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AU RISQUE DE L A COULEUR

le 24/05/2018  |  ProfessionArchitectureCultureTechniqueBâtiment

Si la couleur offre un terrain d'expérimentation artistique, son application pérenne peut faire débat. Son usage dans l'architecture d'intérieur témoigne d'une audace nouvelle : les tons vifs, parfois dans des motifs marqués, tapissent désormais les surfaces de lieux aussi inattendus que les hôpitaux ou les prisons.

La couleur reste une notion fugace, difficile à cerner car multiple, irrationnelle. Ainsi que l'annonce Goethe dans sa Théorie des couleurs, fruit de quarante années de recherches, elle appartient à l'œil de l'individu, une perception sensorielle qui semble n'exister que dans notre cerveau et varie selon l'exposition à la lumière, l'intensité de l'éclairage, le choix du matériau. Le Corbusier s'est emparé du sujet, en développant sa propre palette chromatique pour dramatiser l'architecture et apporter de la tension entre différents éléments constructifs. Cette polychromie reposait sur un clavier de base de 43 couleurs plutôt naturelles créé en 1931, suivi en 1959 d'un second clavier de 20 teintes plus saturées. Destinés à s'agencer de façon harmonieuse, ces 63 coloris influencent toujours l'aménagement intérieur : ils se déclinent aujourd'hui sous plusieurs licences, peintures et revêtements muraux, parquets, moquettes, etc. C'est au mouvement moderne De Stijl que Sabine Marcelis a rendu hommage avec son pavillon néerlandais dessiné pour le festival de Cannes en 2017.

Chaque élément de mobilier reprend l'une des trois teintes de l'œuvre de Mondrian Composition en rouge, bleu et jaune (1935). Les lignes noires qui structurent la composition picturale deviennent l'armature des meubles et les aplats de couleurs se transforment en volumes, qui, selon l'angle, prennent des effets vibratoires ; le tout, dans un environnement blanc amplificateur. Dans le cadre de l'exposition « Oh couleurs ! », présentée l'an dernier au musée des arts décoratifs de Bordeaux, la graphiste hollandaise Irma Boom a conçu un papier peint représentant le spectre colorimétrique de la ville. Les teintes terreuses de la Garonne se mêlent aux ocres clairs des façades de pierre, au rouge soutenu du vin ou au vert de la végétation de la rive droite.

De la cartographie au scénario

La perception est aussi question d'environnement culturel. Alors qu'elle était jeune étudiante au Japon, l'architecte française Emmanuelle Moureaux a eu la révélation de la puissance structurante de la couleur dans l'espace urbain. Elle explique combien les centaines de teintes de Tokyo, paysage qui superpose volumes, câbles, panneaux, lui « donnaient l'impression de flotter » [...]

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