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Bâtiment et santé Toute la filière se mobilise

Laurent miguet |  le 25/06/1999  |  SantéImmobilierArchitecture

Une norme sur la qualité environnementale des matériaux devrait voir le jour dans un an. Le bâtiment sain constitue « le marché de l'avenir » pour les entrepreneurs.

Des fabricants aux entrepreneurs, en passant par les concepteurs, les rencontres « Urbanisme, bâtiment et santé » ont démontré, du 20 au 22 mai à Mulhouse, la mobilisation de toute la filière du bâtiment dans le domaine de la qualité sanitaire des ouvrages.

« Une norme expérimentale définissant la qualité environnementale des matériaux de construction devrait voir le jour dans un an. » Cette annonce de Gérard Sandret, président de la commission environnement de l'Association des industries de produits de construction (AIMCC), résulte de plusieurs années de travail : « La création de l'association Haute qualité environnementale a permis aux différents acteurs de se doter d'un langage commun. Tous admettent que l'analyse des produits tient compte de la totalité de leur cycle de vie. Un consensus existe également sur le respect des règles du jeu posées par les normes internationales ISO 14020 », témoigne Gérard Sandret.

Le projet de « fiche consensuelle » en cours d'élaboration intègre des unités fonctionnelles permettant d'établir des comparaisons : une capacité à chauffer 100 m2 pour les chaudières, des mètres carrés pour les toitures, des mètres linéaires pour les gouttières... Ces fiches serviront à comparer aussi bien les propriétés intrinsèques des produits que leurs caractéristiques extrinsèques : les clous pour les ardoises, la colle pour les revêtements... « Il nous reste notamment à mesurer la durabilité et à formaliser les scénarios de fin de vie », précise Gérard Sandret.

Un critère de choix pour les architectes

L'obligation de neutralité constitue la limite de l'exercice auquel se livre l'AIMCC : « A chacun d'assumer ses choix individuels sur la base des informations standardisées. Aux pouvoirs publics de fixer les choix collectifs », conclut Gérard Sandret.

Une enquête réalisée par le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Strasbourg auprès de 66 architectes alsaciens prouve une forte sensibilité à l'impact sanitaire des matériaux. 51 % de l'échantillon tient compte du caractère polluant d'un produit dans son choix. La totalité de la population interrogée demande plus d'information, non seulement sur les matériaux mais aussi sur les techniques de dépollution.

Conclusion de Frédéric De Blay, commanditaire de l'enquête et pneumo-allergologue au CHU de Strasbourg : « Malgré une clientèle encore peu demandeuse, les architectes connaissent bien les problèmes de santé. Le maillon faible se situe plutôt du côté des entrepreneurs. »

La détermination des organisations représentatives de ces derniers conduit à nuancer cette analyse : « La maison saine constitue le marché de l'avenir. Notre organisation cherchera de plus en plus à informer ses adhérents et les maîtres d'oeuvre de la nocivité de certains produits », promet Gérard Lemouzy, président de l'Union nationale artisanale de la maçonnerie et du carrelage à la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (UNAMC-CAPEB).

Chauffage, ventilation, saturnisme : des urgences à traiter

Sans adhérer totalement à cette analyse, la Fédération française du bâtiment (FFB) se montre également déterminée à conduire ses 50 000 adhérents vers « la nouvelle culture » requise par l'approche environnementale de la construction. Cet engagement se traduit par un programme de formation dont l'organisation prévoit de négocier le financement par le Fonds social européen d'ici à la fin de l'année.

La réhabilitation des logements malsains fait également partie des urgences sur lesquelles travaille Louis Besson. Le ministre du Logement a annoncé le 20 mai à Mulhouse la publication imminente des textes d'application de la loi contre l'exclusion relatifs à la lutte contre le saturnisme : dans les zones à risque, un diagnostic obligatoire précédera toute vente de logements. Une autre urgence évoquée à Mulhouse concerne l'aération des bâtiments. Il nous faut également traiter de la ventilation sous l'angle de la santé, pour parvenir à un compromis avec les économies d'énergie », estime Raphaël Slama, directeur du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

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