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Bernard Bled (Epad) :
Bernard Bled, directeur général de l’Epad (Etablissement public d’aménagement de la région de La Défense) - ©

Bernard Bled (Epad) : "Développement économique et développement durable ne sont pas contradictoires"

Defawe Philippe |  le 13/02/2008  |  France RéalisationsArchitecture

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A l'occasion du premier sommet mondial des quartiers d’affaires pour le développement durable, qui se déroulera les 14 et 15 février à La Défense, rencontre avec Bernard Bled, directeur général de l’Epad (Etablissement public d’aménagement de la région de La Défense) et organisateur de l'évènement.

Pourquoi l’Epad a-t-il pris l’initiative d’organiser ce premier sommet mondial des quartiers d’affaires pour le développement durable ?
Il nous semble que développement économique et développement durable ne sont pas contradictoires mais au contraire complémentaires, que l’un doit aider l’autre. Qui peut mieux symboliser cette problématique que les quartiers d’affaires ? Ils génèrent de la richesse, souvent ce sont eux qui polluent le plus, ils auront donc besoin de plus en plus d’appliquer les règles du développement durable. C’est peut-être dans les quartiers d’affaires que les économies d’énergie les plus importantes pourront être réalisées.

Combien de quartiers d’affaires ont-ils répondu à votre invitation ?
Environ une vingtaine de villes et de quartiers d’affaires seront présents (Pékin, Shanghai, Shenzhen, Londres, Berlin, Moscou, Casablanca, Le Caire, Montréal, Le Cap, Vancouver..). Par ailleurs, une soixantaine d’intervenants de tous les pays du monde : chercheurs, universitaires, architectes, urbanistes… participeront aux différentes tables-rondes. En particulier, Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d’Economie en 2001, interviendra justement sur ce thème de la réconciliation de la prospérité et du développement durable.

Que prévoit la charte pour le développement durable qui signée au cours de ce sommet ?
A l’automne dernier, de nombreux experts réunis par l’Epad ont élaboré un projet de charte en dix points, répartis en trois grands thèmes : pour une gestion responsable des ressources ; placer l’humain au cœur des quartiers d’affaires ; pour une nouvelle pratique des responsabilités.
Les débats et les discussions entre nous lors du sommet devraient nous permettre d’arrêter, pour chacun de ces dix engagements, un objectif quantitatif. Je voudrais que ces objectifs soient aussi tenables et "intelligents" que possible. Il ne s’agit pas de fixer des normes extrêmement sévères –par exemple, une consommation énergétique des bâtiments neufs de 35 kwh/m2/an- qui pourraient être mal comprises par des pays très différents les uns des autres. L’idée, c’est plutôt de s’entendre sur un pourcentage, qui reste à définir (50, 100, 150%...), de diminution de la consommation d’énergie des tours. Avant tout, nous voulons être pragmatiques. C’est pourquoi les signataires pourront ne s’engager que sur partie du document. Cette charte devrait permettre au plus grand nombre d’accepter d’avancer avec nous, à leur rythme, sur des sujets qui leur semblent les plus faciles à tenir ou les plus accessibles.

Certains engagements semblent difficilement quantifiables comme la mise en place d’une nouvelle gouvernance…
Il existe autant de gouvernances que de quartiers d’affaires. L’objectif n’est surtout pas d’uniformiser la gouvernance mais probablement de mener une réflexion globale pour déterminer ce qui marche, ce qui ne marche pas…En gardant à l’esprit que la finalité de cette démarche, c’est l’amélioration de la condition humaine. Derrière la notion de développement durable, il y a l’idée de survie de la planète et de ses habitants mais aussi celle de l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est un sujet plus philosophique et moins facilement quantifiable que la réduction de la consommation d’eau ou d’énergie. Mais je pense qu’il faudra aussi l’aborder lors du sommet. Il n’est pas question d’imposer quoi que soit mais d’ouvrir des discussions avec les autres pays du monde, chacun ayant sa vision du problème, sur ce qui pourrait être de nature à aller dans ce sens-là.

Quelles seront les suites données à ce sommet ?
Nous allons proposer qu’un sommet mondial se tienne tous les deux ans et la mise en place d’un bureau international permanent.
Pour ce qui nous concerne, je serais assez favorable à ce que l’Epad ait une activité internationale. Maintenant que nous sommes déchargés de l’exploitation du quartier d’affaires*, je vais pouvoir me concentrer sur ce qui me paraît être la mission essentielle de l’Epad : un aménagement de qualité avec une recherche systématique de l’excellence qui devrait se nourrir de l’expérience des autres quartiers d’affaires tout en faisant profiter ces derniers de son expérience. L’Epad doit sortir de sa tour d’ivoire.

Propos recueillis par Nathalie Moutarde

* Un établissement public de gestion du quartier d’affaires a été créé par un décret de décembre 2007.

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