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Avec Vinci, Veolia tente à nouveau une opération d'acquisition risquée

Defawe Philippe |  le 15/06/2006  |  France EnvironnementTransportsCollectivités localesSanté

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Après le récent échec de son raid sur son concurrent Suez, Veolia tente à nouveau aujourd'hui une opération de croissance, cette fois hors de son secteur d'activité, pour financer ses ambitions à l'international, alors que le groupe est encore fragile.

L'offre de "rapprochement amical" faite mercredi par Veolia au numéro un mondial de BTP Vinci a été aussitôt rejetée par l'intéressé, qui a qualifié la démarche d'"hostile" et a jugé le projet sans intérêt stratégique ni synergies.
Pour l'heure, le groupe de Henri Proglio a seulement "déploré" ce refus catégorique, sans dévoiler sa stratégie à venir.
Les analystes affichaient également jeudi leur scepticisme, ne voyant aucun sens industriel à un rapprochement qui reconstituerait l'ancienne Générale des Eaux. Selon eux, Veolia cherche surtout à mettre la main sur la manne des concessions autoroutières de Vinci.
"Veolia veut profiter de l'affaiblissement actuel de l'exécutif de Vinci pour faire son offre qui lui permettrait de trouver du cash et de se développer à l'international. Je ne vois pas bien l'intérêt de créer un gros conglomérat", a estimé un analyste d'une maison de courtage française.

L'offre de Veolia paraît également risquée sur le plan financier, selon les analystes. Après plusieurs années de restructuration, le groupe de Henri Proglio est encore endetté à hauteur de 14 milliards d'euros et il n'a renoué avec les bénéfices que depuis 2004.
Une source proche du dossier estimait que "comme Veolia n'a pas beaucoup de moyens, il serait probablement obligé de revendre une large partie des actifs de Vinci, ce qui serait considéré par Vinci comme un démembrement".

Pour un analyste, "Veolia ferait mieux de faire de vraies acquisitions dans son métier, l'énergie et l'environnement".
C'est ce qu'a voulu tenter Veolia au début de l'année, en préparant avec l'italien Enel un raid sur son concurrent Suez pour s'emparer de sa filiale belge d'électricité, Electrabel. Ce n'est qu'à la demande du sommet de l'Etat français que Veolia s'est retiré, en raison de la tournure hostile de l'opération.

Veolia, qui réunit 271.150 collaborateurs à travers 78 pays, est présent dans les domaines de l'eau, de la propreté, de l'énergie et pour une moindre part dans celui des transports.
Quant à Vinci, qui emploie 142.000 personnes dans le monde, il est à la fois constructeur de bâtiments, de grands ouvrages et d'infrastructures de transport et un gestionnaire de parkings, d'aéroports et d'autoroutes. Il est aussi présent dans le secteur des infrastructures d'énergie.
Leur mariage créerait "le leader mondial de l'environnement urbain et de l'aménagement du territoire", a estimé une source proche du dossier, pour laquelle le rapprochement se ferait sous forme d'une offre publique d'échange.
Les deux groupes pèseraient ensemble quelque 47 milliards d'euros de chiffre d'affaires et une capitalisation boursière de 34 mds EUR.
Béatrice Le Bohec (AFP)

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