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Avec Vooter, les citoyens auront leur mot à dire

•Florent Lacas |  le 23/12/2016  |  ConjonctureArchitectureAménagementBouches-du-RhôneHauts-de-Seine

La start-up propose une plate-forme permettant à une mairie de consulter les citoyens sur les projets d'aménagement.

Consulter rapidement ses administrés sur la performance d'une infrastructure ou la réalisation d'un grand projet d'urbanisme. C'est l'une des raisons d'être de l'application Vooter, conçue par la start-up éponyme créée en 2015. Celle-ci se veut un outil de consultation citoyenne à destination des collectivités locales. Vooter est téléchargeable sur téléphone. Une mairie peut ainsi facilement poser des questions à ses administrés, qui peuvent y répondre en quelques clics.

Ses fondateurs estiment que cette solution simplifie la vie, non seulement des usagers, mais aussi des élus. « Côté collectivités locales, il n'est plus forcément nécessaire de mettre en place un sondage lourd sur Internet ou de commander une étude à un institut, explique Stéphane Béquin, cofondateur de la jeune pousse. Côté citoyens, il n'est plus obligatoire de se rendre à une réunion publique pour faire connaître son avis. » Vooter a d'abord travaillé avec la Ville de Bougival (Yvelines). Un an et demi après le début de l'expérimentation, 82 % des gens qui avaient téléchargé l'application l'utilisaient encore. « Dans cette ville, le taux de participation de la population aux enquêtes s'élève à 6 %, alors que ce ratio avoisine plutôt les 1 % dans le cas d'une étude “ classique ” », affirme Stéphane Béquin.

Boulogne-Billancourt en 2017. D'autres initiatives ont été menées à bien. Une consultation a été effectuée, à la rentrée 2016, avec Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) dans le but d'évaluer la qualité de l'écoquartier des Bords de Seine. En 2017, Vooter va s'engager avec la Ville de Boulogne Billancourt (Hauts-de-Seine). « Nous venons par ailleurs de remporter un appel d'offres avec EY pour la transition numérique de la communauté d'agglomération du Grand Poitiers », nous informe le jeune fondateur, diplômé de la Kedge Business School, à Marseille.

« Nous sommes approchés par des architectes ou des promoteurs qui s'intéressent à notre solution. »

L'arrivée de ce genre d'outil va dans le sens d'un mouvement plus général : la prise en compte de plus en plus marquée de l'avis des citoyens dans la vie publique, notamment dans la constitution des grands projets. Il est tout à fait envisageable que cela conduise les entreprises de construction à être davantage compétitive sur les dimensions qui touchent directement les riverains : organisation et déroulé des travaux, nuisances sonores ou émissions de poussières, par exemple. « Nous avons commencé par travailler avec des collectivités, mais nous sommes aujourd'hui approchés par des architectes ou des promoteurs qui s'intéressent à notre solution, observe Stéphane Béquin. L'idée de maîtrise d'usage fait son chemin, et notre solution peut répondre à ce type de problématique. » Vooter est hébergée depuis l'automne 2015 au sein de l'accélérateur So Digital, adossé à la structure Grand Paris Seine Ouest. Elle a remporté en juin le prix du public au concours de start-up de Futur en Seine. Après une première levée de fonds de 200 000 euros, il y a un an, auprès de capital-risqueurs, Vooter en prépare une nouvelle pour début 2017.

2015 Création.

200 000 € Première levée de fonds.

6 % Taux de participation des habitants de Bougival.

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PHOTO - 5128_330236_k2_k1_835740.jpg - © FRANCK BELONCLE / LE MONITEUR
L'avis de l'expert - Prometteuse

« La solution de Vooter répond à un vrai besoin de marché.

De plus en plus de bureaux d'études, collectivités locales, promoteurs sont impliqués dans des démarches de consultation.

Il y a toutefois de la concurrence sur ce segment d'activité.

Pour sortir premier, Vooter devra prendre une longueur d'avance, grossir et devenir une solution standard. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les gens, en moyenne, ne téléchargent pas plus de trois ou quatre applications sur leur téléphone. Une version web de leur solution serait peut-être pertinente. »

Thomas Le Diouron, cofondateur d'Impulse Partners.

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