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Banni par l’Etat, le fioul domestique se cherche un avenir dans l’huile de colza
Selon une étude de Sia Parner, le gisement de colza français suffirait à répondre aux besoins du marché du fioul domestique. - © Groupe Avril

Banni par l’Etat, le fioul domestique se cherche un avenir dans l’huile de colza

Augustin Flepp |  le 28/03/2019  |  ChauffageMaison individuelleArtisans100 % eau et énergie

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Avec le soutien du laboratoire Cetiat, la filière du fioul domestique (3 millions de logements individuels chauffés) lance une expérimentation à Lyon qui vise à incorporer un fioul composé à 10% d’EMAG de colza dans un parc de chaudières existantes.

Les professionnels du fioul domestique n’ont pas dit leur dernier mot. Suite à la volonté affichée par le premier ministre, Edouard Philippe, fin 2018, de sortir du chauffage au fioul individuel d’ici 10 ans, les principales fédérations professionnelles de la filière* ont exposé un nouveau plan stratégique visant à remplacer progressivement le fioul de nature fossile par du bioliquide de chauffage dès 2024.

Le secteur qui alimente trois millions de maisons individuelles et 400 000 logements collectifs traverse un contexte défavorable, entre prises de positions gouvernementales répétées contre le fioul domestique et l'image d'une énergie polluante et désuète auprès du grand public. A cela s’ajoute une très forte hausse de la trajectoire carbone jusqu’en 2022 qui risque de pousser les consommateurs et les entreprises à se détourner de cette énergie fossile.

Un verdissement tardif


La filière le reconnaît elle-même : elle a pris du retard à verdir son économie. « Si la majorité des filières énergétiques ont adopté une trajectoire de verdissement avec des objectifs quantitatifs à l’horizon 2030 et 2050, ce n’est pas le cas pour le fioul domestique », constate Charlotte de Lorgeril, membre du cabinet de conseil Sia Partners.

« Les efforts des professionnels se sont principalement concentrés dans la réduction des consommations, l’amélioration des rendements et une plus grande implication dans le dispositif des CEE », poursuit-elle. Depuis mars 2018, le secteur s’est engagé, avec le soutien de Sia Partners, à construire un nouveau plan stratégique articulé autour de quatre piliers : le verdissement des produits, les revendications fiscales, le marketing et le positionnement vis-à-vis du grand public.

Des produits vertueux

Pour maintenir son économie, la filière qui emploie 15 000 personnes lance en 2019 une expérimentation qui a pour but de substituer le fioul traditionnel par des produits composés à base d’huile de colza (EMAG ou Ester Méthylique d’Acide Gras). Cette ressource est aujourd’hui principalement utilisée dans la fabrication de biodiesel.

Mais, selon l’étude de Sia Partners, plusieurs facteurs feraient craindre des débouchés incertains : moins de véhicules diesel, concurrence féroce des importations… La filière du fioul espère donc se présenter comme l’un des nouveaux débouchés de l’huile de colza, dont le gisement français suffirait à répondre aux besoins du marché.

Autre atout mis en avant: l’EMAG de colza réduirait de 50% les émissions de GES dans l’atmosphère par rapport à un fioul domestique fossile. Un argument de taille que les professionnels ont l’intention de défendre auprès des pouvoirs publics.

Côté R&D, les efforts se concentrent sur deux types de produits qui pourraient être commercialisés dès 2020 : le F10 (composé à 10% d’EMAG de colza) et le F30 (composé à 30% d’EMAG de colza). « Dans le Rhône, le laboratoire d’essai Cetiat va tester pendant 8 à 9 mois l’incorporation de F10 dans un parc de chaudières existantes et réaliser une série de mesures portant sur le niveau de CO2, le rendement des appareils, les problèmes d’usures, la combustion… », a précisé au Moniteur Eric Layly, le président de la FF3C.

D’autres tests seront menés sur site ou en laboratoire à des proportions de 30 et 50%. A l’issue de cette phase, le bureau de normalisation du pétrole, sera chargé de créer une nouvelle norme pour les F10 et F30.

Une faible adaptation des chaudières


De plus, l’arrivée de ces nouveaux carburants dans les logements ne nécessiterait pas de lourdes adaptations, assure la filière. Les chaudières installées sont d’ores et déjà compatibles avec le F10. Concernant le F30, « pour les chaudières âgées de moins de 25 ans, un simple remplacement des brûleurs peut suffire », ont fait savoir les professionnels.
Selon le secteur, l’incorporation du F10 générerait un surcoût pour le consommateur de 2 à 2,5 centimes d’euros par litre et de 6 à 7 cts d'euros pour un F30.

Dans les prochains mois, la filière a l’intention de faire passer un amendement dans le cadre du projet de Loi de finances 2020, afin d’exonérer le bio-fioul de la TICPE (Taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques).

*Fédération Française des Pétroliers Indépendants (FFPI), Union Française des industries pétrolières (UFIP), Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage (FF3C)

Commentaires

Banni par l’Etat, le fioul domestique se cherche un avenir dans l’huile de colza

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Elodie

29/03/2019 15h:43

Enfin la France réagit face à la pollution en passant aux énergies renouvelables ! Moi aussi je me chauffe au fioul mais avec la hausse des prix, je vais réfléchir à l'huile de colza. En attendant, je passe depuis des années mes commandes sur POEMOP pour réduire mes factures.

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Jean

30/03/2019 07h:54

jean.lemonnier.13@neuf.fr

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johan

30/03/2019 09h:54

Bonjou à tous ! Cela aurait dû être esayé depuis longtemps ! Même si les cultures d'oléogineux françaises ne pourront jamais répondre à tous les besoins ,une incorporation telle que décrite reste réalisable.Surcoût au litre :à voir ;si les brûleurs deviennent progressivement plus économes ..Par expérience :d'Avril à Novembre,région ouest/France:j'ai expérimenté un diesel turbo (XUD7 90cv )fonctionnant à l'huile pure =aucun problème au contrôle moteur ,en fin de saison .Le seul :ce serait pour l'utilisation basse température :réchauffeur/carburant obligé .(tendance au figeage de l'huile végétale) .Inconvénient technique très facile à résoudre .(isolation cuve,par exemple) .

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