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Bien habiter à la campagne

le 07/10/2013  |  Seine-MaritimeurbaAménagementArchitectureCulture

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« Le Clos des Fées », à Paluel (Seine-Maritime), n’est pas un lotissement pavillonnaire ordinaire. Les architectes de l’agence CoBe ont voulu pour celui-ci les qualités de la ville et de la campagne réunies. Soit un tissu d’habitations assez dense pour une commune rurale, de généreux espaces publics, et des équipements culturels et artistiques pour faire vivre le lieu.

Le lotissement en extension de bourg peut-il échapper au modèle de la nappe pavillonnaire monofonctionnelle avec ses voies de desserte en cul-de-sac et ses allées de thuyas? La réponse est oui, à Paluel, commune rurale du pays de Caux (470 habitants) connue surtout pour sa centrale nucléaire. « Nous avons construit une petite utopie », déclare Alexandre Jonvel, l’un des trois architectes associés de l’agence parisienne CoBe. Huit années ont été nécessaires pour qu’elle prenne forme, le temps de faire évoluer le programme et d’expliquer la démarche aux habitants. « Nous avions programmé un village pour séniors avec une thalassothérapie, mais après de nombreux allers-retours avec l’architecte, nous avons finalement construit un village intergénérationnel doté d’équipements culturels et de nombreux espaces publics », se félicite le maire Bernard Piednoël. Le résultat est un clos-masure revisité, qui tord le cou à l’image du lotissement pavillonnaire et s’illustre par de généreuses intentions.

La question du foncier

La surperficie des parcelles d'abord : celle-ci été réduite à 350 m2 contre 1000 à 1500 m2, surface standard pour du pavillonnaire en milieu rural mais consommatrice de foncier. La moitié du terrain à bâtir gagnée sera affectée à une gendarmerie et des logements de fonction. En limite de parcelles, des noues plantées se substituent aux clôtures d’usage. Elles préserveront l’intimité des logements lorsque les végétaux auront poussé.

Logements à loyer modéré, prestations hauts de gamme

Si les parcelles ont été réduites, les surfaces des logements sont en revanche bien supérieures aux normes habituelles, avec des T4 de 140 m2, des T3 de 120 m2, et des T2 de 94 m2. Les 18 chaumières, inspirées des longères locales, sont réalisées en bois de mélèze. Leurs toitures présentent un pan en chaume -au nord-, et un pan en zinc -au sud car plus exposé- avec des capteurs solaires thermiques intégrés (couvrant 45% des besoins d’eau chaude). Parmi les prestations, plutôt hauts-de-gamme pour ces logements à loyer modéré : des menuiseries mixtes aluminium-bois, un poêle à bois, des séjours en double hauteur…

Parc, aire de jeux, jardins partagés, square…

Chaque maison est dotée d’un jardin, mais de généreux espaces publics sont également proposés aux résidents. « Dans ces campagnes où chacun vit dans son pavillon, le seul espace de rencontre est le centre commercial du coin, observe Alexandre Jonvel. Nous avons voulu proposer une autre forme de convivialité. » L’idée a fait son chemin. Le budget dédié à une thalassothérapie a finalement été affecté à une palette d’espaces publics qui constituent la structure paysagère du hameau: square avec boule cauchoise et pétanque, jardins partagés, parc aux essences champêtres, aire de jeux pour enfants, terrain de volley pour adolescents…

 

Des équipements fédérateurs

Enfin, la mono-fonctionnalité qui sied dans ces lotissements est ici évitée. Le site accueille des équipements qui visent à attirer les riverains mais aussi les populations voisines. On y trouve une maison commune, destinée aux fêtes de village, mariages, séminaires d’entreprises (EDF n’est pas loin…); des ateliers d’artistes, ces derniers pouvant être accueillis en résidence dans le nouveau gîte. « Notre objectif est de créer des équipements qui rayonnent bien au-delà de Paluel », explique l’architecte.

Gestion

La mairie a aussi alloué un budget à la gestion du hameau, en recrutant un jardinier formé par les paysagistes, et une directrice, qui seront chargés respectivement d’entretenir ces espaces publics relativement sophistiqués, et d’animer le lieu. Sur les parcelles, le règlement du lotissement indique notamment la palette végétale dans laquelle les locataires pourront piocher pour jardiner. « Nous proposons un mode de vie, des attentions au paysage, une dimension culturelle et artistique pour ce lieu. II faut que les résidents et usagers aient envie d’y adhérer », justifie l’architecte.

Démarche reproductible ?

« Les conditions étaient réunies pour réaliser cette extension de bourg », reconnaît l’architecte. Mais cette « petite utopie » est-elle reproductible ? « Oui, répond sans hésiter l’architecte. Nous avons conçu pour ce hameau un paysage structurant, à partir de la gestion sur site des eaux de pluie. Celui-ci restera quoiqu’il advienne. C’est la structure du lotissement pavillonnaire qui impulse sa qualité. »

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : commune de Paluel.

Maîtrise d’œuvre : CoBe architecte et CoBe urbanisme, mandataire ; Mutabilis, paysagiste ; Berim, BET.

Programme : 18 chaumières, 3 ateliers d’artistes, une maison commune, 2 gîtes.

Coût des travaux : 11,2 millions d’euros HT. (1650 euros HT le m2 pour les maisons)

Bernard Piednoël, maire de Paluel

« Cette opération a été longue à aboutir, huit ans, mais maintenant il faut faire vivre le lieu ! Le Clos des fées a vocation à accueillir des publics très différents : les scolaires qui se familiariseront avec le rempotage dans l’atelier qui lui est dédié, les artistes que nous pouvons accueillir en résidence, les joueurs de boule cauchoise, etc. A la campagne, il y a aussi une demande d’espaces publics. Nous le constatons dans le centre-bourg, où le jardin public est très fréquenté aux beaux jours. En ce qui concerne les logements, nous avons déjà une centaine de candidatures, -pas seulement des Paluelais-, preuve qu’il y a là aussi une forte demande. Mais renouveler ce type d’opération à Paluel me semble une gageure aujourd’hui, faute de foncier disponible. La loi Borloo nous interdit désormais de construire dans un rayon de 2 km autour de la centrale nucléaire, et le bourg de Paluel est situé en zone inondable. La loi de finances de 2010 ne nous permet plus également de financer sur nos fonds propres une telle opération. »

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