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Avec son nouvel actionnaire, Spie maintient le cap sur l’économie verte
Gauthier Louette, P-DG de Spie - © © v.leloup/moniteur

Avec son nouvel actionnaire, Spie maintient le cap sur l’économie verte

Propos recueillis par Laurence Francqueville |  le 06/10/2011  |  InternationalGirondeEuropeHaute-GaronneLoire-Atlantique

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Le rachat de Spie à PAI par le fonds CD&R à peine finalisé, son P-DG Gauthier Louette confirme au Moniteur qu’il maintient son cap et trace sa feuille de route à trois ans : l'économie verte et la croissance, en France et en Europe du Nord.

Spie a été rachetée fin août par le fonds Clayton Dubilier & Rice associé à Axa Private Equity et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Vous avez profité d’une fenêtre de tir idéale ?

Effectivement. L’opération correspond exactement à ce que nous souhaitions faire, dans le bon timing et en préservant l’indépendance de l’entreprise. CD&B connaît notre univers, ne serait-ce que parce qu’ils sont actionnaires du distributeur de matériel électrique Rexel. De plus, ses cadres regroupent des financiers expérimentés et des anciens dirigeants d’entreprises comme ABB, Emerson Electric, General Electric… L’introduction en Bourse n’était pas crédible dans le contexte actuel. Mais elle reste un objectif à terme.

Le changement d’actionnaire modifie-t-il la stratégie de Spie?

Notre stratégie s’inscrit dans la durée et notre actionnaire la soutient. Nous avons fixé notre feuille de route à trois ans. Nous ne délaisserons pas la France, où nous continuerons de nous développer. Nous y avons d’ailleurs fait 9 de nos 11 opérations de croissance externe cette année. La dernière en date étant la reprise, fin septembre, de Sofip-Enelat, groupe composé de trois sociétés spécialisées dans l’installation électrique en logement collectif. Basées à Nantes, Bordeaux et Toulouse, elles affichent un chiffre d’affaires annuel de 21 millions d’euros. Mais notre objectif est de réaliser 50% de notre activité hors de France d’ici 2014 (contre 38% aujourd’hui), notamment en Europe du Nord dans les services multi-techniques régionaux. Plus précisément nous continuerons à densifier nos implantations dans les pays où nous sommes déjà présents, c’est-à-dire au Royaume-Uni, en Belgique et aux Pays-Bas dans l’ensemble de nos segments d’activités de manière à y équilibrer notre portefeuille et à le rendre acyclique. Nous voulons également nous positionner en Scandinavie voire en Allemagne. Cela pourra passer par des acquisitions significatives car il faut une certaine taille pour exister auprès des clients et attirer des talents. On espère pouvoir mettre cette stratégie en œuvre. Mais dans le contexte actuel, il faut être prudent et ne pas se fixer des contraintes de temps trop fortes.

Comment associez-vous les salariés à l’opération de rachat ?

370 cadres sont associés au capital à hauteur de 6,3 % (contre 250 auparavant). Mais nous allons reconduire, en l’élargissant, le dispositif d’actionnariat salarié pour associer le plus grand nombre  possible de salariés d’ici la fin de l’année. 24 000 salariés sont éligibles et j’espère que nous dépasserons les 10 000 souscripteurs. Au total c’est environ 10% du capital qui sera détenu par les salariés du Groupe.

Vous avez racheté à rythme soutenu depuis le début de l’année. De quelle enveloppe disposez-vous ?

Nous avons acquis environ 130 millions d’euros de chiffre d’affaires au travers de 11 opérations depuis le début de l’année. Depuis le rachat par PAI Partners via un LBO en 2006, nous en sommes à 60 acquisitions. Notre capacité de financement pour ce type d’opérations est d’environ 150 millions par an en raisonnant sur trois ans.

Votre activité connaît-elle un ralentissement suite à la crise de l’été ?

Pas pour l’instant. Sur les huit premiers mois de l’année, notre prise de commandes a progressé de 12% par rapport à la même période de 2010. Notre carnet de commandes, traditionnellement assez court (avec un montant moyen d’affaires de 12 000 euros en France) et récurrent, représente environ 6 mois d’activité. Si bien, qu’au début de l’année, nous avons une visibilité sur 85% de notre chiffre d’affaires annuel.  Ce dernier est en augmentation de 9% sur 8 mois (à 2,47 milliards d’euros).  La commande publique se maintient, en particulier dans les collectivités locales (éclairage public, électrification rurale…). Dans le privé, la situation est plus contrastée. Le tertiaire n’est pas très dynamique. Si les volumes restent corrects, la concurrence sur les prix est très vive sur ce segment de marché. Dans l’industrie, la reprise  semblait se confirmer tant en travaux qu’en maintenance mais la tendance pourrait s’inverser compte tenu du ralentissement économique. Nous n’observons pas d’impact sur notre activité pour le moment mais il n’est pas exclu que notre rythme de prise de commandes se tasse un peu d’ici fin 2011. Sur l’année, Spie devrait réaliser un chiffre d’affaires légèrement inférieur à 4 milliards d’euros contre 3,75 milliards en 2010.

La concurrence sur les prix entame-t-elle votre rentabilité ?

Nous essayons de garder raison et  privilégions les marges au volume. Nous veillons aussi à ne pas nous faire surprendre par la hausse des prix des matières premières en prévoyant des clauses de révision de prix dans certains contrats.

Sur quels types de partenariats public-privé intervenez-vous ?

Nous intervenons principalement sur des projets, de 10 à 15 millions d’euros, de rénovation de l’éclairage public associé à des engagements d’économie d’énergie. Les grands projets ne nous intéressent toujours pas en raison des risques et de la cyclicité qu’ils comportent. Nous cherchons l’efficacité et la rapidité et sommes très attentifs en amont aux attentes du client. Avec l’expérience, nos équipes sont de plus en plus à l’aise dans le « process » juridique et financier.

Croyez-vous toujours autant à l’économie verte malgré la crise?

Oui car cet engagement à long terme donne du sens à notre travail. Et nos clients s‘en préoccupent plus que jamais. 20% de nos activités sont déjà concernées par ce secteur, ce chiffre devrait atteindre 30% dans les années à venir, s’appuyant sur des partenariats stratégiques avec des acteurs de l’énergie et le développement d’offres innovantes dans le domaine de la performance énergétique. C’est maintenant une tendance de fond. Et plus le prix de l’énergie se renchérira, plus le retour sur investissement sera rapide. Pour l’éclairage public, l’intérêt est déjà évident pour les collectivités locales, le potentiel d’économies d’énergie pouvant atteindre 50%. Mais nous travaillons dans de nombreux autres domaines comme par exemple le véhicule électrique, les « datas centers », etc.

Et dans le nucléaire ?

Le programme d’extension de la durée de vie des centrales et les modifications apportées suite à l’accident de Fukushima nous apporteront une croissance modérée mais régulière de notre activité dans ce domaine en France. Nous y avons d’ailleurs conforté notre présence en rachetant cet été deux sociétés actives dans ce secteur : ATMN, spécialisée dans la maintenance des sites de production d’électricité, qui réalise 17 millions de chiffre d’affaires annuel ; et Reyes Industries, prestataire de services en électricité et automatisme industriel (30 millions de chiffre d’affaires). Nous attendons bien entendu la concrétisation du programme britannique de construction de centrales, où l’appel d’offres pour le premier réacteur est attendu pour la fin de l’année.

Spie en chiffres

3,75 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010 pour un résultat opérationnel courant de 192,3 millions

400 implantations dans 31 pays

28 600 collaborateurs

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