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Au Brésil, Sao Paulo veut retrouver son prestige d’antan
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Au Brésil, Sao Paulo veut retrouver son prestige d’antan

Defawe Philippe |  le 20/06/2005  |  InternationalCultureEuropeProfessionArchitecture

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Sao Paulo est lassée de sa réputation de mégalopole invivable, où rien ne subsisterait des beaux palais et monuments de l'âge d'or du début du 20ème: un programme a été lancé pour redonner au centre le lustre d'antan malgré de gros problèmes sociaux.

Ancien ministre et ex-ambassadeur, industriel du plastique, Andrea Matarazzo est depuis janvier sous-préfet de Sé, le quartier du centre. Ce descendant d'une des familles italiennes fondatrices de la ville est intarissable sur sa "mission" qui semble quasi-impossible tant le délabrement du quartier est avancé.
"Pour moi, c'est un projet très important, c'est là où je suis né. L'origine de ma famille est ici. Elle a contribué énormément à Sao Paulo sur les plans industriel et culturel: mon oncle Cicillo a créé la Biennale, le Musée d'art contemporain, le Musée d'art moderne et le parc Ibirapuera", a expliqué à l'AFP M. Matarazzo.
Le sous-préfet, nommé par le maire (préfet) José Serra (centre-droit), se souvient du centre de son enfance qui "était déjà plus commercial que résidentiel mais où se trouvaient les grandes administrations, les grandes banques, les avocats, etc..".
Sa dégradation est le produit d'une croissance trop rapide: "quand mon grand-père est arrivé de Salerne, il y avait 100.000 habitants dont 70.000 Italiens, dans les années 70/80, trois à quatre millions, et maintenant ils sont huit millions".

L'objectif est que les gens reviennent travailler et surtout habiter au centre. "C'est un défi fantastique, mais c'est possible", estime ce passionné de moto et de vitesse, prévoyant des résultats "d'ici quatre ans".
M. Matarazzo a repris une partie des projets de la municipalité sortante de Martha Suplicy (gauche) qu'il a fait réviser par des architectes et urbanistes. La relance du centre est appuyée par une aide de 140 millions de dollars de la Banque interaméricaine de développement.
L'une des priorités est l'assainissement de "Cracolandia", ainsi surnommée à cause des méfaits du crack: "en trois mois, on a fermé les magasins illégaux et les hôtels remplis de trafiquants", a indiqué M. Matarazzo, soulignant aussi l'intensification des patrouilles policières et du ramassage des ordures.

Dans cette zone proche de la gare de la Luz, il voudrait attirer la prestigieuse Fondation Getulio Vargas ou d'autres universités.
"Il faut repenser la ville en visant les jeunes", a confirmé Gian Carlo Gasperini, architecte conseil de la municipalité. "Il faut une nouvelle mentalité, que les gens comprennent l'avantage à habiter au centre: proximité des activités culturelles, des bâtiments publics, des banques et commerces".
Pour M. Gasperini, la revitalisation vise aussi les retraités "qui n'ont rien à faire en banlieue, à plus d'une heure du centre".

Autre idée phare de M. Matarazzo et son équipe: la création d'un pôle d'entreprises high-tech (télécommunications, bio-technologies) qui bénéficieraient, dans le centre, d'une fiscalité favorable.
Inspiré par les métamorphoses réussies de Chicago, New York ou Beyrouth, M. Matarazzo démarche groupes immobiliers, banques et les investisseurs privés potentiels pouvant s'associer à sa "mission".
Les ambitions de cet homme énergique, qui se défend de vouloir chasser les pauvres d'une ville "naturellement mixte sur le plan racial et social", inquiètent les mouvements sociaux comme le MMC (Movimento de Moradia Centro-SP).
Celui-ci squatte depuis 1997 un édifice gouvernemental abritant 265 personnes dont 75 enfants et adolescents scolarisés par des ONG.
"Nous occupons l'immeuble car il n'y a pas de politique pour les gens à faibles ressources. La rénovation du centre exclut ces populations", a dénoncé Edson Negrao, coordinateur du MMC.
Selon lui, quatre autres mouvements mènent des actions similaires mais "personne ne nous écoute que ce soit au niveau de la municipalité ou du gouvernement régional".

Françoise KADRI (AFP)

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