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Belle-Ile-en-Mer : renaissance « au plus près » pour la citadelle Vauban

PIERRE DELOHEN |  le 23/08/2007  |  MorbihanParisFrance entière

Dans le système unique des fortifications du XVIe siècle au XXe siècle de Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), la citadelle Vauban conservée, confortée, restaurée sous maîtrise d’ouvrage privée, en constitue le joyau.

Véritable cité militaire qui occupe une dizaine d’hectares, la citadelle transformée par Vauban à partir de 1689 domine la mer et le port du Palais. Elle étire ses remparts sur cinq kilomètres et compte une dizaine de bâtiments pour un total de plus de 10 000 m2 de planchers. Malmenée par les conditions climatiques du bord de mer et son statut îlien, la citadelle, à l’apparente et trompeuse solidité, n’a pas trouvé sa sauvegarde dans son inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1933 quand André et Anna Larquetoux en font l’acquisition aux Domaines en 1960. Le chantier s’organise selon un plan de bataille liée à l’urgence dans le respect d’une philosophie globale de redécouverte de la citadelle. Au sens propre dans un premier temps car le site envahi par la végétation est invisible de la mer! « La citadelle justifie différentes postures, explique Philippe Prost, architecte (*), diplômé du Centre d’études supérieures d’histoire et de conservation des monuments anciens, maître d’œuvre pendant plus de quinze ans d’une restauration militaire ’’ au plus près ’’. Selon l’état initial, les archives et après un diagnostic sanitaire, nous adoptons la conservation, la confortation ou la restauration. »

L’intervention clos-couvert sur le grand quartier, alignement de chambrées de 140 mètres de long, illustre la politique appliquée : organisation sur plusieurs années et plusieurs tranches, retour à l’origine chaque fois que possible (polychromie et lucarnes certifiées par un plan-relief), respect des techniques et des matériaux dans la conciliation de l’architecture et de la fonctionnalité (dalle béton pour le chaînage des murs, ajout de chaîneaux mais invisibles) au nom de la pérennité à venir et des changements d’usage.

Une qualité d’intervention qui justifie ce coup de chapeau aux entreprises : Toitures d’Anjou pour sa couverture clouée cuivre, Perrault Frères pour sa reprise de charpente en chêne avec conservation maximale des bois, Dagand pour les enduits, et encore Quelin pour ses corniches pourtant rongées par le sel et le vent. Sans oublier Argrec, entreprise spécialement créée et dédiée au site par André Larquetoux depuis les années soixante. Le travail sur le mortier d’origine ou ce qui en reste après une suite d’interventions nombreuses et malheureuses (chaulage, reprise au ciment, couverture complète au ciment, peinture) est exemplaire de la pointilleuse méthodologie suivie. « Le mortier a retrouvé ses caractéristiques d’origine précisées dans les descriptifs d’époque », insiste Philippe Prost. Il faudra plus de 25 échantillonnages pour se rapprocher de la couleur et de la granulométrie des sables de la plage de Donnant utilisés alors.

Le groupe Les Hôtels Particuliers a aujourd’hui pris le relais. Classée Monuments historiques en 2006, la citadelle vit au rythme de sa vocation touristique et culturelle initiée par les Larquetoux. Mais il faut plus que jamais en assurer l’entretien.

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