Bataille au sommet pour le contrôle de l’acier

Defawe Philippe |  le 30/01/2006  |  International

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Les deux géants de l'acier ont engagé lundi une bataille frontale, le numéro un mondial Mittal Steel promettant de bâtir grâce à une fusion un "champion européen", le numéro deux Arcelor dénigrant son rival et son OPA hostile.

Trois jours après le lancement par Mittal Steel de son OPA surprise sur le groupe européen, les patrons des deux groupes se sont affrontés par conférences de presse interposées.
Le patron d'Arcelor Guy Dollé a assuré que son groupe allait "résister" à l'offensive de son rival et "gagner la bataille", jugeant qu'elle durerait "quatre à six mois au moins".
De son côté, Lakshmi Mittal, PDG de Mittal, a affirmé que son groupe comptait boucler au deuxième trimestre cette OPA qui valorise Arcelor à 18,6 milliards d'euros.

L'offre est une "occasion unique de créer un champion global européen solide, ce dont l'Europe a besoin pour protéger ses emplois", a-t-il assuré. Selon lui, "il existe de multiples synergies entre les deux sociétés". Il s'est même dit prêt à envisager une direction commune.
"Tout oppose" les deux groupes, a répliqué M. Dollé, tant en termes de gouvernance, de stratégie et de valeurs que de performance en Bourse. L'OPA de Mittal est "opaque, destructrice de valeur et menaçante pour les salariés", a-t-il accusé, en critiquant les méthodes et le "modèle" de Mittal Steel.

Le ministre de l'Economie Thierry Breton, qui a reçu M. Mittal lundi matin, a craint que "les cultures des deux groupes" ne puissent pas "fonctionner et vivre ensemble".
Arcelor n'a "pas besoin de Mittal", a surenchéri M. Dollé, "nous ne sommes pas sur la même planète". "Nous pensons que le futur d'Arcelor est bien meilleur pour ses actionnaires et ses employés en restant seul", a-t-il dit.
Il n'a cependant pas été disert sur les moyens par lesquels Arcelor pourrait résister à cette OPA, qui offre aux actionnaires un prix alléchant. Interrogé sur l'appel à un "chevalier blanc", il a signalé ne pas discuter avec le japonais Nippon Steel.

Dimanche, le conseil d'administration du franco-hispano-luxembourgeois avait rejeté "à l'unanimité" l'offre de rachat de Mittal Steel, groupe basé aux Pays-Bas et contrôlé par l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal.
Alors que l'OPA de Mittal suscite des inquiétudes pour l'emploi, le patron d'Arcelor a estimé qu'une fusion avec Mittal "aurait des conséquences dramatiques pour les actionnaires mais surtout pour les salariés" du groupe.
Il a affirmé qu'à l'automne dernier, Mittal avait "annoncé la suppression de 46.000 emplois dans l'ensemble de ses installations, essentiellement à l'est de l'Europe".
M. Mittal s'est défendu en assurant qu'il n'envisageait "pas de réduction d'emplois" ni de "fermer des activités en Europe".
Thierry Breton a estimé qu'il n'y avait "aujourd'hui aucun projet industriel sur la table". Une affirmation récusée par M. Mittal selon lequel "la transaction est fondée d'un point de vue industriel".
Lakshmi Mittal doit rencontrer mardi le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
En Espagne, le ministre de l'Economie Pedro Solbes a déclaré que l'OPA suscitait "logiquement des inquiétudes" à propos de l'emploi.
De son côté, la Commission européenne a déclaré qu'elle examinerait ce dossier si elle était saisie, mais affirmé que les "subsides" et le "protectionnisme" étaient des politiques "du passé".
En France, le Parti Socialiste a appelé le gouvernement à se concerter avec ses voisins pour des "actions concrètes". Le Parti Communiste a demandé la saisie de l'Assemblée nationale "en urgence".
Une réunion de syndicats européens de l'acier aura lieu mercredi à Bruxelles pour élaborer une position commune.
Un mariage entre Mittal Steel et Arcelor constituerait la plus grande fusion jamais réalisée dans l'acier, avec un chiffre d'affaires combiné de 69 milliards de dollars en 2005 et le contrôle de quelque 12% du marché mondial.
AFP

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