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Biennale d’architecture de Venise : le Maroc porte un regard rétrospectif et prospectif sur lui-même
Hôtel du Dadès à Boulemane (Maroc), construit en 1974 par les architectes Patrice de Mazières et Abdeslem Faraoui - © © Elio Germani

Biennale d’architecture de Venise : le Maroc porte un regard rétrospectif et prospectif sur lui-même

MILENA CHESSA |  le 24/04/2014  |  InternationalbiennaleveniseArchitectureEuropeFrance entière

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Le Maroc exposera pour la première fois à la Mostra internationale d’architecture à Venise (Italie), du 7 juin au 23 novembre 2014, sur le thème Fundamental(ism)s.

« Notre première participation à la Biennale de Venise, événement le plus important de la scène architecturale internationale, est pour nous l’occasion de montrer le génie de la tradition marocaine qui a su absorber et digérer les influences modernes », indique Abdelillah Elidrissi Talbi, conseiller aux affaires culturelles et scientifiques à l’ambassade du Maroc en France. « Pendant cent ans, notre pays a été un bac à sable où tous les concepteurs sont venus innover en matières d’architecture et d’urbanisme », ajoute Tarik Oualalou, commissaire scientifique du Pavillon du Maroc, qui regrette par ailleurs la faible présence des pays arabes et africains à Venise.

Présentation officielle le 23 avril 2014 à Paris, à l’Institut du monde arabe
Présentation officielle le 23 avril 2014 à Paris, à l’Institut du monde arabe - © © Milena Chessa / Le Moniteur.fr

Au questionnement de Rem Koolhaas, commissaire général de la 14e Mostra, sur les fondamentaux (« Fundamentals ») de l’architecture, le Maroc répond « en clin d’œil » : « Fundamental(ism)s », à savoir « une exploration de ce que le territoire a appelé comme démarches radicales et expérimentales ». L’exposition, présentée sur 200 m² dans l’Arsenal, est le résultat d’un travail rétrospectif et prospectif sur l’habitat. Une première partie, historique, présente les réalisations marquantes du siècle dernier, du tissu traditionnel de la médina de Fès aux projets de logements économiques périurbains.

Immeubles « Nid d’abeille » et « Sémiramis » à Casablanca (Maroc), dans les années 1950 et de nos jours.
Immeubles « Nid d’abeille » et « Sémiramis » à Casablanca (Maroc), dans les années 1950 et de nos jours - © © Architect’s Journal - Sydney W. Newberry, London / © Jean-Louis Cohen

« Nous portons un regard sur les conditions de fabrication des bâtiments et sur leur transformation aujourd’hui », détaille Tarik Oualalou. Comme par exemple avec les immeubles « Nid d’abeille » et « Sémiramis » construits en 1951-1952 à Casablanca (architectes : ATBAT Afrique - Georges Candilis, Shadrach Woods, Vladimir Bodianski, Henri Piot). Ces logements à patios superposés sont inspirés des habitations traditionnelles marocaines (kasbah, ksour, village fortifié). Selon le commissaire scientifique, cette opération représente une certaine « acclimatation de l’architecture moderne sous les tropiques ». Mais au fil du temps, dit-il, « les Arabes ont juste voulu une pièce en plus » et ils ont muré ces patios.

Projet prospectif « Boucraa, une ville invisible » par Mikou Design Studio
Projet prospectif « Boucraa, une ville invisible » par Mikou Design Studio - © © Mikou Design Studio

La seconde partie de l’exposition se projette dans l’avenir, en interrogeant des architectes d’aujourd’hui (*) sur « comment habiter dans le désert ». Libres à eux de faire, comme leurs aînés, des propositions « radicales et expérimentales ». Les maquettes de leurs projets seront posées sur des stèles d’un mètre carré qui émergeront d’un épais tapis de sable du désert marocain, acheminé à Venise pour cette scénographie.

« Nous avons cherché à revitaliser un ancien site d’exploitation du phosphate dans le Sahara occidental, explique l’architecte Selma Mikou (Mikou Design Studio). Le projet s’appuie sur un relief composé de gradins, de plis et de poches à ciel ouvert pour y façonner un habitat de type troglodytique. » Pour cette jeune architecte, qui dit être « assujettie dans sa pratique quotidienne aux contraintes d’un budget, d’un programme et d’un maître d’ouvrage, la Biennale de Venise est une occasion précieuse de faire de la recherche sans limite, sans tabou, en toute liberté ».

(*) X-TU Architectes, Tarik Oualalou et Linna Choi/Kilo, Mikou Design Studio, Fernando Menis Arquitectos, Groupe 3, Stefano Boeri Architetti/Ad Lib Architecture, BOM Architecture, et Bao+Ultra Architettura.

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