En direct

Bâtiment Le programme d’amélioration des performances énergétiques

V. B. |  le 01/02/2008  |  EnergieImmobilierLogementArchitectureRéalisations

Grâce à un contexte réglementaire favorable, les bâtiments basse consommation, passifs ou même à énergie positive, devraient se généraliser dans le paysage immobilier. « Développons des ventilations adaptéesà la diversité des bâtiments existants »

Les conclusions du Grenelle de l’Environnement sont sans appel : l’amélioration de l’efficacité énergétique du bâtiment doit être une priorité nationale. Pour ceux qui n’en seraient pas encore convaincus, rappelons ces chiffres : dans sa globalité, en tenant compte de la fabrication des matériaux, du transport, du traitement des déchets et du fonctionnement d’un bâtiment (chauffage, production d’eau chaude, climatisation), le secteur du bâtiment est responsable de 25 % des émissions de CO2 et de près de 50 % de la consommation d’énergie finale en France, ce qui le place devant les transports et l’industrie.

Cette énergie est consommée pour les 2/3 dans les logements et pour 1/3 dans le secteur tertiaire. Dans un logement, le chauffage représente à lui seul 70 % de la consommation, les 30 % restants étant principalement liés à la production d’eau chaude sanitaire, à l’utilisation des équipements électroménagers et à l’éclairage.

En 2020, cap sur le critèredu « 3 x 20 ». Pour mémoire également : la consommation moyenne primaire du parc existant de logement est de 240 kWh/m2.an d’énergie finale. Aujourd’hui, un bâtiment neuf conforme à la réglementation thermique 2005 consomme, quant à lui, entre 85 et 250 kWh/m2.an en énergie primaire. On est encore loin des 50 kWh/m2.an, valeur exigée par le label bâtiment basse consommation BBC Effinergie, et qui doit impérativement être atteinte avant 2050 pour pouvoir répondre au fameux facteur 4, visant à diviser par quatre les émissions de CO2. Dès aujourd’hui il est pourtant possible de réaliser, sans problème, avec les connaissances et les techniques constructives déjà développées, des constructions à 20 kWh/m2.an.

La France, qui s’est engagée en ratifiant le protocole de Kyoto à stabiliser entre 2008 et 2012 ses émissions de GES (gaz à effet de serre) à leur niveau de 1990, n’a donc pas d’autre solution que d’entamer un véritable programme de rupture ! Première pierre à l’édifice, le Plan climat 2004-2012 lancé en juillet 2004. Mais aujourd’hui les choses doivent s’accélérer pour respecter également une autre échéance, celle de 2020 et du triple critère des objectifs globaux de l’Union européenne dit du « 3 x 20 » : réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), baisse de 20 % de la consommation d’énergie et développement jusqu’à 20 % des énergies renouvelables dans la consommation énergétique !

Une véritable prise de conscience a eu lieu lors du Grenelle de l’Environnement… reste à en attendre les retombées. Concernant les équipements publics et constructions du secteur tertiaire, les proposions du groupe de travail n° 1 sont de généraliser les constructions basse consommation ou à énergie passive (consommation en énergie primaire inférieure à 15kWh/m2.an) ou encore à énergie positive intégrant systématiquement des énergies renouvelables. Et cela dès 2010 ! Pour les logements neufs, l’échéance est plus lointaine, 2020…

En 2012, -12 % d’énergieconsommée dans l’existant. Le plan envisagé s’articule autour de trois dates : 2010 avec un passage anticipé à la réglementation THPE, très haute performance énergétique (exigences supérieures de 20 % à celle de la RT 2005) et comme objectif, 1/3 de constructions BBC, BEPAS ou BEPOS (1) ; 2012 avec cette fois une généralisation des logements neufs basse consommation pour arriver en 2020 à la généralisation des logements neufs à énergie passive ou positive. C’est aussi le lancement d’un chantier sans précédent de rénovation énergétique par le biais notamment de la RT Existant (réglementation thermique des bâtiments existants) avec comme objectif de diminuer de 12 % d’ici à 2012 la consommation énergétique des bâtiments les moins performants et de 38 % en 2020. Une action qui devrait faire disparaître les bâtiments de classe G, particulièrement énergivores.

On le voit, face à la priorité que sont devenues la lutte contre le changement climatique et le recours aux énergies renouvelables, les pouvoirs publics ont décidé de mener une politique volontariste pour atteindre des objectifs ambitieux, dans un délai plus court que celui initialement prévu par les réglementations thermiques successives. Le crédit d’impôts a été revu à la hausse en 2006 pour inciter à l’utilisation des énergies renouvelables.

Pour rendre compte de leur impact environnemental, les différents produits devront être étiquetés avec mention de la consommation d’énergie, des émissions de GES et de la part d’énergie renouvelable. Les émissions de GES pourraient également être ajoutées à l’objectif de consommation de la RT 2010…

PHOTO - ARCHI INTER 24.eps
PHOTO - ARCHI INTER 24.eps
PHOTO - ARCHI INTER 23.eps
PHOTO - ARCHI INTER 23.eps
L’EXPERT Jean-Christophe Visier, directeur Energie Santé Environnement au CSTB

Toutes les filières du bâtiment bougent actuellement. Prenons le domaine du chauffage : dans les années à venir, les bâtiments vont être de mieux en mieux isolés avec des besoins en chauffage qui vont logiquement être beaucoup plus bas. Première conséquence, les produits développés sont donc de plus en plus performants mais avec des puissances réduites. Les PAC (1) ont des coefficients de performance de 4 à 5 contre 2 il y a encore quelques années. Les chaudières à condensation gaz sont en train de devenir le standard mais la question qui se pose est : quelle étape après la chaudière à condensation ? Il faut réfléchir à d’autres solutions. En Suisse ou en Allemagne, on voit se multiplier les concepts cogénération, ou même de récupération d’énergie sur les usines pour chauffer un immeuble situé à proximité…

Autre conséquence de la diminution des besoins en chauffage, on pourrait dans l’avenir aller de plus en plus vers l’utilisation du système de ventilation pour distribuer le chauffage.

Concernant la ventilation, les premières tables rondes du Grenelle ont d’ailleurs mis l’accent sur les enjeux sanitaires. Le plus difficile dans ce domaine est de trouver un équilibre entre exigences énergétiques et qualité de l’air. Les travaux de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur mettent en évidence des problèmes de qualité d’air dans une part importante des habitations existantes. Un enjeu majeur est donc de développer des systèmes de ventilation adaptés à la diversité des bâtiments existants. Autre enjeu de taille, la climatisation. La manière de la concevoir se modifie profondément pour devenir plus globale.

Tout d’abord, choisir des protections solaires adaptées, des systèmes d’éclairage et du matériel bureautique performants évite de faire rentrer de la chaleur. Ensuite, les concepteurs imaginent des façades actives automatisées pour gérer les protections en fonction du climat, de la présence ou non des occupants. Dans les bâtiments, même ceux de grande hauteur, on en revient aux fenêtres ouvrantes qui permettent de tirer parti de la fraîcheur naturelle extérieure plusieurs mois de l’année… En maisons individuelles, les fenêtres motorisées commencent à se développer. Enfin, dans les seules périodes où c’est nécessaire, on fait appel à des systèmes de climatisation de plus en plus performants. La loi prévoit de ne faire fonctionner une climatisation que lorsque la température intérieure dépasse 26 °C. Ceci met l’accent sur la nécessité de systèmes de gestion technique et de régulation qui peuvent conduire à économiser de 15 à 30 % !

Grande nouveauté, en octobre 2007, sont sortis les premiers produits (thermostats pour chauffage et climatisation) certifiés Eubac (European Building Automation Controls Association), qui permet d’évaluer les performances de ces dispositifs, ce que jusqu’à présent aucune norme ne faisait. Cela ouvre la voie à la certification de l’ensemble des systèmes de gestion.

Et puis pour finir, n’oublions pas que, d’ici à 2010, toutes les ampoules à incandescence qui gaspillent en chaleur 95 % de l’énergie consommée devront avoir disparu. La lampe fluocompacte devient le nouveau standard mais on voit émerger les Led encore plus performantes et qui permettront de jouer sans limite avec la lumière.

%%GALLERIE_PHOTO:0%% (1) PAC : pompe à chaleur.

Commentaires

Bâtiment Le programme d’amélioration des performances énergétiques

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX