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Bâtiment : la FFB voit quelques nuages obscurcir la reprise

A.F. |  le 22/03/2018  |  LogementEntreprisesTechniqueBâtimentFFB

Si les entreprises du bâtiment profitent toujours de la reprise entamée il y a deux ans, en cet "encourageant" début d'année 2018, la Fédération française du bâtiment (FFB) s'inquiète du recul des ventes de logements neufs.

La dernière révision des statistiques de Sitadel2* opérée en février 2018 par le ministère de la Transition écologique et solidaire a eu pour effet de doper le nombre de mises en chantier de logements. 426 100 ouvertures de chantier ont été dénombrées en 2017, soit 16 000 de plus que l’estimation annoncée par la FFB en décembre dernier. Soit une hausse de 13,2% par rapport au cumul des douze mois précédents. Mais ce résultat prometteur cache toutefois un certain fléchissement du marché de logements neufs, un des premiers vecteurs de croissance du BTP. Le nombre de logements mis en chantier a progressé de 6,5%, en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2018, d’après les données publiées par la FFB le jeudi 22 mars.

Recul des transactions immobilières

Ce rythme moins soutenu que celui observé l’an passé à la même période (+8,5%) est la première conséquence du recul des transactions immobilières, aussi bien chez les promoteurs de logements neufs (-3,8% en glissement annuel au quatrième trimestre 2017), que chez les constructeurs de maisons individuelles (-17,4% en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2018). "Ce décrochage s'explique principalement par une dégradation de la solvabilité des ménages, alors que les hausses de prix immobiliers ne peuvent plus guère être absorbées par une nouvelle amélioration des conditions de crédit, toujours très favorables", analyse la Fédération Française du Bâtiment. Logiquement, le nombre de logements autorisés continue de dégringoler mois après mois (-2,3% sur la période novembre 2017 à janvier 2018). Les logements individuels accélèrent (+8%), tandis que le collectif recule fortement (-9%).

Evolution du nombre de logements autorisés et mis en chantier
Evolution du nombre de logements autorisés et mis en chantier

Du côté du non-résidentiel neuf (hors locaux agricoles), l’activité se maintient à un niveau élevé : les surfaces mises en chantier explosent (+15,7%), tandis que les surfaces autorisés commencent à s’essouffler (+6,1%). « Les intentions d’investissement sont toujours aussi bien orientées avec une hausse de 4% prévu pour 2018, souligne Jacques Chanut, le président de la FFB. Le secteur est porté par le dynamisme de l'immobilier de bureaux mais qui reste très concentré sur les grandes villes". Au total, 19,5 millions de m2 de surface ont été mis en chantier en 2017, soit une hausse de 10% par rapport à 2016. Ce niveau reste toutefois inférieur de 20% à la moyenne enregistrée ces trente dernières années, indique la FFB.

Repli des agréments dans le social neuf

Dans le locatif social neuf, le nombre d’agréments validés par l’Etat est repassé sous la barre des 100 000 (99 900), soit une baisse d’environ 10% par rapport à 2016. Si ce niveau demeure élevé, classant l’année au troisième rang de ces vingt-cinq dernières années, ce repli laisse songeur la FFB. « Les mesures votées dans les mesures votées dans la Loi de finances 2018 (baisse des loyers consécutive à la diminution des aides personnelles, hausse de 4,5 points du taux réduit de TVA pour trois ans) devraient peser sur les investissements futurs des bailleurs sociaux », indique-t-elle.

A l’échelle des anciennes régions, l’Ile-de-France (+15,4%), la Bourgogne (+17,7%) et la Basse-Normandie (+16,9%) concentre les hausses d’autorisation les plus rapides. A l’inverse, les ex Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Picardie et Limousin reculent, respectivement de 3,5%, 5,5%, 6,3% et 10,3%. Côté mises en chantier, seules les ex Champagne-Ardenne, Picardie (-2,2%) et Limousin (-4%) s’inscrivent en repli. Plusieurs régions dont les ex Lorraine, le Centre-Val de Loire, le Poitou-Charentes et la Bretagne ont enregistré des croissances supérieures à 20%.

Du côté de l’amélioration-entretien, les effets de l’annonce de la suppression du CITE pour le remplacement des portes, fenêtres et volets à compter du 1er juillet 2018 ont dopé l’activité de la filière (+1,7% au 4e trimestre 2017). « Les propriétaires cherchent à profiter du crédit d’impôt et ce phénomène d’accélération de l’activité devrait se poursuivre jusqu’en juin 2018 », explique Jacques Chanut.

Difficultés de recrutement

Dans ce contexte de reprise, la création d’emploi affiche une nette accélération. Au 4e trimestre 2017, 31 000 postes ont été créés dont 23 500 salariés et 7500 intérimaires. Reste que les difficultés de recrutement d’intérimaires dans certaines régions persistent, déplore Jacques Chanut. Selon une étude de l’Insee, 60 % des patrons d’entreprise de plus de 10 salariés peinent à embaucher. Ce niveau n’avait plus été atteint depuis 2008. « Il y a de plus en plus de refus d’embauche aussi bien chez les intérimaire que chez les salariés en CDD, explique le président de la FFB. Un intérimaire estimant que le marché est plutôt tendu va préférer rester avec ce statut afin de bénéficier de la prime de précarité et de jouir d’une certaine liberté ».

La filière fait face également à plusieurs tensions sur les prix. La hausse des coûts salariaux (+2,9% au quatrième trimestre 2017), associée à la hausse quasi-similaire du coût des matériaux (+2,5%) fragilise la situation financière des entreprises qui cherchent dans ce contexte de reprise économique à reconstituer leurs marges.

Au-delà de l’analyse conjoncturelle, la FFB a exprimé ses craintes quant aux effets des mesures prises en Loi de finances pour 2018. D’une part, la stigmatisation de l’immobilier assimilé à une rente injustifiable, le rabotage des aides, d’autre part, qu’il s’agisse du PTE, du dispositif « Pinel » ou de l’APL conduisent à une déstabilisation des marchés, s’offusque l’organisation professionnelle.

Où en est le déploiement de la carte BTP ?

1,165 million. C'est le nombre de cartes d'identification professionnelle (carte BTP) déployées en France par l'Union des Caisses de France depuis le début du dispositif il y a tout juste un an. Au total, deux millions de salariés du BTP sont visés par cette mesure qui vise, notamment, à lutter contre la fraude au travail détaché.

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