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Bernard Larrouturou - © MEDDE/B.SUARD

Bernard Larrouturou: "Le Cerema saura répondre aux attentes des collectivités territoriales"

Olivier Baumann |  le 12/09/2013  |  EtatTransports mécaniquesCerema

A l’occasion de la sortie du Moniteur "Spécial Route" du 13 septembre, lemoniteur.fr publie l’intégralité de l'interview de Bernard Larrouturou, préfigurateur du Cerema et probable directeur général. Cet établissement public créé au 1er janvier 2014, regroupera onze services de son réseau scientifique et technique: les huit Cete, le Sétra, le Certu, et le Cetmef.

Le 1er janvier 2014 sera créé le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), un établissement public à caractère administratif qui regroupera les huit Cete (centres d’études techniques de l’Etat)  et trois services techniques centraux : le Sétra (Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements), le Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) et le Cetmef (Centre d’études techniques, maritimes et fluviales). Une fusion dont l’objectif est de renforcer et de pérenniser le réseau scientifique et technique de l’Etat tout en l’ouvrant aux collectivités locales, qui feront partie de sa gouvernance.  Ainsi, le Cerema se présente comme le centre de ressources et d’expertises techniques et scientifiques sur lequel s’appuieront l’Etat et les collectivités locales dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs politiques publiques de développement durable.

Pourquoi l’Etat a-t-il décidé de regrouper les huit Cete, le Sétra, le Cetmef et le Certu pour former le Cerema?

Bernard Larrouturou : L’idée ne date pas d’hier. Par le passé, le regroupement des Centres techniques de l’équipement (Cete) a été envisagé à plusieurs reprises. Aujourd’hui, alors que leurs champs de compétence s’est élargi à la faveur du Grenelle de l’environnement, leurs activités sont insuffisamment coordonnées. Un pilotage unifié permettra de définir une stratégie d’ensemble, et l’apport du Certu, du Cetmef et du Sétra, qui ont des liens forts avec les Cete, permettra de créer de nouvelles synergies. Enfin, et l’argument n’est pas des moindres, les onze organismes réunis seront plus forts que chacun pris individuellement pour affronter des perspectives budgétaires incertaines.

Ce qui signifie que les moyens du Cerema seront  maintenus ?

B.L. : Nos deux ministres de tutelle se sont engagés à veiller strictement à la protection des moyens humains et financiers entrant dans le périmètre du projet au cours des deux années suivant sa création.

  

Quels seront les domaines d’expertise du Cerema ?

B.L. : Leur champ sera très large. Nous couvrirons de manière transversale l’ensemble des thématiques du développement durable, qui sont déjà couvertes par les onze services: le transport (dont les infrastructures), cœur historique de l’expertise des services qui le constituent, mais également l’environnement, l’urbanisme, la prévention des risques, l’aménagement du territoire, le climat, ou le bâtiment…

Le cœur de la production du Cerema sera centré sur l’expertise et la réalisation d’études et guides méthodologiques. Mais nous exercerons également des activités d’assistance à maîtrise d’ouvrage, de contrôle, de métrologie, d’essais et de recherche. Cette dernière sera faite en partenariat avec des organismes de recherche de référence comme l’Ifsttar ou le CSTB. La recherche au sein du Cerema a ceci de particulier qu’elle a un lien très fort avec le terrain.

Quelles seront vos priorités au démarrage ?

B.L. : A sa création, le Cerema se chargera de l’ensemble des missions et expertises portées par les onze services qui le composent. Les trois services techniques centraux (STC) deviendront trois directions techniques, et les huit Cete deviendront huit directions territoriales du Cerema. Les missions des uns et des autres évolueront progressivement : les directions techniques auront un rôle d’animation des directions territoriales. Pour cela, elles devront couvrir l’ensemble de leur domaine. Par exemple, certains Cete ayant développé une expertise dans le bâtiment, la direction technique « Infrastructures de transport et matériaux «  (nouveau nom du Sétra), devra se doter d’un référent « bâtiment ». Nous nous donnons deux ans pour que les directions techniques jouent pleinement leur rôle d’animation et de pilotage.

L’autre élément de dynamique important, qui est le véritable credo du Cerema, sera le renforcement des liens avec les collectivités locales.

  

Ces liens existent déjà…

B.L. : Tout à fait. Le Certu a une culture et une pratique des travaux menés en lien étroit avec les collectivités territoriales, très appréciées par celles-ci. Les Conférences techniques interdépartementales sur les transports et l’aménagement (CoTITA) en sont une autre illustration. Créées en 2004 sur chaque zone des Cete pour instaurer un dialogue technique entre l’Etat et les collectivités, elles rencontrent un vif succès. Au démarrage, elles ne concernaient que les routes et n’impliquaient que les Conseils généraux. Mais les thèmes traités se sont progressivement élargis (protection de l’environnement, bâtiment,…) et les régions et communes y participent désormais. Nous maintiendrons et développerons ce dialogue très nourri au sein du Cerema.

Pourquoi avoir donné au Cerema le statut d’établissement public administratif ?

B.L. : Les onze structures qui composeront le Cerema sont des services dépendant actuellement directement du Ministère. Les regrouper en un établissement public a plusieurs avantages. Le principal est qu’il permet d’ouvrir sa gouvernance à d’autres structures que l’Etat, et notamment aux collectivités locales : un excellent moyen de nous assurer que le Cerema saura répondre à leurs attentes. Par ailleurs, ce statut nous permettra de créer des partenariats avec des collectivités locales, avec d’autres établissements publics, ou avec des entreprises, et de diversifier les recrutements dans les cas où ce sera nécessaire.

La loi dit que le Cerema devra agir dans le cadre d’une mission de solidarité territoriale. Comment ?

B.L. : Le Cerema maintiendra une forme d’assistance technique aux communes les plus en difficulté. L’aide technique de l’Etat pour des raisons de solidarité et d’aménagement du territoire (Atesat) est en cours de réforme. Son principe sera maintenu mais avec des équipes plus réduites, rattachées comme aujourd’hui aux Directions départementales des territoires sur des missions recentrées sur les communes les plus en difficultés. Pour résumer, les DDT assureraient le « front office » de l’Atesat, et le Cerema, le « back office ».

Le Cerema fera-t-il aussi de l’assistance à maîtrise d’ouvrage ?

B.L. : Le Cerema assistera évidemment les services déconcentrés de l’Etat que sont les DIR (Directions interdépartementales des routes) et les DREAL (Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) dans le cadre de prestations « in-house ». Mais le Cerema développera également des activités  d’assistance à maîtrise d’ouvrage auprès des collectivités, en se plaçant alors dans le champ concurrentiel. Les prestations de ce type représentent aujourd’hui environ 10% du budget du Cerema.

Quelle sera l’articulation entre le Cerema et l’institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité (Idrrim) ?

L’Idrrim est un lieu de rencontre et de partage pour tous les acteurs des infrastructures. Aujourd’hui, le Sétra et les CETE y sont très présents. Dans la continuité, le Cerema le sera donc demain. Son implication y sera même majeure. Dans la mesure où, tout comme le Cerema, l’Idrrim constitue un pôle d’expertise et d’édification de la doctrine, il faudra préciser les rôles et responsabilités de chacune de ces deux entités. La réflexion est en cours.

Quelle sera votre première action une fois le Cerema créé ?

B.L. : Nous préparons actuellement les éléments qui permettront de la définir notre stratégie. Le plan stratégique du  Cerema devrait être approuvé en septembre 2014 par le Conseil d’Administration.

Lire le dossier complet dans Le Moniteur n°5729 du 13 septembre 2013

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