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Attention fragile !  Prevenir  les collisions engins/pietons
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Attention fragile ! Prevenir les collisions engins/pietons

Erick Demangeon |  le 17/06/2011

La co-activité hommes/machines induit un fort risque d’accident sur les chantiers. Technologie et organisation permettent de le réduire.

Malgré les progrès techniques accomplis et les formations dispensées, les accidents causés par des engins mobiles aux personnes travaillant à proximité restent nombreux. Sur ces dix dernières années, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) recense 79 collisions engins/piétons dans le BTP, motelles pour la plupart, avec la co-activité comme cause principale. « La première prévention consiste à appliquer des mesures organisationnelles. Puis vient l’amélioration de la visibilité du conducteur à l’aide de rétroviseurs, caméras, antéviseurs, et le signalement des manœuvres de l’engin avec avertisseurs sonores, lampes à éclats, etc. », insiste Hugues Decoudun, directeur de la prévention chez Colas. « Une fois ces mesures mises en œuvre, des outils techniques complémentaires comme des détecteurs de personnes peuvent s’avérer pertinents, à condition de bien spécifier son besoin en amont », ajoute Pascal Lamy, chef du projet de recherche Prévention des collisions engins/piétons de l’INRS, prévu jusqu’en 2012.

Reconnaissance visuelle

Inspirés de l’industrie automobile, les dispositifs de détection des personnes sont basés sur différentes techniques (laser, ondes radio, vision numérique, ultrasons et radar) couplées à une alarme visuelle ou sonore. « Aucune ne répond à elle seule à l’ensemble des situations à risques à l’origine des collisions engins/piétons. L’outil universel n’existe pas, seule une combinaison d’actions permet de réduire le risque », conclut l’INRS rejoint dans ce constat par Colas et Eurovia à travers Franck Ollivier son directeur de la prévention. Très sensible aux rayons lumineux, le scrutateur laser par exemple détecte tous les obstacles dans sa zone de détection. Poussières, fumées et vapeur d’eau comprises, ce qui multiplie les déclenchements d’alertes intempestifs. Les ultrasons ont d’autres points faibles : temps de réponse longs, zone de détection étroite et sensible aux obstacles, parasitage possible, sensibilité au vent… Très fiables à l’inverse, les ondes radio nécessitent le port d’un badge, ce qui impose l’identification de toutes les personnes susceptibles de se trouver à proximité de l’engin. « Le respect de cette obligation s’avère impossible sur des chantiers urbains », constate Franck Ollivier. Même en rase campagne la gestion des badges, en tenant compte de la mobilité des matériels, représente une nouvelle responsabilité à planifier. La reconnaissance visuelle semble aujourd’hui la solution la plus aboutie : des caméras numériques couplées à un logiciel de traitement d’images capables de distinguer une silhouette humaine dans un décor changeant. Cette piste est développée par l’INRS et par la société Arcure. Au stade du prototype chez le premier, avec un modèle baptisé Blaxtair chez le second, commercialisé depuis fin 2010 et « aujourd’hui en test chez plusieurs grands noms du TP », confie Patrick Mansuy, P-DG d’Arcure. Selon l’INRS, au moins un de ces systèmes de détection aurait été utile dans 60 % des collisions recensées… à condition de gérer les nouveaux comportements à risques associés dont « la baisse de vigilance du conducteur ». Trop aidé, l’homme délègue sa vigilance aux automates qui, eux non plus, ne sont pas infaillibles.

Graphique : Dangerosité relative des engins de chantier

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