Entreprises de BTP

Artisans du bâtiment : vers une mobilisation de grande envergure

Mots clés : Artisanat

A l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux de la Capeb, le 10 janvier, son président Patrick Liébus  a montré toute la détermination des artisans du bâtiment à se battre contre les mesures gouvernementales prises qui ont mis à mal le secteur… et pour celles qui ne sont pas encore prises et qui pourraient le sauver !

« Trop, c’est trop !… Vos mesures nous empêchent de construire…Sauver les artisans, c’est maintenant ou jamais !…Trop de pression, on étouffe… » Tous ces slogans qui seront portés haut et fort lors de la manifestation du vendredi 18 janvier organisée par la Capeb devant toutes les préfectures de France et l’Assemblée Nationale à Paris, montrent à quel point les artisans du bâtiment sont excédés.  Et c’est bien sur ce point que Patrick Liébus a insisté en présentant ses vœux, le 18 janvier, devant une assistance d’acteurs du bâtiment venue nombreuse. « En dépit de nos avertissements, les Pouvoirs publics ont mis le secteur du bâtiment à genoux tout en nous faisant de belles promesses. Si nos menuisiers fabriquaient des langues de bois, l’activité serait relancée ! Le 18 janvier, nous mettrons les autorités face à leurs contradictions. »

 

Des mesures contre-productives

 

Le président de la Capeb a rappelé quelques chiffres qui prouvent, s’il en était besoin, que l’activité est en berne. L’année 2012 s’est mal terminée : – 2,5 % de baisse d’activité enregistrée sur le 4ème trimestre, soit un total sur l’année globalisée à – 1%. L’année 2013 n’augure rien de bon non plus avec une baisse d’activité prévue  de – 2,5 à – 3 %. Les raisons selon la Capeb : le climat économique maussade mais également plusieurs mesures qui ont directement impacté le secteur. Et Patrick Liébus d’insister  sur le fait qu’en 2012, les artisans du bâtiment ont perdu sur tous les tableaux. : « Rien ne nous aura été épargné en 2012 : en plus du ralentissement de l’activité incontestable, les mesures récemment prises par le Gouvernement ne nous laissent aucune chance de rebondir et montrent bien que l’artisanat du bâtiment est sacrifié sur l’autel de la crise. »
Hausse de la TVA à 10% en 2014, augmentation de la cotisation foncière des entreprises (CFE), gel de l’impôt pour 2012 prolongé à 2013, accroissement de la concurrence déloyale à travers les auto-entrepreneurs, le travail dissimulé et les entreprises low cost ne respectant pas la législation française) sont autant de mesures qui pénalisent le secteur. Patrick Liébus a souligné également la mise à l’écart des TPE concernant les mesures d’aide : « elles ne sont pas représentées au Conseil d’administration de la Banque Publique d’investissement et plus de 202 000 artisans travaillant seul sans salarié sont exclus du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) ».

 

Force de propositions

 

Malgré tout, la Capeb souhaite rester force de propositions en insistant sur cinq mesures :  appliquer une TVA à 5 % pour les activités de rénovation des logements, exclure le secteur du Bâtiment du régime des auto-entrepreneurs, défendre le principe « mêmes Droits, mêmes Devoirs pour tous » fondé sur un renforcement significatif du nombre de contrôles, réalisés par l’administration, sur les chantiers notamment le soir, les samedis et dimanches, donner les moyens au secteur du Bâtiment d’atteindre les objectifs du Président de la République de rénover plus de 500 000 logements par an et d’en construire le même nombre, prévoir un représentant des TPE au sein de la Banque Publique d’Investissement, présidée par le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations, ainsi que dans toutes ses futures instances territoriales.  « Ce que nous demandons enfin, c’est que le Gouvernement prenne l’habitude de se concerter avec les principaux acteurs du secteur avant de prendre des décisions. Le calcul de l’impact des mesures doit également devenir systématique afin de donner de la cohérence aux mesures envisagées », rappelle Patrick Liébus.

 

Mobilisation

 

Si rien n’est fait, près de 40 000 emplois seront menacés entre 2013 et 2014, estime la Capeb, soit plus de quatre fois le nombre de licenciements de PSA en 2012 avec des répercussions à prévoir sur toute l’économie.
Excédés, les artisans du bâtiment ont donc décidé de se mobiliser dans toutes les régions de France le 18 janvier prochain. Et Patrick Liébus, de conclure : « Le Gouvernement mène une politique de la bonne parole, notamment pour ce qui concerne le logement. L’objectif de 500 000 rénovations et de 500 000 constructions de logements par an est très ambitieux, mais complètement irréaliste puisque rien n’a été mis en place pour y parvenir. Il est temps d’exprimer notre ras-le bol et de dire stop aux belles promesses ! Nous donnons donc rendez-vous vendredi 18 janvier devant toutes les préfectures de France pour une mobilisation historique ! »

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