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Au Simi, les promoteurs touchent terre et se mêlent aux communs
Le hashtag ville nature sert de bannière aux acteurs français du programme européen Cité Vertes - © laurent miguet
Simi 2019

Au Simi, les promoteurs touchent terre et se mêlent aux communs

Laurent Miguet |  le 13/12/2019  |  ImmobilierGrand ParisParis

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Le programme Cités vertes de l’Union européenne est entré le 12 décembre sur la scène française de l’immobilier, par la grande porte du salon Simi à Paris. « Cette démonstration vers l’industrie immobilière marque le début d’un mouvement », annonce Pierre Darmet, secrétaire du Conseil international biodiversité et immobilier (Cibi).

L’idée d’un statut juridique pour les communs fait son chemin. Les acteurs du programme Cités Vertes de l’union européenne pressentent leur rôle clé dans la résilience urbaine, mais constatent le retard du droit pour répondre à la question posée par Me Olivier Ortega, le 12 décembre au Salon de l’immobilier d’entreprises (Simi) : « Comment sortir de l’innommé ? »

Limbes réglementaires

L’interprofession du végétal Val’hor et le Conseil international Biodiversité et Immobilier (Cibi) entendent débroussailler le sujet, comme l’indique le sous-titre de leur conférence conjointe : « Des arbres en pied d’immeuble aux infrastructures vertes, de nouveaux communs au service de la résilience ». L’avocat du cabinet Lexcity ouvre deux pistes pour sortir les communs des limbes règlementaires : le droit de la copropriété et celui des usagers.

Eric Donnet, directeur de Groupama Immobilier, situe l’enjeu économique caché derrière la recherche juridique : « L’innommé a découragé les banques et investisseurs institutionnels d’investir dans les forêts. Le long terme relègue ces dernières au rang de poubelle.  Nommer les choses peut permettre de les changer ».

Priorité à la pleine terre !


Bonne nouvelle pour le mouvement naissant : la puissance publique et les promoteurs privés pèsent de tout leur poids pour sortir les communs de l’innommé. Pilote du Schéma de cohérence territoriale à la métropole du grand Paris et jeune adjoint au maire de Rosny-sous-Bois, Ivan Itzkovitch assume des choix lourds de conséquences sur des échéances qui débordent largement du cadre d’un mandat municipal : « Priorité à la pleine terre ! Cette règle marquera les communs des 131 communes de l’aire dense de la métropole. Son application passera par des construction en hauteur ».

Leader français de la promotion immobilière, Nexity souffle sur les mêmes braises, par la voix de Flore Gaignard, directrice de projets : « A la Porte de Montreuil, tout le monde y gagne, quand nous réduisons la surface constructible au profit de la pleine terre. Après cette soustraction, l’opération immobilière n’a rien perdu en valeur ». Dans le village des athlètes des jeux olympiques et paralympiques, le promoteur utilisera ses emprises pour s’aventurer sur de nouveaux champs de la conception paysagère : des designers sonores l’accompagneront pour guider les malentendants « à travers les feuillages aux bruits susurrants », promet Flore Gaignard.

Retour vers le futur

Les projets grand-parisiens font écho aux visions mondiales développées par l’Italien Stefano Boeri : architecte dans cette agence internationale, Hana Narvaez a ébloui les invités du Cibi et de Val’hor, avec un bouquet de forêts verticales sur grand écran, dans les métropoles du monde.

Le futur des villes vertes n’en passe pas moins par les retrouvailles avec leur histoire : « Le courant hygiéniste du XIXème siècle avait déjà expérimenté des techniques revisitées aujourd’hui par l’écologie ou rebaptisées forêts urbaines », souligne le paysagiste concepteur Michel Audouy, dans un hommage à Jean Charles Adolphe Alphand, patron des espaces verts de Paris pendant 37 ans, entre la fin du second empire et le début de la IIIème République.

Les preuves scientifiques des services rendus par les infrastructures vertes offrent une chance historique, pour tirer le meilleur parti des compétences et des volontés rassemblées par Val’hor et le Cibi. « Pour la première fois, la nature se positionne sur les services historiquement dévolus aux infrastructures », se réjouit Jean-Marc Bouillon, président du fond de dotation Intelligence Nature.

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