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Bâtiment : un léger mieux pour 2014, mais toujours une baisse d’activité estimée à 0,4%

Frédérique Vergne |  le 03/12/2013  |  TravailFrance entièreEurope

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L'année 2013 devrait se solder par une baisse d'activité de 2,6% et 25 000 emplois perdus pour le secteur du bâtiment. Sans signe avant-coureur de reprise économique, la Fédération Française du Bâtiment (FFB), prévoit pour 2014 un début de stabilisation et table sur un recul d’activité de 0,4% en volume.

« La situation économique du bâtiment a été mauvaise en 2013 et le restera en 2014 », a estimé le 3 décembre Didier Ridoret, le président de la FFB lors de son traditionnel point de conjoncture.
L’année 2013 enregistre une baisse de l’activité de - 2,6 % en volume, soit une dégradation deux fois plus rapide qu’en 2012 qui s’était soldée par un repli de - 1,2%. Et ce, alors que la baisse des mises en chantier de logements reste modeste, de 346 000 à 333 000, contrairement à toutes les prévisions de fin 2012. Seul, le non-résidentiel neuf progresse de 0,8 %, alors que l’amélioration-entretien et le logement neuf reculent respectivement de - 1,1 % et de - 7,4 %. Cette baisse d’activité se traduit en termes d’emplois avec la perte de 25 000 postes dont 20 000  salariés et 5 000 intérimaires en équivalent-emplois à temps plein.

2014 : une activité toujours en baisse

Sans un retour à des temps réellement meilleurs, avec une croissance du PIB et une diminution du chômage, la FFB ne voit pas d’amélioration pour 2014. Elle entrevoit cependant un début de stabilisation, avec une activité qui pourrait se rétracter de - 0,4% en volume ; baisse qui serait par ailleurs homogène entre les différents segments : - 0,9 % pour le non-résidentiel neuf,  - 0,2 % pour le logement neuf et  - 0,2 % pour l’amélioration-entretien. « Ces chiffres peuvent paraître modestes. En réalité, cette nouvelle marche négative s’ajoute à bien d’autres et déstabilise un peu plus chaque jour l’ensemble de nos entreprises, souligne Didier Ridoret. Au total, depuis 2008, le recul d’activité avoisine les 17 % en volume. En conséquence, la santé financière de toutes les entreprises se dégrade fortement. Ainsi, le taux de marge est tombé de 14,6 % en 2008 à 9,9 % en 2012 et tout indique que cette dégradation s’est poursuivie en 2013 ». Le secteur devrait alors encore enregistrer une perte d’emplois estimée à 7 000 en moyenne annuelle.

Concernant le logement neuf en 2014, les permis de construire baisseraient encore, mais bien moins vite qu’en 2013 ( 3,5 %) pour atteindre près de 430 000 logements autorisés. Par segment de marché, l’individuel atteindrait son point bas en 2013 et amorcerait une légère reprise en 2014 (+3,2 %), alors que le collectif s’inscrirait toujours en recul, à un rythme comparable avec celui de 2013 ( 10,2 %), ce qui peut s’expliquer par le fait que l’individuel rentre et sort plus vite de la crise que le collectif ; les projets étant plus rapides à mettre en œuvre dans le premier cas. Cependant, rappelle la FFB, « l’arrêt de la récession ne signifie pas croissance positive ni, a fortiori, reprise ». Pour ce faire, l’amélioration sensible de l’environnement institutionnel, bien engagée en 2013 (Plan d’investissement pour le logement, TVA à 5,5% sur les travaux de rénovation énergétique), doit se poursuivre.


Les sujets d’inquiétude

Outre la baisse d’activité du secteur, le détachement des salariés, le compte pénibilité et l’auto-entrepreneur font partie des sujets brûlants de cette fin d’année.
« Nous sommes conscients que certaines entreprises françaises du bâtiment dont les trésoreries sont au bord de la rupture vont chercher des salariés à bas coût. Il faut aussi inclure à cette situation les entreprises étrangères qui viennent en France ou encore les maîtres d’ouvrage qui y ont recours ; tout le monde profite de ce système », reconnaît Didier Ridoret. Malgré tout, la FFB délivre un discours qui n’a pas changé depuis des mois : quand ce recours à la main d’œuvre à bas coût est pratiqué illégalement, elle ne représente qu’une solution à court terme qui génère une concurrence déloyale et met en péril toutes les autres entreprises. L’idée n’est pas de jeter la pierre, mais de faire marcher tout le monde dans le même sens. « Si demain toutes les entreprises fonctionnaient ainsi, cela mettrait à terre notre outil de production. Que ferait-on de nos compagnons, de la formation ?... ce serait une catastrophe », s’inquiète le président de la FFB qui rappelle que la pétition nationale lancée début novembre et signée par 46 000 personnes sera remise avant la réunion des ministres européens du travail à Bruxelles le 9 décembre. La FFB demande un renforcement des contrôles de l’inspection du travail (annoncé par Michel Sapin, le ministre du travail), que ces derniers soient effectués le soir et le week-end, mais aussi l’obligation de la carte d'identité professionnelle pour toute personne travaillant sur un chantier. Didier Ridoret se réjouit d’ailleurs de certaines avancées, comme le jugement remporté contre le maître d’ouvrage Promogim en Haute Savoie, condamné à payer 210 000 euros pour complicité de travail illégal.

Concernant l’auto-entrepreneur, le problème reste entier ; la FFB considère en effet que « l’on n’arrivera à rien sans une distinction entre les auto-entrepreneurs en activité principale qui poursuivent l’objectif de devenir entrepreneur, démarche louable, et ceux en activité secondaire qui ne s’inscrivent pas dans cette même philosophie ». Et de rappeler que pour une seconde activité, le CESU fonctionne bien. L’organisation professionnelle maintient donc sa demande d’exclure le bâtiment du régime de l’auto-entrepreneur.

Enfin, la troisième source d’inquiétude concerne le compte pénibilité, considéré par la FFB comme « une usine à gaz coûteuse », dont la création est prévue en 2015. Une mesure à la fois coûteuse et complexe dans son application (fiche individuelle de prévention de la pénibilité à remplir chaque jour par l’entreprise). « Il est absolument impossible de mesurer le temps consacré par chaque salarié à chacun des facteurs (manutentions manuelles, postures pénibles, poussières, …). C’est une aberration ! Les entrepreneurs, déjà soumis à de fortes charges et contraintes, risquent de se détourner de l’apprentissage et de l’insertion, et de renoncer à l’emploi en France », s’insurge Didier Ridoret. La FFB préfère ainsi voir rétabli le principe d’une approche individuelle de la pénibilité, à travers un filtre médical et demande que soient prises en compte les actions de prévention mises en œuvre par les entreprises : la cotisation de 0,11 % à l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du BTP) devrait à cet égard venir en déduction de la double cotisation actuellement prévue.

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