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Bâtiment furtif à Toulouse, une première mondiale !
Formes spécialement étudiées - © © Airbus

Bâtiment furtif à Toulouse, une première mondiale !

Stéphane Miget |  le 24/04/2013  |  furtifTransportsHaute-GaronneTechnique

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Construit à seulement 400 mètres de la piste de Toulouse-Blagnac, le nouveau hall d’assemblage de l’A330 est doté d’une façade innovante. Son originalité ? La forme crénelée des panneaux d’habillage qui modifient la direction des ondes, évitant ainsi la perturbation des systèmes d’approche des avions. Une technologie qui pourrait ainsi rendre potentiellement constructibles des terrains situés à proximité des pistes.

A Toulouse, Airbus vient d’inaugurer, dans le périmètre de l’aéroport, un bâtiment industriel d’un nouveau genre. Baptisé C65, il est dédié à l’assemblage de l’Airbus A330. A priori, rien ne le distingue des autres constructions industrielles du site, si ce n’est sa façade crénelée en panneaux composites aluminium. Si l’effet esthétique est indéniable, ce n’est pas la raison pour laquelle les concepteurs l’on retenue : « Le bâtiment est situé à l’extrémité des premiers hangars d’assemblage de l’A330, explique Olivier Objois, chef de projet C65 Facility Management, Airbus.

 Lors de l’instruction du permis, les autorités ont attiré notre attention sur le fait qu’il serait au-delà des limites autorisés dans un aéroport ». En effet, pour éviter les interférences avec les ondes du système d’aide à l’atterrissage aux instruments (ILS), dont les antennes sont placées en bout de piste, et le signal du localizer*(Loc) des avions, il est impossible de construire des gros bâtiments à moins de 400-600 mètres des pistes. Ce qui ne va pas sans poser de problème, notamment à Toulouse où les terrains constructibles près de l’aéroport, donc des pistes, commencent à se faire rare.



Modélisation

Pour obtenir l’autorisation de construire ce bâtiment, les ingénieurs d’EADS ont donc cherché les moyens de se prémunir de ce risque : « Supprimer la réflexion n’était pas possible avec des techniques classiques, se souvient Andrew Thain, ingénieur IW. Nous avons donc développé des solutions pour rediriger l’onde et lui éviter de traverser les pistes et de perturber les Loc. Ce système repose sur l’idée des réseaux de diffraction. Schématiquement, le bardage spécifique du bâtiment redirige les ondes vers l’antenne au sol qui les a transmises ».

Phasage adapté des travaux
Phasage adapté des travaux - © © Airbus


De fait, ces recherches ont été de deux ordres puisqu’il fallait un outil de modélisation et une solution technique pour le bâtiment. Ainsi un logiciel spécifique d’aide à la conception architecturale a été mis au point par l'Engineering (EIJ-Airport Operations), en collaboration avec l'École nationale de l’aviation civile (Enac) et EADS Innovation Works. « Nous l’avons appelé Elise (Exact Landing Interference Simulation Environment). C’est un puissant outil de modélisation 3D de l’environnement aéroportuaire, la propagation des ondes et de leur réflexion par les bâtiments, explique Laurent Evain, responsable technique du projet. Il nous permet de déterminer, dès la phase de conception, si l'implantation, les dimensions et l'orientation de la construction nécessitent un traitement spécifique de type bardage furtif ».

Le principe de la façade furtive

Le logiciel a bien sûr été utilisé à Toulouse : « Il a notamment permis de restreindre le traitement des surfaces du bâtiment aux seuls dix derniers mètres de sa partie supérieure pour réduire les coûts de construction ».

Mode constructif
Mode constructif - © © Airbus


Au plan technique, cela se traduit par la mise en place d’un habillage spécifique de la façade orientée vers les pistes. Ce bardage installé contre le bâtiment industriel, sur une structure secondaire est réalisé à l’aide de panneaux composites d’aluminium qui n’ont rien d’exceptionnel hormis leur forme crénelée. Créneaux de 70 cm d’épaisseur qui sont conçus avec une forme bien précise de façon à ce que les ondes qui les atteignent soient redirigées vers les antennes en bout de piste. C’est le principe de la façade furtive.

Une technologie qui ouvre des perspectives pour densifier les abords des aéroports et rendre potentiellement constructibles des terrains situés à proximité des pistes.

D’ores et déjà, Airbus Prosky, filiale de l’avionneur spécialisé dans les systèmes de gestion du trafic aérien (ATM), avec l’assistance technique d’EADS Innovation Works, va commercialiser le procédé.

* Le Localizer ou Loc guide la trajectoire latérale des appareils en phase finale d’approche ou d’atterrissage. Des systèmes particulièrement importants lorsque la visibilité fait défaut. 



Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Airbus Opération
Maîtrise d’œuvre : Ingerop
Entreprises : Building construction : MAS/SPIE
Charpente métallique : Castel et Fromaget

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