En direct

« Attention à ne pas renforcer la fracture territoriale »

Propos recueillis par Jean-Philippe Defawe |  le 20/04/2018  |  Collectivités localesLoire-AtlantiqueMaine-et-LoireSartheFrance entière

Entreprises -

Entretien avec Régis Rousseau, président de la FFB des Pays de la Loire.

Dirigeant d'une entreprise de construction bois de 120 salariés près d'Angers et président régional de la Fédération française du bâtiment (FFB), Régis Rousseau fait le point sur la situation des entreprises.

L'année 2017 aura été marquée par l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Comment avez-vous vécu cette annonce ?

Nous avons pris acte de cette décision. Ce qui nous gêne est le déni de démocratie puisque ce projet avait été voté, à droite comme à gauche, et validé par les acteurs économiques et les électeurs de Loire-Atlantique. Mais nous sommes beaucoup moins impactés que les travaux publics. Et comme tous les grands projets, celui-ci concerne davantage les majors que les entreprises de bâtiment.

La reprise dont on commence à parler est-elle une réalité pour le bâtiment régional ?

Il y a une reprise, c'est une certitude. L'année 2017 aura été bonne, tous secteurs confondus. Cette tendance est davantage marquée sur le gros œuvre avec une progression de 5,8 % sur un an, mais le second œuvre est également bien orienté avec une croissance de 4,6 %. Les carnets de commandes sont plus remplis car les entreprises ont retrouvé une certaine rentabilité. Elles répondent heureusement moins à des marchés pour lesquels elles ne sont pas les plus aptes et sur lesquels elles perdent inévitablement de l'argent. Autre bon indicateur, les dépenses d'investissement ont bondi de 11 %.

C'est le signe d'un retour de la confiance et, pour 2018, les prévisions d'investissement devraient tourner autour de + 6 %. Globalement, les prévisions 2018 sont à l'image du regain d'activité observé en 2017, mais les productions devraient croître à un rythme moins soutenu. Nous restons d'ailleurs prudents, notamment en raison d'une double pression : celle des fournisseurs sur les prix des matériaux et celle des salariés sur les rémunérations. Sur certains postes d'encadrement intermédiaire comme les conducteurs de travaux, nous constatons un vrai phénomène de mercato.

Le secteur peine donc toujours à trouver la main-d'œuvre.

C'est un sujet de préoccupation constant. Dans le bâtiment, les offres d'emploi non satisfaites sont trop nombreuses.

Cette pénurie de candidats s'explique notamment par le manque de formation, d'expérience et de motivation. Pour autant, face au nombre de chômeurs inscrits sous l'intitulé BTP à Pôle Emploi, on peut s'interroger.

De ce point de vue, que pensez-vous de la réforme de l'apprentissage ?

Il fallait faire quelque chose et cette loi va rebattre les cartes.

Nous avons été écoutés et les branches vont pouvoir reprendre la main sur le contenu des formations. Les CFA pourront proposer des formations davantage en adéquation avec les besoins des entreprises. La réforme est équilibrée et la région n'en est pas complètement écartée. C'est une bonne chose, surtout dans les Pays de la Loire où l'on a toujours traité cette question de façon partenariale.

Craignez-vous que la reprise ne profite pas à tous les territoires ?

Nous souhaitons une action forte et globale pour lutter contre le déclin des territoires ruraux. De ce point de vue, nous en sommes loin. La modification du dispositif Pinel et de son périmètre - Angers et Le Mans n'en bénéficient plus - aura des conséquences sur le marché du logement. Sur cette question, au sein de la FFB, nous sommes quelques-uns à penser qu'il faut laisser faire le marché. Si la logique du gouvernement est de considérer que ce dispositif coûte trop cher, pourquoi alors ne pas le supprimer complètement et redistribuer l'argent différemment ? Et surtout, pourquoi le réserver aux métropoles déjà largement dynamiques comme Nantes, ce qui ne fait qu'accroître la pression sur le foncier ? Cette modification du Pinel, ainsi que celle du PTZ, renforcera la fracture territoriale déjà flagrante. Les besoins en logements et en rénovation sont pourtant bien réels dans les territoires ruraux.

PHOTO - 12557_766535_k2_k1_1817515.jpg
PHOTO - 12557_766535_k2_k1_1817515.jpg

Commentaires

« Attention à ne pas renforcer la fracture territoriale »

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX