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Bientôt un espéranto du BIM

JULIE NICOLAS |  le 03/11/2017  |  ImmobilierEvénementRéglementationNormesCommunication

Numérique -

Les propriétés des objets qui constituent les modèles BIM ne sont pas harmonisées. La norme est donc très attendue.

Pour l'heure, aucune harmonisation n'existe sur les objets du building information modeling (BIM). Ainsi, dans certaines agences, les objets des industriels sont proscrits. « Nous ne les utilisons jamais », assure Marielle Martin, architecte et BIM manager de l'Agence Nicolas Michelin et Associés. Tout au plus, les architectes sont-ils autorisés à récupérer leur géométrie. Les objets (menuiseries, portes, cloisons, VMC, etc. ) sont donc recréés en interne. « Je vérifie alors que les propriétés sont correctement renseignées avant de les ajouter à notre base de données », poursuit-elle. Pourquoi ne pas utiliser les objets mis à disposition par les industriels ? « Parce qu'un même produit sera considéré différemment en fonction de l'intervenant sur un projet », explique de son côté Daniel Hurtubise, BIM manager de l'agence Renzo Piano Building Workshop. Par exemple, pour une plaque de plâtre, l'architecte n'a pas besoin de données précises sur ses dimensions. En revanche, l'économiste voudra connaître précisément les surfaces, tandis que le plaquiste aura besoin de savoir leur nombre et leurs dimensions exacts afin d'organiser son chantier. Trop de données en début de projet constituent même une pollution pour les architectes.

L'utilisation de données structurées de la même manière pour tous facilite l'interopérabilité et donne confiance.

Comment harmoniser les descriptions des milliers de références qui constituent une maquette numérique ? La question taraude aussi les industriels. Afin de placer leurs matériaux et équipements le plus tôt possible dans la conception d'un projet, ils sont de plus en plus nombreux à réaliser des e-catalogues, où leurs produits sont présentés dans les formats des principaux logiciels du BIM. Leurs démarches diffèrent. Certains, comme Wicona ou Siniat, ont lancé leur propre configurateur BIM adapté à leurs produits. D'autres font appel à des prestataires tels que Polantis (stand 5A-R134) ou BIMobject (stand 5A-G74) pour la numérisation de leurs références. « Nous proposons désormais des trames de propriétés par type d'objet afin d'harmoniser notre base de données », indique Bertrand Gasnier, directeur commercial chez Polantis. Mais le manque d'organisation demeure, puisque chacun classe les données à sa manière.

L'Afnor émet une norme expérimentale. Le problème est connu et l'association Mediaconstruct, qui promeut l'usage du BIM dans l'Hexagone, est très active sur la question. Ses travaux se sont concrétisés dans la rédaction de la norme expérimentale NF XP P07-150 par la commission PPBIM de l'Afnor. « Ce texte comprend deux volets : d'une part, une proposition de standardisation des propriétés et, d'autre part, une méthodologie de validation des propositions de nouvelles propriétés », explique Frédéric Grand, directeur de CoBuilder France, une entreprise très investie dans ces travaux de normalisation. « Les propriétés, c'est-à-dire les éléments de description d'un objet, sont définies suivant une liste d'attributs. Ce sont les noms et les définitions, mais aussi les formats, les unités de mesure, les valeurs bornes, etc. », continue-t-il.

Quant à la validation des propositions, il s'agit d'une démarche qui sera automatisée afin de pouvoir facilement ajouter de nouvelles propriétés, faire évoluer les anciennes, les fusionner ou les supprimer si besoin. Des experts interviendront dans le processus pour entériner les changements.

Trente objets génériques. Par définition, la normalisation se situe en amont du quotidien des professionnels, d'où l'intérêt de mettre ce texte à l'épreuve. Le Plan de transition numérique dans le bâtiment (PTNB) a mené une expérimentation en 2016. Résultat : 30 objets génériques, c'est-à-dire des objets neutres, qui ne sont pas liés à un industriel, ont été définis, ainsi que 300 propriétés. A la suite de cette première phase, le PTNB vise désormais la réalisation de 150 objets génériques et la validation de 1 500 propriétés (lire entretien ci-contre) .

Parallèlement, ces travaux français ont été portés au niveau du Comité européen de normalisation. « Si le texte n'est pas encore validé, il fait déjà largement consensus et sert de base de réflexion pour le standard européen. Certains pays organisent même déjà les objets et leurs propriétés suivant notre classement, explique Frédéric Grand. L'utilisation de données structurées de la même manière pour tous facilite l'interopérabilité et donne confiance, ce qui aura pour effet d'augmenter encore l'intérêt du BIM. »

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PHOTO - 9754_615587_k2_k1_1487055.jpg - © DOCUMENTS : POLANTIS
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