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Auscultation des digues : sur le Rhin, la fibre optique fait ses preuves
Le chantier a testé des trancheuses associées à des caissons préfabriqués : cette technique a permis une progression quotidienne de deux km. - © © Safege

Auscultation des digues : sur le Rhin, la fibre optique fait ses preuves

Laurent Miguet (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 08/01/2014  |  Ouvrage d'artEquipementCommunicationBas-RhinRhône

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L’auscultation de digues par fibre optique a franchi deux caps fin 2013 le long du Rhin : la plus longue canalisation jamais mise en œuvre dans ce but en France, soit 43 km, se distingue par une technique de pose expérimentée sur une partie du chantier pour concilier des gains de productivité et de fiabilité.

Depuis l’écluse de Gambsheim à 25 km au nord de Strasbourg, Voies navigables de France (VNF) surveille en temps réel, depuis la fin 2013, l’émergence de fuites sur les digues de deux biefs du Rhin canalisé. Le premier test confirme la fiabilité des informations transmises par des fibres optiques mises au point par la coopérative normande Acome, sensibles à des variations de température d’1/10°C, avec une précision métrique : la nouvelle installation identifie deux fuites bénignes, distantes l’une de l’autre de seulement quatre mètres, déjà repérées auparavant par l’exploitant à l’aide de piézomètres.

La traditionnelle pelle hydraulique limite la progression quotidienne à 300 m.
La traditionnelle pelle hydraulique limite la progression quotidienne à 300 m. - © © Safege

« La phase d’apprentissage en cours permettra de calculer les seuils d’alerte nécessitant des interventions », précise Alain Cassard, expert en ouvrages hydrauliques chez Safege, maître d’œuvre du projet de VNF qui associe les chercheurs de l’Institut national de recherches en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea), du Centre d’ingénierie hydraulique d’EDF et de l’allemand Kappelmeyer, expert en thermographie des sols.

Deux kilomètres par jour, au lieu de 300 mètres

Compte tenu de la fragilité des fibres, la qualité de la pose conditionne la fiabilité du système. A côté de la technique classique de creusement de tranchée par pelle hydraulique, puis d’enrobage des fibres dans du sable graveleux enveloppé dans un géotextile, le groupement d’entreprises Vinci-Cegelec-GTC-Kappelmeyer a testé la pose par trancheuse, associée à un caisson spécialisé, mise au point par son sous-traitant Marais. Alors que la pelle progresse de 300 m par jour, cette seconde option atteint un rendement quotidien de deux km. Safege et Geophyconsult se sont partagé le contrôle de la qualité de la pose, en particulier les soudures à chaud des caissons.  Pièce maîtresse du système préventif mis en place par Safege entre août 2013 et février 2014 pour deux millions d’euros HT, la fibre optique n’exclut pas les piézomètres, désormais spécialisés dans les pré-alertes en cas de montée des eaux et équipés d’antennes GSM : le réseau en comprend une trentaine.

Par rapport aux précédentes références et en particulier celle de Curbans (Alpes-de-Haute-Provence) mise en œuvre par EDF en 2011 sur 5 km le long du canal de la Durance, l’ouvrage rhénan se distingue non seulement par sa taille, mais aussi par la collecte passive des informations : « La méthode active, qui repose sur la dissipation de la chaleur par des câbles, présente un coût énergétique supérieur », précise Alain Cassard. Le saut technologique franchi dans le Bas-Rhin précède de nouvelles opérations annoncées par VNF sur les canaux de la Marne-au-Rhin et de la Loire. Le syndicat chargé des digues du delta du Rhône suit également le projet alsacien, de même qu’EDF, le long du grand canal d’Alsace en aval de Kembs (Haut-Rhin). « Equiper 100 % du réseau VNF n’est pas encore à l’ordre du jour, mais pas à pas, il faudra tirer le meilleur parti de cette référence », commente Eric Schmitt, adjoint au chef d’arrondissement fonctionnel de VNF à Strasbourg.

Un marché prometteur

En plaçant les digues sous le même régime juridique que les barrages, le décret de 2007 sur la sécurité des ouvrages hydrauliques incite les maîtres d’ouvrage chargés de la prévention des crues à suivre cette voie. Sur le Rhin, la pression réglementaire s’ajoute à un objectif de prévention calé sur des crues d’un temps de retour de 75 000 ans, au lieu de 1000. L’amortissement des investissements s’appuyer sur d’autres utilisateurs. L’avenir de la technologie repose aussi sur les secrets qu’elle recèle encore : « A partir de l’impact des variations de températures sur les lumières, on peut imaginer tirer d’autres informations de la fibre optique », espère Alain Cassard.

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