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Baromètre éolien mondial de l’Eurobserv'er (2ème partie)

le 09/05/2010  |  EnergieConjonctureRéglementation

L'industrie éolienne mondiale, dont les principaux acteurs sont présentés dans le tableau 6, a pour l'instant été relativement épargnée par le resserrement du crédit dû à la crise financière. L'industrie est également de plus en plus soutenue politiquement, à travers les engagements nationaux en termes de réduction de gaz à effet de serre et les perspectives de création d'emplois.

Reproduction dans sa quasi-intégralité, du baromètre éolien établi par le cabinet de consultants EurObserv'ER pour la revue Systèmes Solaires. (Source : EurObserv'ER - octobre 2009).


L'éolien est de plus en plus considéré comme une valeur refuge par les investisseurs et par les banques car les risques financiers associés sont minorés du fait des systèmes d'incitation mis en place dans de nombreux pays. D'un autre côté, les montages financiers et la profitabilité des projets sont évalués plus durement, laissant de côté les projets moins rentables ou plus risqués. Certains projets ont ainsi dû être annulés, provoquant des chamboulements dans les carnets de commandes des fabricants.
Autre tendance du marché, le marché de l'éolien est depuis quatre ou cinq ans de plus en plus contrôlé par les gros investisseurs (utilities, compagnie pétrolière et grands producteurs indépendants). Le resserrement du crédit a notamment conforté la présence des grandes compagnies énergétiques européennes (RWE, Dong Energy, Vattenfall, Statkraft, Iberdrola, Enel, EDF, EDP ou E.ON) au détriment des producteurs indépendants qui ont dû leur céder une partie de leurs actifs.
Du côté des fabricants européens, une des solutions anti-crise a été d'investir dans de nouvelles capacités de production dans les pays où le marché éolien est en très forte croissance comme aux États-Unis, en Chine ou en Inde. Certains ont même été contraints de délocaliser une partie de leur capacité de production européenne vers ces nouveaux marchés.
L'industrie européenne est également particulièrement bien positionnée sur le très prometteur marché européen de l'offshore. Les industriels spécialisés sur ce marché ont mis au point de nouvelles machines, plus puissantes, plus productives et nécessitant moins de maintenance. Ils comptent bénéficier de leur avance technologique pour dynamiser leur croissance sur le marché européen.

Actualités des principaux acteurs

Vestas vise un revenu de 7 milliards en 2010

En 2009, l'industriel danois a produit et commercialisé 6 131 MW pour 3 320 turbines, soit à peu de chose près la même puissance qu'en 2008 (6 160 MW). Il devrait ainsi perdre des parts de marché face à ses principaux concurrents.
Bien qu'inférieurs à ceux es comptés, les revenus de l'entreprise sont en augmentation de 10%, à 6,6 milliards d'euros (6 milliards d'euros en 2008) pour un résultat d'exploitation de 856 millions d'euros, en hausse de 28%. Au final, les profits de l'entreprise ont atteint 579 millions d'euros, en augmentation de 13%. Fin 2009, l'entreprise employait 20 730 personnes dans le monde, 14 161 en Europe, 4 316 en Asie (Pacifique inclus) et 2 193 dans les Amérique.
Pour 2010, Vestas a revu ses perspectives de croissance à la baisse avec un chiffre d'affaires attendu de 7 milliards d'euros (contre une prévision initiale comprise entre 7 et 8 milliards d'euros) avec une marge d'exploitation de 10 à 11%. L'entreprise justifie cette baisse par le fait qu'une partie de ses commandes fermes (comprises entre 8 et 9 GW) seront effectuées en fin d'année, grevant une partie des recettes affectées en 2010.
Pour maintenir sa rentabilité, l'industriel a dû opérer des choix stratégiques comme dé localiser une partie de sa production du Danemark vers les deux principaux marchés porteurs à savoir les États-Unis et la Chine. Cette année, l'industriel a dû se séparer de 1 150 travailleurs danois et fermer une usine de fabrication de pales au Royaume-Uni employant 425 personnes. Aux États-Unis, il a investi 1 milliard de dollars dans quatre unités de production dans l'État du Colorado, deux pour la construction de pales, une pour la production de nacelles et une autre pour la production de tours.
Toutes devraient être opérationnelles cette année et produire 4 000 pales, 1 400 nacelles et 900 tours chaque année. La compagnie a prévu d'employer en 2010 quelque 4 000 personnes à travers l'Amérique du Nord. Vestas a également fortement investi en Chine dans son centre de production dans la zone de développement technologique et économique de Tianjin. Ce centre, inauguré en 2006 avec la construction d'une première usine de pales, est devenu une base complète de production d'éoliennes (na celles, générateurs, pales, systèmes de contrôle...).
Le montant des nouveaux investissements est de 220 millions de dollars, soit un total de 380 millions de dollars investi dans ce centre. À la fin de l'année 2009, le montant total investit par Vestas en Chine a dépassé les 439 millions de dollars (3 milliards CNY). En Europe, l'industriel est très présent sur le marché de l'offshore où il disposait fin 2009 d'une part de marché cumulée de l'ordre de 40 %. Il a décroché en août dernier une nouvelle commande de 55 unités de sa V90-3MW pour le parc belge de Bligh Bank qui sera situé à 46 km au large de Zeebrugge.
Sur le plan technique, l'industriel a commencé à commercialiser en février 2009 deux nouvelles machines, la V100-1,8 MW et la V112-3 MW, qui seront prêtes à être installées sur des sites faiblement et moyennement ventés en 2010 et 2011. Une version offshore de la V112-3M est également disponible, optimale avec des vitesses de vent jusqu'à 9,5 m/s. Un nouveau prototype de sa turbine V60-850 kW a également été présenté en avril 2009.
Cette éolienne , qui sera fabriquée dans l'usine chinoise Vestas de Hohhot, en Mongolie intérieure, a reçu une première commande en décembre 2009. Vestas travaille aussi sur le développement d'une éolienne offshore de 6 MW mais n'a pas encore précisé sa date de sortie.

GE Energy à la conquête de nouveaux marchés

Le fabricant américain, très bien positionné sur son marché national avec, en 2009, plus de 40% de part de marché (près de 4 GW installés), est en concurrence avec Vestas pour devenir le n° 1 mondial. En attendant le classement définitif des principaux constructeurs pour l'année 2009, GE Energy a décroché d'importantes commandes pour l'année 2010.
Il livrera par exemple les éoliennes du plus grand parc des États-Unis situé dans l'État de l'Oregon. Ce parc, d'une puissance de 845 MW, nécessitera un investissement de 1,4 milliard de dollars et sera équipé de GE 2.5xl, la nouvelle turbine phare de l'entreprise.
Le fabricant américain livrera également 101 turbines au groupe énergétique tchèque CEZ, qui prévoit de construire le plus grand parc éolien terrestre européen en Roumanie. Cette ferme de 600 MW, nécessitera un investissement de 1,1 milliard d'euros. GE est également présent sur le marché chinois. L'entreprise a annoncé le 12 janvier dernier avoir signé un contrat pour la livraison de 88 turbines de classe 1,5 MW à HECIC New Energy Co., Ltd, l'un des principaux développeurs éoliens chinois.
Cette commande équipera trois parcs terrestres d'une puissance cumulée de 132 MW. À ce jour, GE s'est engagée à fournir 895 turbines éoliennes de 1,5 MW à la Chine. GE a également décidé de s'implanter dans le très prometteur marché indien. Il construit actuellement sa première usine dans le pays, près de la ville de Chennai (sud-est du pays). Cette usine, qui produira la GE de 1,5 MW dès le deuxième trimestre 2010, sera dotée d'une capacité de production annuelle de 450 MW. L'entreprise, absente du marché de l'offshore depuis 2003 (année de construction du parc Arklow Bank en mer d'Irlande), a précisé son ré-intérêt pour le secteur en rachetant en octobre dernier le fabricant norvégien Scanwind pour 15 millions d'euros. L'intérêt pour le fabricant est d'acquérir la technologie «direct drive» qui présente de nombreux avantages pour ce marché, notamment sur le plan de l'usure des pièces.

Gamesa consolide ses positions

L'année 2009 a été un peu plus difficile pour le fabricant espagnol qui prévoit, au troisième trimestre, une possible diminution de ses ventes de 3 684 MW à entre 3 300 et 3 600 MW en 2009. Pour 2010, Gamesa prévoit de consolider ses positions sur les principaux marchés émergents. Pour cela, l'entreprise a commencé la construction de son premier centre de production à Chennai en Inde. Dotée d'une capacité de production initiale de 200 MW, l'entreprise espère pouvoir répondre au besoin du marché indien et des pays voisins.
Gamesa continue également d'adapter son offre de produits à la demande spécifique de chaque marché, en augmentant sensiblement la capacité de ses usines de production aux États-Unis et en Chine. Dans ce cadre, Gamesa a commencé la production de ses premières unités de la G90-2 MW aux États-Unis et porté au troisième trimestre sa capacité de production dans ce pays à 1 200 MW. Parallèlement, Gamesa a continué le développement industriel en Chine de sa G8x-2 MW en adaptant son unité d'assemblage de nacelles et de turbines, et en cherchant de nouveaux accords pour la fourniture de pales et de boîtes de vitesses via des partenariats stratégiques dans la région.
Ce développement devrait être finalisé durant le premier trimestre de 2010 et permettre à l'entreprise de disposer d'une capacité de production de 1 000 MW en Chine répartie sur deux plates formes de production sur son site de Tianjin : la G5x- 0.85 MW et la G8x-2 MW. Le marché chinois est particulièrement prometteur. Gamesa et son partenaire chinois China Guangdong Nuclear Wind Co ont signé en juin dernier un accord pour le développement de projets éoliens dans la région de Shandong portant sur 253 MW, livrables sur la période 2009-2011. Dans la foulée, Gamesa a signé un autre accord avec Huadian New Energy Development Co, pour la livraison de 300 MW (turbines G5x-850 kW et G8x-2.0 MW), également livrables sur la période 2009-2013, pour des projets situés dans la région autonome de Mongolie intérieure.
En Europe, Gamesa a en 2009 pleinement profité de la croissance de son marché national avec, selon l'association espagnole AEE, 845,2 MW installés, soit 34,4% de part de marché. L'entreprise est également très bien positionnée sur le marché italien, qu'elle considère comme un de ses marchés stratégiques. En 2009, l'entreprise a par exemple signé deux nouveaux contrats avec la compagnie italienne Enpower 3, pour la livraison et l'installation de 49 turbines G8x-2 MW pour les parcs de Cattolica et de Lercara 1. Elle se positionne aussi sur le marché roumain où elle a vendu 52 turbines de 2 MW pour trois parcs situés dans la région de Dobrogea.
Sur le plan technologique, l'entreprise a présenté en juin 2009 son nouveau prototype d'éolienne de classe 4,5 MW (la G10x- 4.5 MW). Son rendement annuel sera équivalent à la consommation de plus de 3 000 foyers. Elle disposera d'un diamètre de rotor de 128 mètres et d'une tour de 120 mètres de haut.

Enercon, une 7 MW sous surveillance

L'industriel allemand est le seul grand fabricant éolien indépendant et n'est pas coté en Bourse. Les informations relatives à l'activité de l'entreprise sont de ce fait plus difficiles à obtenir. Celle-ci devrait cependant avoir maintenu une croissance positive de son activité, boostée en partie par une augmentation de part de marché sur son marché national (60,4% de part de marché en 2009 selon le DEWI).
L'entreprise a fait les gros titres en novembre 2009 lors de l'inauguration des cinq premières éoliennes «direct drive» E126 de 6 MW du parc d'Estinnes en Belgique. Ce parc, qui comportera au final 11 machines, a la particularité d'accueillir les éoliennes les plus puissantes jamais commercialisées.
Qui plus est, ces machines seraient actuellement bridées et pourraient avoir une puissance nominale de 7 MW. Selon WindVision, client d'Enercon, le parc devrait produire chaque année autour de 187 GWh, une production suffisante pour alimenter quelque 50 000 foyers. L'entreprise est également très présente sur les marchés internationaux (Canada, Inde, Australie) et possède, en plus de ses usines de production allemandes (Aurich, Emden et Magdebourg), des unités de production en Inde, au Brésil, en Suède, au Portugal et en Turquie.

Sinovel en pleine ascension

L'ascension de l'industriel chinois est spectaculaire, portée il est vrai par la non moins spectaculaire croissance de son marché national. Selon le fabricant, Sinovel a livré 3300 MW en 2009, soit plus du double qu'en 2008. L'industriel fait de gros efforts en termes de recherche et développement pour combler son retard technologique sur le segment des éoliennes de classe multi mégawatts.
Il s'appuie pour cela sur un centre de recherche et développement employant quelque 200 personnes. L'an dernier, Sinovel a installé ses premières éoliennes de classe 3 MW sur le projet offshore «Shangaï East Sea project» et une trentaine d'autres étaient en cours d'expédition et de certification. L'entreprise compte sur cette vitrine technologique pour gagner des parts de marché à l'étranger. Sinovel peut également compter sur sa turbine SL-1500 déjà largement éprouvée.

Siemens sur tous les fronts

Le rachat par Siemens il y a un peu plus de cinq ans du fabricant danois Bonus est une réussite. Siemens Wind Power, qui a l'an dernier déplacé le siège de l'entreprise du Danemark à Hambourg en Allemagne, prévoit un chiffre d'affaires de près de 3 milliards d'euros en 2009 (2 935 millions d'euros) en forte progression par rapport à 2008 (2 092 millions). L'entreprise devrait avoir livré 2 500 MW en 2009 contre un peu moins de 2 000 en 2008. Le carnet de commandes de l'entreprise est bien garni puisque l'an dernier le fabricant allemand a reçu des commandes d'au moins 1 225 éoliennes pour une puissance excédant les 4 000 MW (terrestres et maritimes). L'entreprise est parfaitement bien positionnée sur le marché de l'offshore qui va exploser ces prochaines années.
Il s'appuiera pour cela sur sa deuxième génération d'éolienne offshore de 3,6 MW, la SWT-3.6-120. Il fournira par exemple les 140 unités de sa SWT-3.6 MW-107 au parc offshore de Greater Gabbard, qui deviendra, lors de sa mise en service prévu en 2011, le plus grand parc offshore jamais réalisé.
Il équipera également le parc offshore de London Array avec 175 autres machines de 3,6 MW. L'entreprise est également très active sur le marché terrestre. En septembre dernier, elle a décroché un contrat avec la compagnie écossaise Airtricity pour la livraison de 350 MW de turbines de classe 2,3 MW pour un parc situé à Clyde en Écosse. Siemens a aussi renforcé sa présence aux États-Unis où il a ouvert une deuxième usine, à Elgin dans l'Illinois (boîte de vitesses et autres composants). Cette usine nécessitera un investissement de 20 millions de dollars et emploiera 300 personnes. Siemens construit également sa première usine d'assemblage sur le sol américain. Elle sera située dans le centre-sud du Kansas et délivrera chaque année 650 éoliennes de classe 2,3 MW.
Siemens qui bénéficiera d'une aide à l'implantation de 5 millions de dollars, investira 50 millions de dollars et créera plus de 200 emplois. L'entreprise dispose par ailleurs d'une usine de production de pales dans l'Iowa. Siemens, qui est présent sur tous les fronts, investit également en Chine où il construit une usine de 60 millions de dollars dans la ville de Lingang, dans la partie est du port de Shangaï. Cette usine assemblera les nacelles et produira des pales pour ses éoliennes de 2,3 MW et de 3,6 MW pour le marché national et international.
Sur le plan technologique, Siemens s'est attaqué au monopole d'Enercon en installant, dans la ville de Brande au Danemark, un premier prototype d'éolienne sans boîte de vitesses, la SWT-3.0-101 DD (pour Direct Drive).
D'autres fabricants sont aussi très bien représentés sur les marchés européen et mondial. À l'instar de Sinovel, les fabricants chinois, Goldwind et Donfgang, sont très bien représentés sur leur marché national, de même que l'industriel indien Suzlon, également présent sur le marché américain. Suzlon profite également de la croissance du fabricant allemand Repower, dont il détient 91% des parts. Ce dernier, présent à la fois sur le marché terrestre et le marché offshore, a décroché en 2009 d'importants contrats, parmi lesquels une commande de 954 MW (477 éoliennes MM82/92) de EDF Énergies Nouvelles et de RES Canada pour des parcs destinés à être installés au Québec entre 2011 et 2015. Repower est également très actif sur le marché de l'offshore. Il développe actuellement une nouvelle machine d'une puissance de 6,15 MW basée sur la technologie de la Repower 5 M déjà commercialisée.
L'avenir de cette nouvelle turbine est déjà assuré avec la signature, en février 2009, d'un accord avec RWE Innogy portant sur la livraison de 250 éoliennes offshore. RWE Innogy a contractualisé en février 2010 la fourniture de 48 premières machines de 6,15 MW qui seront installées sur le parc de Nordsee Ost (295 MW de puissance) entre 2011 et 2013.
Parmi les autres acteurs européens, on peut citer Acciona Windpower qui dispose de trois usines de production de turbines d'une capacité de plus de 2 GW, deux en Espagne et une aux États-Unis dans l'Iowa. Acciona produit une turbine de 1,5 MW déjà vendue à plus de 2 200 exemplaires et lancera cette année sa première éolienne de classe 3 MW, la 3-MW AW 1500. On peut également citer le fabricant allemand Nordex, particulièrement bien implanté sur le marché français où il a installé 715 MW durant l'année 2009.
Nordex est aussi présent en Chine où il produit des éoliennes de classes 1,5 et 2,5 MW, spécialement dédiées au marché chinois. Il disposera prochainement de capacité de production aux États-Unis avec la construction d'une première usine dans l'État de l'Arkansas.
Cette usine d'assemblage de nacelles, d'une capacité de production de 750 MW, commencera à produire dans la deuxième moitié de l'année et sera complètement opérationnelle en 2012.

Union Européenne : plus de 11 000 MW attendus en 2010

Malgré la crise, le marché éolien de l'Union européenne a tenu toutes ses promesses en établissant un nouveau record d'installations. Pour cette année, la croissance du marché devrait rester positive malgré un environnement financier toujours difficile. Les principaux marchés européens bénéficient toujours de politiques de soutien très actives renforcées par la prise de conscience du grand public de la nécessité de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
Le marché pourra également s'appuyer sur le décollage attendu de certains marchés d'Europe centrale (Roumanie, Pologne) et sur la connexion attendue de plus de 1 GW offshore. Un autre élément favorable est la diminution attendue du coût des turbines, déjà amorcée en 2009 et qui devrait s'accélérer en 2010. Cette diminution a été rendue possible par une baisse importante du prix des matières premières (le prix de l'acier a par exemple été divisé par deux entre juillet 2008 et juillet 2009), mais également du fait d'une présence plus marquée sur le marché d'acheteurs disposant de grandes capacités financières, comme les grandes compagnies d'électricité.
Ces acteurs sont en effet capables de faire pression sur les prix en commandant de grandes quantités de machines. Cette diminution était attendue après plusieurs années d'augmentation continue du prix des machines (+ 40-50 % entre 2004 et 2008) du fait de l'augmentation du prix des matières premières et d'une demande continuellement supérieure à l'offre. Dans ces conditions, EurObserv'ER maintient ses prévisions de croissance du marché de l'Union européenne à 15% pour 2010, soit un parc cumulé de l'ordre de 86 000 MW(voir le graphique 4 page suivante).
À plus long terme, les professionnels de la filière éolienne sont encore plus optimistes. L'adoption de la nouvelle directive européenne a conduit l'EWEA à réévaluer ses objectifs pour l'Union européenne en 2020. Dans sa publication «Pure Power» de décembre 2009, l'EWEA estime réalisable à cette date une puissance installée de 230 GW dont 40 GW offshore, contre un objectif précédent de 180 GW.
Cette puissance permettrait en théorie de délivrer une production de 582 TWh (433 TWh terrestres et 148 TWh offshore), équivalent à la consommation moyenne de 131 millions de foyers européens, et suffisante pour répondre à 14,2% de la demande d'électricité. 333 millions de tonnes de CO2 pourraient ainsi être économisées chaque année.
Pour 2030, l'association a réévalué ses objectifs de 300 GW à 400 GW dont 150 GW offshore. Cette puissance correspondrait à la production de 1 155 TWh (592 TWh terrestres et 563 TWh offshore), équivalent à la consommation moyenne de 241 millions de foyers européens et répondant entre 26 et 34,7% des besoins en électricité des pays de l'Union européenne. Elle éviterait le rejet dans l'atmosphère de 600 millions de tonnes de CO2 chaque année.
Cette croissance nécessitera à l'échelle européenne des investissements colossaux en matière d'infrastructures réseaux, non seulement sur terre mais également en mer. Le marché offshore, en relayant le marché terrestre, devrait permettre de dynamiser la croissance européenne. Une autre publication de l'EWEA, «Oceans of opportunities», estime à 100 GW la puissance des parcs offshore existants ou en projets, capable d'apporter 10% de l'électricité européenne et d'économiser 200 millions de tonnes de CO2 chaque année.
Selon l'association, l'installation d'une telle puissance nécessiterait la mise en place d'un réseau paneuropéen interconnectant les différents parcs en mer du Nord et en mer Baltique. Un tel réseau permettrait aux pays interconnectés d'augmenter leurs capacités d'échange, améliorant la sécurité de leur approvisionnement.
Ses objectifs peuvent paraître lointains mais ils dépendront de décisions prises dans les prochains mois. Ce sont en effet les investissements réalisés dans les infrastructures réseaux dans les prochaines années qui détermineront le niveau de croissance de l'éolien et sa contribution aux objectifs de la nouvelle directive européenne.

Paru dans Enerpresse n° 10079 du Mardi 25 Mai 2010

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