis de sable sur le chantier. Le moufle  le crochet et ses poulies  pèse à lui seul 75 t. L’installation d’un tel poids lourds ne nécessite pourtant aucune fondation spéciale. La grue a été conçue pour être montée à l’intérieur d’un cercle constitué de cinquante plaques de répartition de 9 t chacune. Sur ce chemin de fer circulaire, la machine n’exerce que 20 t de pression au mètre carré, soit moins que certaines grues sur chenilles. Aucune préparation spéciale du terrain n’est donc nécessaire, si ce n’est la réalisation d’un terre-plein. Ces plaques comportent également une partie verticale -  le rail  sur lequel tournent les quatre boggies à quatre roues, chacun supportant le châssis de la Sarens SGC 120 et lui permettant de tourner sur 360°. « Tous les équipements de Big Benny sont en redondance, rappelle Arnaud Dehondt, directeur d’exploitation de Sarens France. Que ce soient les treuils au nombre de quatre, les huit moteurs, les quatre centrales hydrauliques et les deux groupes électriques. » Le pilotage est assuré depuis une petite cabine, d’où la visibilité est forcément limitée. Le conducteur est assisté par un ordinateur multitâche sur le côté et par un écran transmettant les images de huit caméras : une pour chacun des treuils, trois en haut de la flèche et une dernière dédiée à la surveillance des alentours. Surtout, il reste en liaison constante avec le chef de manœuvre qui, lui, se place au plus près de la dépose. « Le chef de manœuvre forme un binôme avec le grutier, souligne Ludovic Marvie. Il est ses yeux. Il doit connaître parfaitement les temps de réaction de la grue. D’ailleurs, ces deux postes sont interchangeables. » Avant la pose du dôme, une circulation à vide a été effectuée pour vérifier la trajectoire théorique. Car il fallait glisser la coupole entre deux grues à tour avec seulement 4 m de marge. Puissance… et précision.

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PHOTO - 742120.BR.jpg - © Michel Desfontaines
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Une globe-trotteuse

Chine, États-Unis, Europe. La grue géante de Sarens est demandée d’un bout à l’autre de la planète. Car elle est la seule à pouvoir déplacer des charges lourdes et volumineuses sur des distances supérieures à 100 m. La machine effectuait à Flamanville sa troisième sortie et son premier chantier nucléaire. Elle était arrivée des États-Unis où elle avait participé au montage d’une usine de microprocesseurs Intel. Auparavant, la grue était en Chine pour la construction d’une plateforme pétrolière. Big Benny est arrivée en pièces détachées par bateau au port de Cherbourg et a été acheminée jusqu’à Flamanville par 250 rotations de camions. Dix semaines ont été nécessaires à son montage, et autant à son démontage.

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