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Autoroutes : la bataille d'OPA sur Abertis démarre sur fond de discussions à l'amiable
Florentino Perez, président d'ACS - © © FDV - GNU Free Documentation License

Autoroutes : la bataille d'OPA sur Abertis démarre sur fond de discussions à l'amiable

le 12/03/2018  |  Transport

Le gendarme espagnol de la Bourse a donné son feu vert lundi 12 mars à l’OPA d’ACS sur son compatriote autoroutier Abertis, déjà visé par l’italien Atlantia, officialisant ainsi une bataille qui pourrait cependant s’achever à l’amiable, les deux groupes ayant annoncé des négociations.

Le géant espagnol de la construction ACS, présidé par le patron du Real Madrid Florentino Perez, avait annoncé en octobre son offre publique d'achat sur le groupe de concessions Abertis, venant concurrencer celle lancée en mai par le spécialiste italien des transports Atlantia, dont le premier actionnaire est la famille Benetton.

La Commission nationale du marché de valeurs (CNMV) "a autorisé" lundi 12 mars l'offre publique d'ACS, formulée via sa filiale allemande Hochtief, sur "l'acquisition de 100% du capital social d'Abertis", dans un communiqué.

L'offre, fixée à 18,36 euros par action, valorise Abertis à 18,18 milliards d'euros. L'offre d'Atlantia, également validée en octobre par la CNMV, valorise Abertis à 16,3 milliards d'euros, soit 16,50 euros par action.

Abertis se présente comme le premier gestionnaire d'autoroutes au monde, avec "plus de 8.300 km dans 12 pays d'Europe et d'Amérique". L'appétit des investisseurs s'est aiguisé depuis qu'Abertis a renforcé sa position en France, son premier marché, en rachetant début 2017 l'intégralité de la Sanef, via laquelle il gère 1.760 km d'autoroutes dans le nord de l'Hexagone.

Mais alors que les marchés se préparaient depuis des mois à une bataille homérique entre l'Espagne et l'Italie, l'opération semble en passe de prendre un tour nettement moins belliqueux. Jeudi 8 mars, ACS et Atlantia ont annoncé être "en discussions" sur le sort d'Abertis, sans avoir encore atteint d'accord. L'idée serait de déposer "une offre conjointe ou n'importe quelle autre formule, pour arriver ensuite à un accord sur la répartition des actifs" d'Abertis, avait alors affirmé le quotidien économique espagnol Expansion, estimant que les deux groupes cherchaient ainsi à "éviter l'affaiblissement financier que supposerait une guerre d'offres". Selon l'agence Bloomberg, l'une des options sur la table est "la création d'une co-entreprise pour prendre le contrôle majoritaire d'Abertis".

Maintenir le "caractère espagnol"

Le feu vert du gendarme de la Bourse devrait faciliter la négociation car "la loi sur les OPAs permet que, une fois validée une seconde OPA, l'un des acheteurs potentiels se désiste et retire son offre", expliquent les analystes de Bankinter dans une note. Selon la presse espagnole, Atlantia pourrait donc retirer son offre au profit de celle d'ACS. Les deux groupes se répartiraient ensuite le portefeuille d'autoroutes gérées par Abertis à travers le monde, tout en maintenant le siège de la société en Espagne.

"La répartition finale n'est pas encore claire, mais il est probable qu'ACS prenne le contrôle de la partie espagnole des activités tandis qu'Atlantia cherchera probablement à acquérir la partie latino-américaine, où il possède déjà plusieurs actifs", estime Edouard Enault, analyste chez Alphavalue dans une note, soulignant que le sort des autoroutes françaises reste à éclaircir. "Cette formule permettrait d'éviter plusieurs écueils, notamment politiques et financiers" et permettrait de maintenir le "caractère espagnol" d'Abertis, estiment les analystes du site Estrategias de inversion.

Depuis dix mois, l'offre d'Atlantia se heurte aux réticences de Madrid, inquiet notamment du risque de voir passer sous contrôle étranger la société satellitaire Hispasat, filiale d'Abertis, gérant la majorité des télécommunications du gouvernement espagnol.

Abertis a enclenché début février le processus de vente de cette filiale, qui doit être approuvée mardi lors de son assemblée générale. Depuis le début de l'affaire, ni le groupe, ni son actionnaire principal, la puissante CaixaBank -troisième banque espagnole- n'ont commenté l'opération.

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