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Béton désactivé en mouvement

Laurent Miguet |  le 26/11/1999  |  BétonTechniqueCultureArchitectureEntreprises

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LE CHANTIER La salle des fêtes municipale de Cernay (Haut-Rhin). LE PROGRAMME Trente pilastres aux dimensions mégalithiques soutiennent un ouvrage cylindrique de 65 m de diamètre. LES SOLUTIONS Une nouvelle technique de création d'images dans le béton de panneaux préfabriqués.

En détournant des produits de désactivation de leur usage traditionnel, Sutter et Laburte, cabinet d'architectes alsaciens, a mis au point une technique de création d'images dans le béton. Le chantier de la salle des fêtes municipale de Cernay (Haut-Rhin) leur a fourni l'occasion de peaufiner cette technique à deux points de vue : la rapidité d'exécution des panneaux et la mise en adéquation entre les outils utilisés, et la destination de l'ouvrage.

Trente pilastres de 10 m de haut pour 1 m de large soutiennent l'ouvrage cylindrique de 65 m de diamètre, dessiné par les architectes de Saint-Louis (Haut-Rhin). A la base de chacun d'eux, deux panneaux décoratifs, dont la hauteur atteint respectivement 1 et 2 m, servent de support à des illustrations, qui évoquent soit des traditions culturelles locales, soit la fonction festive de l'ouvrage, ou encore son voisinage immédiat, reflété par des feuilles de platane moulées dans le béton. La restitution de l'idée de mouvement constitue le point commun à ces motifs.

Des outils artisanaux

Cette restitution repose sur « une technique qui interdit de dessiner doucement », selon l'expression de Gérard Sutter, l'un des deux concepteurs du bâtiment, au côté de Dominique Laburte.

Sur le bloc préfabriqué, posé à plat et chauffé, l'épouse de Gérard Sutter, Christine Sutter, applique un pinceau de son invention, composé d'un embout de bois fixé au bidon dont elle se sert pour enduire le béton d'une pellicule de 1 mm de produit de désactivation. Compte tenu de la rapidité de la prise de ce produit, la qualité des traits dépend de la vitesse de leur exécution. L'artiste se sert de cette vitesse pour imprimer leur mouvement aux musiciens, danseurs ou animaux domestiques, représentés tout autour de la salle des fêtes.

La création d'un atelier dédié à cette activité a permis à l'agence de respecter dans les délais les impératifs de production inhérents à la décoration de soixante panneaux, à raison de deux par colonne.

L'adéquation de cette technique à la destination de l'ouvrage a conduit les concepteurs à abandonner l'hypothèse de reproductions photographiques sérigraphiées : les images auraient gagné en précision ce qu'elles auraient perdu en force suggestive. Sur le collège d'Illfurth (Haut-Rhin), livré l'an dernier, les mêmes architectes avaient expérimenté cette dernière technique, en appliquant sur un panneau mural la photographie d'un journal froissée. La restitution de l'image, reproduite sur un cadre en soie, avait mobilisé le même produit de désactivation qu'à Cernay. « Nous avions envisagé de sérigraphier de cette manière l'écorce des platanes. Finalement, l'utilisation des feuilles répondait plus explicitement à l'idée d'un dialogue avec le site », raconte Gérard Sutter. Encore fallait-il, pour l'exécuter, la présence d'esprit du conducteur de travaux, qui a pensé à congeler les feuilles d'automne jusqu'à leur utilisation lors du chantier de gros oeuvre, qui s'est déroulé en hiver, avec un résultat étonnant : chaque nervure naturelle se retrouve dans les murs.

Une rigoureuse préparation en amont

« Cet exemple prouve que le béton interdit toute excuse a posteriori. Le résultat repose sur la prévision de chaque détail en amont », commente l'architecte. Dans cette étape préalable, Béton Contrôle de Seeboden a contribué à la réussite de l'opération. « Cette entreprise a largement ouvert les portes de ses ateliers. Elle n'a pas interrompu les essais avant que nous ayons obtenu un résultat parfait », souligne Gérard Sutter.

Indissociable de la technique de décoration qui suppose le travail en atelier, la préfabrication des pilastres aux dimensions mégalithiques a imposé, sur le chantier, des techniques de levage qui combinent la précision des manoeuvres et la sécurité du personnel.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : ville de Cernay.

Conducteur d'opération : Société d'économie mixte de Haute-Alsace.

Architectes : Sutter et Laburte.

Bureau d'études : Icat.

Gros oeuvre : Zimmer.

Béton : Béton Contrôle de Seeboden (filiale de Gherardi).

Calendrier : août 1998-avril 2000.

Montant des travaux : 2,74 millions d'euros HT (18 millions de francs).

PHOTOS : Trente pilastres soutiennent l'ouvrage cylindrique de 65 m de diamètre. A la base de chacun d'eux, 2 panneaux sont désactivés au pinceau, faisant apparaître les dessins de l'artiste.

La qualité des traits dépend de la vitessse d'exécution qui sert à l'artiste pour imprimer leurs mouvements aux danseurs et animaux.

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