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PASCALE JOFFROY, BERNARD REINTEAU |  le 03/12/1999  |  CultureSécurité et protection de la santéRénovationArchitectureParis

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En avant première, visite du Centre Pompidou après transformationDeux ans et 576 millions de francs de travaux ont permis de rénover les installations techniques, d'améliorer la sécurité, et d'affirmer la bibliothèque et le musée comme les pôles majeurs de cet établissement culturel emblématique.

L'immense chantier du centre Pompidou s'achève. C'est comme prévu le 1er janvier 2000 que les visiteurs pourront découvrir la réfection, à la fois conséquente et mesurée, subie par cet anti-monument de la culture qui, en son temps, brisa les tabous du mimétisme architectural, fut le premier complexe culturel à inclure un musée et ouvrit la voie à une génération nouvelle de bibliothèques. Plus de vingt ans après son ouverture, le 31 janvier 1977, la réalité sociale et culturelle a changé. Sans être spectaculaire ni remettre en cause les principes généraux du bâtiment, la réhabilitation qui s'achève donne la mesure de ce mouvement rapide des contraintes techniques et de l'évolution de la notion d'équipement culturel.

C'est Jean-Jacques Aillagon qui, à son arrivée à la présidence du Centre Pompidou, rompit avec les rectifications progressives envisagées par ses prédécesseurs et développa un programme de manifestations « hors les murs », le temps de donner un sérieux coup de fouet à l'établissement. Les co-auteurs du projet d'origine, Richard Rogers et Renzo Piano, furent associés à la programmation générale de la réfection. Au terme de deux consultations lancées par le Centre, maître d'ouvrage des travaux, Renzo Piano a pris en charge l'actualisation du forum, du niveau - 1, et Jean-François Bodin la réfection de la bibliothèque, du musée et des galeries d'expositions.

Tout en conservant l'esprit général d'un « hypermarché » de la culture avec ses 6 niveaux en libre-service, la réhabilitation introduit certaines modifications significatives. Premier concerné, le forum voit son immense fosse réduite des deux tiers, au profit d'un pôle spectacle de quatre salles, dont le rassemblement au niveau - 1 permet de donner une place nouvelle au « spectacle vivant ». Au rez-de-chaussée, le marquage de l'entrée par un sas de verre, la signalétique de Ruedi Bauer, l'accessibilité par trois ascenseurs vitrés depuis le sous-sol améliorent l'accueil.

Dans les étages supérieurs, le principe des grands plateaux libres, accueillant par strates les différentes fonctions de l'équipement, est quelque peu dévoyé par la création d'un accès autonome pour la bibliothèque. Autrefois distribuée par la « chenille », placée en façade pour préserver l'intégralité des plateaux, la BPI possède désormais un monumental accès séparé, percé dans deux planchers successifs, pour relier directement le forum au 3e niveau. L'entrée de la bibliothèque peut ainsi rester gratuite, alors que l'accès aux autres étages et l'ascension jusqu'au panorama imprenable sur Paris deviennent payants, s'avérant trop lourds en charge. En compensation, l'entrée du musée sera comprise dans le billet d'accès et reviendra moins cher qu'auparavant.

Le musée se déploie désormais sur la totalité des niveaux 4 et 5, devenant avec ses 14 000 m2 l'un des plus grands espaces dédiés à l'art contemporain. Pour lui donner cette ampleur digne des fonds disponibles et de la vogue muséale actuelle, les espaces de bureaux ont été déménagés dans d'autres immeubles ; ils n'avaient d'ailleurs été casés là que suite à des restrictions budgétaires.

Les principes structurels (plateaux libres, structure rejetée en façade) et la grande quantité d'espace disponible ont facilité l'évolution, confirmant la flexibilité inscrite au coeur du projet. Mais il a fallu comprendre la logique de l'édifice et s'y soumettre. « La structure gagne toujours, commente Renzo Piano avec humour. Qu'ils essaient donc, ceux qui veulent la contrarier ! » C'est finalement l'aspect technique du bâtiment qui a le plus vieilli. Outre la réfection d'équipements au bord de l'épuisement, la prévention contre l'incendie était le principal point à actualiser. En dépit d'un supplément de trappes de désenfumage et de parois coupe-feu, elle fait l'objet d'une approche négociée et largement dérogatoire, très représentative des petits arrangements avec les normes qui sont nécessaires en réhabilitation, sous peine de réduire les volumes existants à néant. Dans ce bâtiment devenu immeuble de grande hauteur (au-dessus de 28 m) de par la réglementation établie en 1978, un recloisonnement était théoriquement nécessaire toutes les trois trames. On reste loin du compte. De même, la réglementation concernant la pente des escaliers mécaniques a changé, ce qui n'a pas empêché de refaire à l'identique la célèbre chenille.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.

Maîtrise d'oeuvre : Renzo Piano building Workshop (avec Intégral Concept signalétique), Jean-François Bodin et Associés (avec FBI signalétique), Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (façades, espaces du personnel et de la logistique), Dominique Jacob et Brendan MacFarlane (restaurant). Bureaux d'études : GEC Ingénierie, économie ; Inex Ingénierie, climatisation ; Setec Bâtiment, structures, courants faible et fort, plomberie, sécurité ; Labeyrie, scénographie ; Peutz et Associés, et Jean-Paul Lamoureux, acoustique ; RFR, coques du restaurant. Green et Hunt Ass. (sas et canopy) ; Cigma, AMO ; Sogelerg et A2IA, synthèse ; ODM, OPC ; ET Cogeba, coordination sécurité.

Bureau de contrôle : Socotec, CEP. Surface : 70 000 m2 utiles.

Coût des travaux : 576 MF TTC, dont 40 MF de fonds privés.

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