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Auch veut sortir de son pré

jean-marie constans |  le 01/08/1997  |  GersFrance LogementDroit de l'urbanismeRénovation

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Le chef-lieu du Gers s'appuie sur le désenclavement routier pour ouvrir la voie d'une diversification raisonnée. Parmi les priorités, le logement et des opérations d'urbanisme permettront de mettre en valeur le patrimoine architectural dans le centre ancien.

Le comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) du 10 avril, dernière sortie officielle du gouvernement d'Alain Juppé, en braquant les projecteurs médiatiques sur Auch, a permis au chef-lieu du Gers de sortir un instant du paisible anonymat dans lequel il se trouve généralement cantonné.

Certaines mesures annoncées dans ce cadre en faveur du département suscitent aujourd'hui, pour cause d'élections impromptues, quelques interrogations quant à leur réalisation. Ainsi, on ne verra pas l'implantation d'un centre de « rendez-vous citoyen » prendre le relais de l'Ensocat (Ecole nationale de sous-officiers et commissariat de l'armée de terre), dont la fermeture programmée est devenue effective depuis la fin du mois de juin.

Mais Claude Desbons, député-maire socialiste d'Auch, se veut confiant. « Il est certain que la fermeture de l'Ensocat, avec le départ d'une centaine de familles, représente un coup dur pour la ville. Mais nous négocions avec le ministère de la Défense pour trouver une solution alternative. » Il est vrai que l'armée, avec un centre de sélection où défilèrent, pour les fameux « trois jours », des générations de jeunes Midi-Pyrénéens, a toujours joué un rôle non négligeable dans l'économie de la ville. Auch, seule ville de plus de 5 000 habitants du Gers avec Fleurance et Condom, affirme sa vocation administrative au coeur d'un département dont la ruralité profonde n'est plus à démontrer : les agriculteurs représentent ici plus de 25 % de la population active, contre 5 % en moyenne nationale, et la majorité des cantons accueillent moins de 20 habitants au kilomètre carré.

Mais la petite capitale de la fière Gascogne n'entend plus se cantonner dans le seul pré d'un bonheur en Technicolor. « Le développement économique est désormais devenu une de nos priorités », affirme ainsi Claude Desbons.

Une volonté qui s'exprime, par exemple, à l'occasion de la réalisation de la déviation nord. Une opération liée à l'aménagement de la N124 qui traverse le département d'est en ouest, réclamé depuis longtemps par l'ensemble des élus et des socioprofessionnels.

Prévue pour une mise en service fin 1999, avec plus de 10 km et une vingtaine d'ouvrages d'art pour un coût global d'environ 200 millions de francs, la déviation passera à la lisière de la ville en libérant le centre d'un trafic parfois considérable en période estivale. Les appels d'offres pour les terrassements devraient être lancés d'ici à la fin de l'année. D'autres opérations sont prévues sur cet axe : déviation d'Aubiet, 8 km à deux fois deux voies pour un investissement prévisionnel de 210 millions de francs dont les travaux devraient être lancés courant 1998 pour se poursuivre sur le XIIe Plan, doublement de la déviation de L'Isle-Jourdain.

Des chantiers qui préfigurent la mise à deux fois deux voies de l'ensemble de l'itinéraire Toulouse-Auch, dont le principe avait été confirmé à l'occasion du CIADT, avec le lancement de l'enquête d'utilité publique dès le mois de septembre. « Nous ne sommes pas inquiets pour le suivi de ces opérations, dans la mesure où elles étaient prévues avant le CIADT, même si nous avons dû compter, les années précédentes, avec certains retards dans les crédits de paiement », indique Robert Salignat, directeur départemental de l'équipement. « Mais nous devons aussi songer à l'aménagement de la N124 vers l'ouest, en direction d'Aire-sur-l'Adour, dans la perspective d'un raccordement avec une future liaison autoroutière Bordeaux-Pau. Des crédits d'étude concernant une déviation de Nogaro vont être dégagés, permettant la présentation du dossier d'ici à un an. Par ailleurs, des travaux d'amélioration doivent être engagés sur la N21 Agen-Tarbes. »

Des PME dans les secteurs de pointe

S'il est attendu avec une réelle impatience, le désenclavement du Gers et de son chef-lieu ne représente pas à lui seul la solution de tous les problèmes du département. « Au-delà du secteur agricole, le Gers possède de réels atouts. La qualité de vie, les moindres coûts d'installation peuvent favoriser la venue de PME qui interviennent dans des secteurs de pointe, comme en témoignent, à Auch, les exemples de Positronic, spécialisée dans l'électronique, ou de Techniques avancées, un des leaders mondiaux dans le domaine des codes à barres. Mais cela ne représente que quelques centaines d'emplois industriels, et cette diversification demeure fragile. Il faut impérativement parvenir à l'amplifier », souligne André Daguin, patron du célèbre « Hôtel de France », cuisinier de renom et président de la chambre de commerce et d'industrie.

Après l'installation d'un Critt (centre régional d'innovation et de transfert de technologie) agroalimentaire, la CCI a obtenu, avec l'appui des collectivités territoriales, la création d'un CEEI (centre européen d'entreprises et d'innovations), seul du genre dans la région Midi-Pyrénées, et d'un Téléport, service de télécommunications au service des entreprises, financés par la Communauté européenne.

« Une liaison rapide avec Toulouse, si elle présente d'indéniables avantages, peut aussi révéler des effets pervers en amplifiant la force d'attraction de la métropole régionale », remarque pour sa part le maire d'Auch. « Nous devons nous attacher à promouvoir un développement endogène, en permettant l'extension de la zone d'activités d'Engachies le long de la déviation, mais il convient aussi de renforcer la fonction commerciale de la ville, en favorisant l'implantation sur la zone de Clarac de nouvelles enseignes, tout en cherchant un équilibre avec le centre ancien qui doit conserver un rôle de pôle de services et une attractivité renforcée », estime-t-il. Au-delà de la mise à niveau de certains équipements - une nouvelle station d'épuration, d'une capacité de 50 000 habitants doit être ainsi construite, pour un investissement de 37 millions de francs -, l'urbanisme constitue, dans cette logique, l'autre point fort de la politique municipale.

La révision du plan d'occupation des sols, définitivement adoptée d'ici à la fin de l'année, doit permettre une redéfinition des zones constructibles en fonction de prévisions de croissance démographique revues à la baisse. Après deux Opah - de 1983 à 1986 sur la ville basse et le centre ancien, de 1992 à 1995 sur la ville haute -, qui ont permis de réhabiliter respectivement 231 et 139 logements, avec l'appui du Pact Arim Midi-Pyrénées, une troisième opération programmée est en cours de lancement, qui concerne cette fois l'ensemble du territoire communal.

« Les interventions sur le logement devront s'efforcer, en relation avec les organismes d'HLM (office départemental et SA Gasconne d'HLM), de trouver un équilibre avec une demande en logement social qui trouve tout de même une réponse relativement satisfaisante dans les capacités du parc actuel », déclare Claude Bétaille, maire adjoint chargé de l'urbanisme et du logement.

Création de logements étudiants

Un effort a été accompli en direction du logement des jeunes, dans le cadre d'un PST (programme social thématique) « jeunes » qui a permis la réhabilitation de 105 logements, ou d'opérations visant à la création de logements étudiants, comme celle de l'îlot Montebello, menée avec l'office départemental, ou celle de l'îlot des Jacobins, avec la SA Gasconne, qui réserve aux étudiants la moitié des cinquante logements locatifs en cours de construction.

L'enseignement supérieur constitue en effet pour Auch un nouvel atout, même s'il demeure encore modeste, avec des formations BTS et un troisième département d'IUT opérationnel en 1998. Quant aux plus jeunes, ils bénéficieront d'un collège tout neuf, avec la création, sous maîtrise d'ouvrage déléguée de la SEM Gers, d'un nouvel établissement dans l'ancien bâtiment du Crédit agricole, en cours de restructuration, dans le quartier de la Réthourie.

Une opération de 8 300 m2 utiles pour un investissement de 36 millions TTC (architectes : Robert Frères, Auch ; BET fluides : Lomond-Faure, Toulouse ; BET structures : ERT, Toulouse ; économiste : Brosse-Raval, Auch), destinée à remplacer les locaux de l'actuel collège Sadi-Carnot.

L'action sur le centre-ville devrait enfin permettre de mettre en valeur le patrimoine architectural. Parallèlement à la restauration de la cathédrale Sainte-Marie, entièrement à la charge de l'Etat (42 millions sur dix ans), la ville a programmé la réfection de l'escalier monumental, où veille toujours la statue de d'Artagnan, qui mène jusqu'aux rives du Gers (architectes : agences Brousse et Robert Frères, Auch ; BET : Sores, Toulouse ; investissement prévisionnel : 15 à 16 millions ; appels d'offres à l'automne).

Une protection contre les crues

La rivière elle-même devra faire l'objet, après les protections contre les crues, d'un aménagement des berges sur les 4 km de son parcours urbain (architecte : Bruggeman-Delmas, Auch ; investissement prévisionnel : environ 7 millions pour une première tranche ; début des travaux : premier semestre 1998). Des projets qui permettront aux touristes comme aux Auscitains de mieux apprécier le charme d'une ville riche de son histoire millénaire, qui veut aujourd'hui s'ouvrir sur l'avenir.

Quelques chiffres

Population :

23 100 habitants.

Superficie de la commune :

7 247 ha.

Budget 1997 :

336,5 millions de francs

- investissement principal : 44,4 millions ;

- annexes (eau et assainissement) : 41,9 millions.

Taxe professionnelle : 18,01 %.

Taxe d'habitation : 12,51 %.

Foncier bâti : 31,73 %.

Foncier non bâti : 86,05 %.

PHOTOS:

La ville a programmé la réfection de l'escalier monumental qui descend jusqu'aux rives du Gers.

Avec plus de 10 km et une vingtaine d'ouvrages d'art pour un coût global d'environ 200 millions de francs, la déviation nord passera à la lisière de la ville en libérant le centre.

Claude Desbons, député-maire d'Auch : « Le développement économique est désormais devenu une de nos priorités. »

Un nouveau siège pour le Crédit agricole

A la fin du mois de septembre, la caisse régionale Pyrénées-Gascogne du Crédit agricole - l'un des gros employeurs du département - prendra possession de ses nouveaux locaux : 5 500 m2 de bureaux, service informatique et locaux techniques, avec quatre bâtiments en R + 1 et 200 places de parking, sur un terrain de 25 800 m2, près de la route d'Agen, pour un investissement de 45 millions de francs HT. Ce projet a été conçu par l'agence d'architecture Michel Joyau, de Montaigu (85), avec un système constructif modulaire. Fabriqués par la société spécialisée Cougnaud (La Roche-sur-Yon), les modules de 3 X 12 m sont transportés par convoi routier et montés sur place. Une solution qui permet de réaliser, selon le maître d'ouvrage, un gain de temps considérable - trois semaines pour la fabrication et l'aménagement en usine de l'ensemble des modules nécessaires, moins d'un an pour l'ensemble du chantier- et une économie évaluée à 10 millions de francs par rapport à une construction classique. Entreprise gros oeuvre : Bâtiment gascon (Auch). VRD : Scrap (Auch). Pare-soleil, surtoitures : Troisel (Fleurance). Electricité : Aygobère (L'Isle-Jourdain).

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ENTRETIEN YVES RISPAT président du conseil général « Un aménagement équilibré de l'ensemble du territoire »

Quels sont, selon vous, les atouts, mais aussi les faiblesses du Gers ?

yves rispat. Le premier atout concerne sans conteste la qualité de vie et la bonne image dont bénéficie le département. Au plan économique, la situation n'est pas mauvaise, avec un taux de chômage - moins de 9 % -, qui est le plus bas de toute la région Midi-Pyrénées. Et nous bénéficions, on le sait, d'une agriculture particulièrement dynamique.

Mais nous souffrons aussi d'un certain nombre de handicaps, notamment le problème du désenclavement, qui n'est pas encore réglé, et un vieillissement de la population qui risque de devenir préoccupant, surtout en milieu rural, pour les années à venir.

Quels sont vos dossiers prioritaires ?

La question des liaisons routières est d'actualité. Nous devons militer non seulement pour une liaison rapide Auch-Toulouse, mais aussi pour un prolongement vers l'ouest de celle-ci, comme pour le développement d'un axe nord-sud viala N21. Nous nous attachons également à maintenir et à améliorer un réseau départemental particulièrement dense, avec plus de 3 500 km de voirie essentielle pour irriguer les zones rurales, qui représente un investissement d'environ 100 millions de francs par an. Enfin, en liaison avec la chambre de commerce et d'industrie, nous nous efforçons d'oeuvrer, dans les limites de nos compétences, pour la diversification économique du département.

Le Critt agroalimentaire, le centre européen d'entreprises et d'innovations ou le Téléport, à l'élaboration desquels nous avons participé, représentent, à cet égard, d'excellentes choses. Je suis enfin particulièrement attaché à la politique des contrats de terroir, notamment en tant que vice-président de l'Anazorr (Association nationale des zones de revitalisation rurale), comme j'étais favorable à celle des pays, inscrite dans la loi Pasqua.

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