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Assurance-construction : SFS entre à nouveau en zone de turbulences
SFS connaît un nouveau coup dur avec les annonces de son actionnaire majoritaire. - © © Site internet SFS France.

Assurance-construction : SFS entre à nouveau en zone de turbulences

Aurélie Nicolas |  le 14/02/2018  |  RéglementationAssurance construction

Le néo-zélandais CBL annonce son retrait du marché français de l’assurance construction. Une décision qui impacte directement SFS, détenu à 71% par CBL. SFS va maintenant devoir trouver un repreneur s’il veut poursuivre ses activités.

« Bien que rentable, l’activité long terme d’assurance construction sur le marché français consomme beaucoup de capital sur une longue période. (…) Nous allons nous recentrer sur des activités de court-terme qui nécessitent moins de capital ». C’est en ces termes que le groupe néo-zélandais CBL Corporation a annoncé son retrait (« run-off ») du marché hexagonal, dans un communiqué du 13 février. Il semble que CBL n’ait pas mesuré les conséquences de la spécificité de la « décennale » et du marché français.

A partir d’avril 2018, dans un peu moins de 3 mois donc, le groupe cessera, comme Elite l’été dernier, de souscrire des affaires nouvelles, tout en souhaitant « la continuité des contrats en cours ». CBL souligne aussi dans son communiqué que l’activité d’assurance construction étant « profitable », il envisage la vente de sa part (71%) dans le capital du groupe SFS.

 

Une activité de long-terme trop exigeante en capital


Créé en 1974, CBL Corporation est présent sur le marché français de l’assurance construction depuis près de 10 ans, et travaille essentiellement avec les intermédiaires SFS et EISL. Suite à la décision du fondateur de SFS, Patrice Gilles, de vendre ses parts et de se retirer des affaires, CBL avait profité de l’occasion au cours d’une transaction avoisinant les 94 M€. Réassureur d’Elite Insurance et d’Alpha Insurance, assureurs partenaires de SFS, et fournissant aussi directement des garanties financières à SFS en tant qu’assureur (principalement risques de caution et de sûreté financières), CBL avait officialisé ce rachat en janvier 2017.

SFS se félicitait alors de rentrer dans un groupe « coté sur les places boursières d’Australie (ASX) et Nouvelle-Zélande (NZX), affichant un résultat solide pour l’exercice 2016 et bénéficiant d’une note de solidité financière de « A-«  (« Excellente ») par l’agence de notation A.M. Best. Mais la réalité est moins glorieuse.

La conclusion logique d’une suite d’événements


Car ce « run-off » de CBL est la conséquence logique d’une suite d’évènements, dont le premier a été l’annonce par CBL de la suspension de son cours de bourse le 4 février, suivie le lendemain par l’annonce d’un passage de 144 millions de dollars néo-zélandais (M$NL) en perte sur leurs comptes. Le groupe a ensuite lancé un mandat pour trouver 100 M$NL sur le marché.  Ce qui avait conduit A.M Best à rétrograder de 3 rangs la notation de CBL.

Enfin, le régulateur néo-zélandais a confirmé le 8 février la suspension du cours de bourse de CBL, et a ouvert une enquête pour diffusion d’information frauduleuse, sous-entendant que le groupe savait qu’il sous-provisionnait les risques pris sur le marché français, sans le mentionner aux actionnaires. L’enquête est toujours en cours…

Trouver un acquéreur


Pour SFS, c’est un nouveau coup dur après la mise en run-off d’Elite en juillet 2017, puis la sanction de l’autorité de contrôle du Luxembourg. Toujours en attente de la décision de l’ORIAS quant à sa demande d’agrément pour SFS France Courtage, le groupe va réunir un conseil d’administration d’urgence la semaine prochaine pour évoquer un avenir qui semble incertain.

Antoine Guiguet, directeur général du Groupe SFS et Gérard Marichy, président de SFS France Courtage, détenteurs à eux deux de 29% du capital, vont devoir trouver une solution ou un nouvel acquéreur, qui ne sera probablement pas l’un des grands assureurs français, échaudés par les risques qu’ils jugent « sous tarifés » par SFS. En attendant, les garanties restent acquises pour les assurés de SFS.

Quelles conséquences concrètes pour les assurés ?

> Le retrait de CBL Corporation de la France

Comme pour Elite début juillet, le « run-off » de CBL Corporation signifie son retrait du marché francais. En clair, le groupe cesse de souscrire des affaires nouvelles ?à partir du 1er avril. Jusqu'au cette date,  les assurés sont couverts et les sinistres seront payés. Après cette date, les assurés doivent trouver un autre assureur. Tous les renouvellements, eux, cesseront à compter de juin prochain, sous réserve de l'approbation des organismes de réglementation. Le groupe a par ailleurs indiqué qu’il assurera la continuité des polices souscrites ainsi que la gestion des sinistres à venir.

>La volonté de CBL de vendre ses parts (71%) au capital de SFS

Si CBL arrive à vendre, il y aura donc un nouvel actionnaire majoritaire chez SFS. Celui-ci qui reprendra logiquement les contrats à son nom, et les assurés n'auront rien à faire, l’activité se poursuit normalement.

Si CBL n'arrive pas à vendre, SFS reste sa filiale mais les contrats arrivant à échéance ne seront pas renouvelés et les assurés devront alors trouver un nouvel assureur.

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