Entreprises de BTP

Auto-entrepreneurs : le doublement du plafond du chiffre d’affaires inquiète les professionnels du bâtiment

Mots clés : Concurrence - Création d'entreprise - Etat et collectivités locales - Gouvernement

Le plafond du chiffre d’affaires que doivent respecter les auto-entrepreneurs pour bénéficier de ce statut sera doublé en 2018, annonce le ministre de l’Economie et des finances Bruno Le Maire. La mesure provoque la grogne des professionnels du bâtiment qui dénoncent une concurrence déloyale. 

Chose promise, chose due. Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé sur le doublement du plafond du chiffre d’affaires annuel des autoentrepreneurs. Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, vient de confirmer sa mise en place. « La mesure figurera dans le projet de loi de finances [pour 2018, qui sera présenté en septembre] », a-t-il indiqué dans une interview accordée à nos confrères du groupe Ebra (DNA, Est Républicain, etc.).

Cette déclaration a provoqué une montée de boucliers chez les professionnels du bâtiment. « On double la capacité de concurrence déloyale envers les artisans et on encourage la fraude », dénonce Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB). « Surtout, c’est un nivellement par le bas et un coup porté à l’apprentissage. » En effet, les professionnels, qui se mettent sous le statut de micro-entreprise, travaillent généralement seuls.

 

Dégradation de l’image du secteur

 

Du côté de la Capeb, Patrick Liébus, le président de la fédération, estime que cette réforme risque de dégrader l’image d’un secteur déjà bien abîmée. « La multiplication des micro-entreprises crée des litiges de plus en plus importants dans le domaine de la construction, et cela donne encore plus une mauvaise publicité de nos métiers », s’inquiète-t-il.

Il faut dire que ce statut est très présent dans la construction. Selon l’Acoss (1), en 2015, 141 000 autoentrepreneurs étaient inscrits dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Et plus de la moitié d’entre eux déclaraient une activité économique, avec un chiffre d’affaires trimestriel oscillant entre 4 565 euros et 4 954 euros.

Pour rappel, le statut d’auto-entrepreneur permet aux entrepreneurs de bénéficier d’un régime fiscal et social simplifié. Si l’entrepreneur vient à dépasser un certain chiffre d’affaires – dont le seuil varie entre 33 200 euros (pour les services et professions libérales) et 82 800 euros (pour les activités de commerce et d’hébergement) – il passe alors à un statut d’entrepreneur classique. 

(1) Agence centrale des organismes de sécurité sociale

 

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