Logement

« Arrêtons de dire que les mauvais chiffres sont la faute de la conjoncture », François Payelle, président de la Fédération des promoteurs immobiliers

Alors que le 44ème Congrès de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) se tient à Lyon les 19 et 20 juin, François Payelle, son président, répond à nos questions et compte quatre gros points de blocage du marché à lever rapidement.

Comment se sont comportées les ventes des promoteurs au 1er trimestre 2014 ?

Leurs ventes ont progressé de 3 % au 1er trimestre 2014 par rapport à la même période de 2013 (soit 17 339 unités) mais ont reculé de 36 % comparées à 2010. Ce léger rebond n’est d’ailleurs pas général. Ainsi les réservations nettes en Ile-de-France se sont contractées de 11% (voir aussi notre article conjonture dans la promotion immobilière en cliquant ici).

 

Le comportement des clients investisseurs et des accédants est-il homogène?

Non. Les investisseurs ont progressé de 22 % sur le 1er trimestre, mais en comparaison d’un très mauvais 1er trimestre 2013. Ils ne représentent plus que 37 % de nos ventes au détail. En revanche, l’accession recule de 5,7 %.

 

Comment expliquez-vous ce recul ?

Malgré des taux d’intérêt très favorables, le taux de désistement des acheteurs a bondi de 10 à 20 % depuis l’automne en raison du durcissement des conditions de crédit.

 

La faiblesse des ventes n’incite-t-elle pas les promoteurs à retenir le lancement de nouvelles opérations ?

Oui tout à fait. La chute des mises en ventes est d’ailleurs inquiétante: - 17,2 % sur un an avec 17 704 logements (- 38 % comparé à 2010). Du coup, l’offre ne se renouvelle presque plus et le stock recule avec 85 360 logements disponibles à fin mars (13,5 mois de ventes), dont 57 % achevés ou en chantier. On peut parler de marché en panne.

 

Quels sont, selon vous, les points de blocage du marché du logement ?

Tout d’abord l’attentisme de nombreux élus locaux, du fait de l’arrivée de nouvelles équipes municipales, mais pas seulement. La volonté enfin affichée de l’Etat pour sortir de la crise ne suffira pas si les élus hésitent à construire des logements. C’est très préoccupant.

 

Que faudrait-il faire ?

Les collectivités locales qui ont en charge la stratégie de développement urbain à moyen terme devraient pouvoir négocier des coopérations avec les maîtres d’ouvrages urbains (promoteurs et bailleurs sociaux) plutôt que d’appliquer des procédures longues et aléatoires.

 

Qu’en est-il du foncier ?

La libération de terrains, publics ou privés, doit être une priorité nationale. Ce n’est pas le cas pour l’immobilier public. Ce ne sera pas le cas non plus pour le privé tant qu’on n’incitera pas les particuliers à vendre des terrains à bâtir en instaurant, par exemple, une exonération significative sur les plus-values de cessions pendant deux ou trois ans pour créer un afflux de terrains sur le marché.

 

Quels sont les autres freins à la relance du marché?

Sans aucun doute le manque de confiance des Français pour investir dans le logement. Il faut absolument rassurer les investisseurs, en réaffirmant que le dispositif “Duflot”, ciblant le logement intermédiaire, est un bon dispositif, stabilisé pour trois ans, et en le sortant du champ de d’encadrement des loyers. Il faut également aider les accédants, notamment les plus modestes, qui cherchent eux aussi du logement intermédiaire. Je suggère de s’appuyer notamment sur les ressources excédentaires du Livret A pour relancer ce type de production.

 

Vous avez aussi beaucoup plaidé en faveur d’une simplification des réglementions ?

Oui effectivement et c’est le quatrième point de blocage qu’il me semble important de lever. Les réglementations en matière de construction doivent être rapidement et réellement simplifiées, dans le sens de la démarche “Objectifs 500 000” lancée par le gouvernement. Arrêtons de dire que les mauvais chiffres de la construction sont la faute de la conjoncture. Les besoins sont là. Une partie de l’amélioration de notre marché est entre nos mains. Revenons à des choses simples : nous rentrons dans une économie de pénurie qui ne réglera rien et relancera la tension sur les prix.

 

Dans le contexte actuel, quelle prévision de ventes faites-vous pour 2014 ?

Sans signe d’amélioration pour le 2e trimestre, nous tablons sur 65 000 à 70 000 ventes en 2014 (contre 75 120 en 2013 et 110 473 en 2010).

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