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Avec Londres Gatwick, Vinci devient le deuxième gestionnaire d’aéroport mondial
L'aéroport de Londres Gatwick, détenu majoritairement par Vinci depuis le 14 mai 2019, est le second aéroport londonien en termes de trafic passagers annuel (45,7 M de passagers). Il compte une piste unique où décollent et atterrissent 55 avions par heure, un record mondial. - © Jeffrey Milstein
Décryptage

Avec Londres Gatwick, Vinci devient le deuxième gestionnaire d’aéroport mondial

Florent Maillet |  le 14/05/2019  |  Majors du BTPVinciVinci AirportsConcessionsXavier Huillard

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Vinci finalisait ce mardi l’acquisition de la majorité de l’aéroport de Londres Gatwick, son plus gros actif désormais. Le groupe devient le 2e opérateur aéroportuaire mondial et réaffirme ses atouts en cas de privatisation d’ADP. Les concessions génèrent une large part de la marge du groupe, et représentent aussi un potentiel de travaux.

A une heure d’avion à peine de la capitale française et du dossier à rebondissement de la privatisation d’Aéroport de Paris (ADP), Vinci a pris officiellement le contrôle, ce mardi 14 mai 2019, de l'aéroport de Londres Gatwick.

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Ce nouvel actif, détenu à hauteur de 50,01%  –le solde reste aux mains du fonds américain GIP- s’affirme comme un joyau, et pas seulement par son prix, le plus élevé jamais payé par Vinci Airports (3,22 milliards d’euros, une opération financée par l’endettement). Londres Gatwick est aussi et surtout la deuxième plateforme du Royaume-Uni –derrière l’autre londonien, Heathrow, géré par l’espagnol Ferrovial- et la huitième en Europe, avec 45,7 millions de passagers accueillis en 2018.

Un volume qui permet à Vinci Airports de devenir le second opérateur aéroportuaire mondial –et premier groupe privé du secteur-, avec 240 millions de passagers, derrière l’espagnol Aena (285,2 M), et devant l’allemand Fraport (238,8 M) et le groupe ADP (226 M).

Propriété et concessions

Londres Gatwick (LGW) devient le 46e actif aéroportuaire de Vinci, présent sur trois continents, de l'Amérique au Japon en passant par l’Europe. Le leader européen du BTP et des concessions gère 12 aéroports en France, dont Lyon Saint-Exupéry et Nantes-Atlantique, pour un trafic cumulé de 20 M de passagers dans l'Hexagone.

« Vinci est propriétaire de LGW, comme c’est le cas pour nos dix plateformes portugaises, à 100% cette fois-ci, ou encore pour les aéroports de Belfast et Stockholm Skavsta », souligne Nicolas Notebaert. Les autres infrastructures sont détenues sur le modèle de concession pure et sur des durées longues, offrant une appréciable visibilité.

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Cette acquisition fait bondir la part de chiffre d’affaires des aéroports à 3,6 Mds € pour Vinci, contre 1,8 Md € à fin 2018. Une croissance qui va largement profiter au groupe, qui tire déjà près de 80% de sa marge des activités de concessions, avec «une priorité réaffirmée au développement dans le secteur aéroportuaire» (où la marge d’Ebitda se situe aux alentours de 60%) plutôt que dans les autoroutes, comme l’a répété Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci Concessions et président de Vinci Airports, dans le sillage de Xavier Huillard, le PDG.

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Programme de travaux

Si le décollage dans l’aéroportuaire profite au groupe dans son ensemble, il peut aussi, directement ou indirectement, bénéficier à Vinci Construction, les plateformes aéroportuaires étant aussi des maîtres d’ouvrage prodigues pour les travaux. Création de pistes, rénovation de bâtiments... Vinci Airports prévoit 4 Mds €  de travaux dans les 5 prochaines années, sans compter le milliard de livres déjà engagé par Londres Gatwick sur 3 ans. « Ces marchés feront l’objet d’appels d’offres classiques », indique Nicolas Notebaert. Libre donc, aux entités de Vinci Construction de candidater ou non.

Seule certitude : sauf grand projet, le groupe ne s’aventure pas dans les pays où il compte peu ou pas d’implantation pérenne. Les investissements de Vinci Airports attirent aussi et surtout les entreprises locales. Au Portugal, où ANA (filiale à 100% de Vinci Airports) gère depuis 2013 et pour 50 ans 10 aéroports, une majorité d'entreprises du pays devraient par exemple profiter des quelque 650 millions d'euros de travaux prévus pour développer et mettre à niveau la plateforme Humberto-Delgado, située à 7 km de Lisbonne. "Notre responsabilité est de faire vivre le tissu local dans son ensemble", souligne le directeur général de Vinci Concessions

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Grands projets

Mais un autre cas de figure peut se présenter dans les concessions d’aéroports, celui des marchés dit de « greenfield » : le contrat de concession (financement, exploitation…) inclut alors, dès le départ, des travaux de rénovation ou d’extension. « Dans ce schéma-là, nous travaillons de concert avec les autres entités de Vinci sur le dossier de réponse à appel d’offres  », indique Nicolas Notebaert.

Ce fut le cas à l’aéroport de Santiago du Chili, obtenu en concession en 2015 pour 20 ans. Le grand hub d’Amérique du sud (23,3 M de passagers) alimente les carnets de commande de Vinci Construction Grands Projets, qui y travaille en consortium avec l’italien Astaldi. « Nous y investissons un total de 1 milliard d’euros, pour un chantier en 17 phases débuté en 2015 et qui s’achèvera en 2021 », confie Nicolas Notebaert.

Le même schéma va s’appliquer, sur la plateforme de Belgrade, dont le contrat de concession de 25 ans a été bouclé le 22 décembre 2018. Vinci Construction Grands Projets, accompagné cette fois-ci d’un partenaire grec, va mener les travaux d’extension et de rénovation de l’infrastructure, inclus dans le deal. Le groupe français ambitionne d’ériger l’infrastructure de la capitale serbe en hub majeur en Europe du sud-est. Les travaux devraient démarrer dans l’année.

Vinci Airports se développera, même sans ADP

 

Interrogé mardi 14 mai sur la potentielle privatisation d'ADP, actuellement suspendue le temps de la procédure de Référendum d'initiative partagée (RIP)  Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci Concessions et président de Vinci Airports, a indiqué que Vinci aura les moyens de se développer dans les aéroports avec ou sans le groupe ADP. "Nous ferons du développement aéroportuaire, nous aurons des opportunités", a affirmé le dirigeant,  et "nous serions heureux de le faire dans notre pays à plus grande échelle".

Questionné sur l'opportunité même de la privatisation d'ADP (aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle, d'Orly et du Bourget), Nicolas Notebaert a souligné qu'il serait "dommage pour la France de ne pas consolider une activité de leadership mondial dans les concessions aéroportuaires". "Les aéroports de Londres attirent chaque année 170 M de passager, ceux de Paris seulement 100 M", a-t-il par ailleurs rappelé.

Mais si ce n'est pas possible, "nous ferons autre chose", a poursuivi Nicolas Notebaert. "Nous aurons des opportunités", a-t-il ajouté, en référence aux nombreux actifs détenus par des acteurs privés, comme des fonds, et qui pourraient être mis sur le marché. Le directeur général de Vinci Concessionsa notamment cité un appel d'offres à venir pour l'aéroport américain de Saint-Louis (Missouri). Vinci gère, depuis avril ,5 plateformes dans le pays.

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