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Bayonne Une bibliothèque au cœur de la citadelle
PHOTO - SO BAYONNE BIBLIO 70.eps - © Sébastien Causse

Bayonne Une bibliothèque au cœur de la citadelle

bertrand escolin |  le 29/09/2008  |  ProfessionArchitectureCulture

La nouvelle bibliothèque universitaire doit être livrée cet automne. Ce projet singulier, semi-enterré, est implanté au cœur même de la citadelle Vauban.

Presque modeste par ses dimensions (1 600 m2 Shon utiles), la bibliothèque universitaire que réalisent pour la Ville les architectes bordelais Jean de Giacinto, mandataire, associé à Duncan Lewis et Sébastien Causse, chef de projet, constitue un défi technique et architectural. Un défi conditionné par la localisation du bâtiment, au cœur même de la citadelle Vauban qui surplombe la ville.

Le projet a connu plusieurs transformations après les indications de Bernard Voinchet, architecte des Monuments historiques, et d’Antoine Stinco, qui réalise le programme complet de restructuration du campus de la Nive où se situe la bibliothèque.

Puits canadien

« Tout part des cavaliers, ces talus de terre traversés d’une galerie de pierre, qui nous ont servi pour concevoir la bibliothèque », explique Jean de Giacinto. Malgré la contrainte de conserver la géométrie des talus, avec leur pente de 45°, les architectes ont conçu une bibliothèque qui concilie lumière naturelle pour la consultation et lieux abrités pour la conservation des documents.

« D’un point de vue architectural, notre contrainte était de conserver le profil du cavalier, en forme de talus, sur 80 m de long. Nous avons opté pour une trame de portiques en béton, espacés de 4 m environ », explique Duncan Lewis. La construction en béton brut, et surtout la façade vitrée recouverte d’une résille en béton autoplaçant gris clair qui reconstitue le talus côté campus (l’autre côté étant enterré), forment les éléments visuels forts de cette réalisation.

L’autre défi technique était le maintien du projet dans un talus qu’il a fallu défaire puis reconstituer. Pour résister à la charge de terre qui recouvre la partie arrière du bâtiment, enterrée, l’ensemble est réalisé sur 88 micropieux, qui supportent la trame des portiques de 20 m de portée. Chaque trame de 3,8 m de large assure la lumière côté verrière, et dégage des alcôves techniques sur la partie arrière, où seront stockés les ouvrages. Des puits de lumière au sommet du talus permettent un complément d’éclairage.

Le projet se singularise aussi par sa performance énergétique. Le chauffage est assuré par un plancher chauffant et le rafraîchissement par un puits canadien situé sous le remblai du talus et couplé à une pompe à chaleur d’une capacité de 4 500 m3/h. « C’est un projet HQE sans le label », s’amuse l’architecte. Comme l’essentiel des éléments, la résille béton a été réalisée en préfabrication par Eiffage Construction, associée à CICB d’Aiguillon (groupe Fayat). « La façade résillée est formée par l’assemblage tête-bêche de 85 panneaux de béton armé d’environ 2,3 tonnes chacun, coffrés à partir de deux moules en acier distincts, suivant un dessin dissimulant des lignes porteuses », explique Sébastien Causse. L’ensemble est posé incliné, en appui sur des portiques à 45°, selon le profil de l’ancien talus. Les éléments préfabriqués des portiques s’appuient sur des voiles et poteaux coffrés à l’aide de banches classiques, en alternance avec des banches en bois pour en varier l’aspect.

L’étage conçu comme un pont

« Le squelette en béton qui soutient l’étage est semblable à un tablier de pont, mais fabriqué sans précontrainte, par coffrage sur place de poutres et d’entretoises lourdement armées », explique Sébastien Causse. Parmi les contraintes du chantier, la résille en béton qui surplombe la verrière a imposé de revoir la conception du montage des panneaux de verrière par l’intérieur du bâtiment : « Les éléments vitrés peuvent atteindre 3,50 m x 2,50 m et peser jusqu’à 300 kg. On a pu les faire découper et les ajuster, en modifiant le montage après la signature du marché, grâce à la réactivité exceptionnelle de l’entreprise Coveris pour réaliser les trames dans les temps », se félicite Claude Noblia d’Eiffage Construction.Ce chantier de 4,9 millions d’euros HT, débuté en avril 2007, doit être livré cet automne.

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