Le moniteur
Artisabat Auvergne, l'union pour conquérir le marché de la maison individuelle
- © Frederic PIGOT

Artisabat Auvergne, l'union pour conquérir le marché de la maison individuelle

Frédéric Pigot |  le 03/12/2018  |  Coopérative

Dans le Puy-de-Dôme, la coopérative Artisabat Auvergne gagne du terrain. En 2012, des artisans ont fait le pari d'unir leurs savoir-faire pour offrir un interlocuteur unique aux particuliers désireux de faire construire.

En septembre 2017, grâce à l'embauche d'un directeur commercial et à la création d'une agence sur le secteur de Thiers, Artisabat Auvergne a changé de braquet. Avec cette implantation sur l'Est du Puy-de-Dôme, la coopérative de construction et de rénovation est venue compléter ce qu'elle a développé à l'Ouest du département, autour de son siège social de La Bourboule.
Sur le principe "un homme, une voix" - qui régit le mouvement coopératif -, Artisabat a vu le jour en 2012 pour conquérir le marché de la maison individuelle, à une époque où les carnets de commandes étaient au plus bas. Elle est adhérente de l'Union française des coopératives artisanales de construction (Ufcac). "Ça m'a toujours tenu à cœur de monter quelque chose comme ça", raconte Thierry Védrine, un des quatre co-gérants d'Artisabat Auvergne. Il avait compris qu'il se coupait d'une partie de la clientèle du fait qu'il n'était pas en mesure d'apporter un produit clé en main, tous corps de métier confondus. Avant de passer à l'acte, les porteurs de projet sont allés s'inspirer d'autres expériences similaires.


L'expérience

Sur la plan pratique, l'artisan qui apporte le marché a la priorité. De même, le client a le choix des professionnels qui interviendront sur son chantier. S'il n'a pas de préférence, ils sont désignés de manière à équilibrer les chiffres d'affaires réalisés au sein de la coopérative. Pour l'établissement des devis, les prix de chaque artisan sont discutés dans le cadre d'une séance d'harmonisation. Objectif : maîtriser le tarif proposé au client. Pour financer les frais de structure de la coopérative, un coefficient est ajouté sur le devis global. Chaque dossier fait l'objet d'un permis de construire déposé par un architecte et d'un contrat de construction de maison individuelle ou contrat de maîtrise d'œuvre pour les rénovations. Dans ce cadre, les chantiers de moins de 150 000 € sont livrés en 12 mois et il faut en compter six de plus pour les autres. Les prix et les délais sont donc convenus en amont. Quand une entreprise est défaillante, une autre prend le relais. Via un accès intranet personnalisé, chaque professionnel est informé de l'avancée des chantiers.


Répondre à besoin

"Un seul interlocuteur, c'est très bien pour les clients et pour les artisans", constate Alexandre Pichard, le directeur commercial, en soulignant que 70 % du chiffre d'affaires sont réalisés en rénovation. En 2017, la coopérative a construit trois maisons neuves et sept au premier semestre 2018.
"Les clients sont demandeurs de structures comme celle-ci, ça nous amène énormément de travail", confirme Thierry Védrine en prévenant toutefois les éventuels candidats : "Pour l'intégration d'un nouvel artisan, on lui demande d'arriver avec un chantier. On prend des entreprises qui ont envie de se développer. Les autres viennent pour l'esprit coopératif".
La coopérative fédère aujourd'hui une trentaine d'entreprises artisanales en comptant celle en cours d'adhésion (1). Le nombre de salariés de ces entreprises n'excède pas vingt en sachant que les trois-quarts en ont moins de cinq.
En juin 2018, à l'occasion de l'assemblée générale, en complément des deux d'origine, deux nouveaux co-gérants sont entrés au conseil d'administration de la coopérative pour représenter le secteur Est du département.
"Tous les mois une réunion est organisée sur chacun de ces deux territoires afin de discuter des chantiers et des actions commerciales entreprises", explique Thierry Védrine. Artisabat Auvergne dispose d'un local à La Bourboule où, les matins, des permanences sont assurées à tour de rôle par les coopérateurs. De même, un bureau a été ouvert à Thiers.


L’envol

"L'activité végétait entre 300 et 600 000 € jusqu'au jour où on a embauché un commercial", remarque Thierry Védrine en précisant que ce chiffre d'affaires devrait atteindre 1,5 million d'euros en fin d'année avec une prévision de 3 millions dans deux ans. Seules les difficultés des artisans à recruter du personnel qualifié pourraient faire obstacle au développement d'Artisabat Auvergne. Autre bémol, l'existence d'Artisabat Auvergne ne serait pas du goût de tous. "Les constructeurs nous voient d'un mauvais œil", constatent les coopérateurs en expliquant que, du coup, ils n'ont pas accès aux salons de l'habitat organisés sur le territoire. Ainsi, pour promouvoir le savoir-faire de la coopérative, Alexandre Pichard sillonne le département d'Est en Ouest et s'active sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) et le site internet de la coopérative.


(1) Une année probatoire est exigée.

Commentaires

Artisabat Auvergne, l'union pour conquérir le marché de la maison individuelle

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Date de parution : 12/2018

Voir

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur