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Belfort : une mosquée à l’ombre de la citadelle revisitée
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Belfort : une mosquée à l’ombre de la citadelle revisitée

CHRISTIANE PERRUCHOT |  le 30/08/2007  |  ArchitectureHaut-RhinJura

Un parcours audio guidé dans la citadelle offre au visiteur un nouveau regard des fortifications de Vauban, tandis qu’une mosquée se bâtit au pied des remparts.

Fortifiée par Vauban en 1687 et remaniée 150 ans plus tard par le général Haxo, la citadelle de Belfort offre, depuis le 20 juillet, un nouveau regard au visiteur. Un parcours audio guidé, jalonné de commentaires écrits et sonores, emprunte les ouvrages du second fossé jusqu’alors inaccessibles au public. Les batteries Haxo, haute et basse (où prenaient place les canons), accueillent le public, une boutique et un restaurant. Centre d’intérêt principal, le grand souterrain abrite une fresque historique audiovisuelle, de l’Antiquité à la fin du XIXe siècle. L’éclairage des voûtes révèle le gigantisme de l’ancien fossé médiéval, reconfiguré en caserne. « Toutes les interventions de construction sont réversibles dans une logique de conservation du patrimoine », indique Alain Meyer, directeur général adjoint à la ville. L’objectif est de séduire une partie des 110 000 visiteurs qui viennent chaque année à Belfort pour voir la sculpture du Lion de Bartholdi accrochée au socle des fortifications.

14 hectares. Cette opération coiffe un travail de restauration entrepris, depuis les années 1980, sur les 14 ha de la citadelle. La réfection méthodique des remparts, bastions et tours coûte 600 000 euros par an. Le financement est assuré à parité par la ville et la direction des affaires culturelles de Franche-Comté.

Une campagne de travaux sur les bastions 20 et 21 – confiée à l’entreprise Scherberich de Colmar – consiste à remplacer les blocs de grès des Vosges abîmés et à les rejointoyer à la chaux. Les tailleurs de pierre refaçonnent sur place les pierres les moins endommagées.

Cette partie du front nord, surplombant la porte de Brisach, élargira dans un second temps le parcours de découverte. Il intégrera les trois tours bastionnées. La tour 46 abrite les archives municipales et une salle d’expositions temporaires. Les collections du musée des beaux-arts s’installeront dans la tour 41. L’affectation de la tour 27 n’est pas encore définitive. La mise en lumière entamée par le château et le Lion se poursuivra sur le front nord et les tours.

Amputée de son front ouest, à la fin du Moyen Age, la citadelle fait encore aujourd’hui face au grignotement de la cité. Contesté par les associations locales du patrimoine et l’architecte des Bâtiments de France, le projet de construction d’une mosquée, au pied des remparts, n’a vu le jour qu’après l’intervention de Jean-Pierre Chevènement, alors maire, auprès de la direction du patrimoine au ministère de la Culture. La mosquée, au stade du second œuvre, est dissimulée à l’orée du quartier des Glacis du Château. Malgré l’absence de minaret, ce lieu de culte a sans doute coûté à Belfort sa place sur la liste des candidats au patrimoine de l’Unesco. Au grand regret des historiens locaux qui inventorient, ici, la toute première mise en œuvre du second système de défense de Vauban.

Parcours audioguidé

Maître d’ouvrage : Ville de Belfort.

Maître d’œuvre : Reichardt et Ferreux (Lons-le-Saunier), architecte ; Itinérance, scénographie.

Coût : 2 millions d’euros.

Calendrier : mars 2007-juillet 2007.

Mosquée

Maître d’ouvrage : communauté musulmane de Belfort.

Maître d’œuvre : Kadir Cevirgen.

Coût : 2 millions d’euros.

Livraison : fin 2008-début 2009

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