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Arenberg, haut-lieu du vélo et bientôt gisement de matière grise
Les pavés de l'enfer du Nord conduisent à des projets d'aménagement pour Wallers - © © Nicolas Guillon

Arenberg, haut-lieu du vélo et bientôt gisement de matière grise

Nicolas Guillon (Bureau de Lille du Moniteur) |  le 08/07/2014  |  PatrimoineTravauxEuropeInternationalParis

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Mercredi 9 juillet, la 5e étape du Tour de France emmène le peloton d'Ypres, en Belgique, à Arenberg, les «Champs-Elysées» de la classique cycliste Paris-Roubaix. Les coureurs s’arrêteront, toutefois, juste avant la fameuse trouée : l’arrivée sera jugée au pied d'un puits de charbon destiné à devenir un pôle d’excellence dédié à l’image. Dans la commune de Wallers (5 600 habitants), dont le patrimoine minier est classé à l’Unesco, c'est bien le vélo qui se fait vecteur du projet urbain.

Depuis des mois, sur la façade vitrée de la mairie de Wallers, une immense photo annonce l’événement : l’arrivée du Tour de France, le 9 juillet, à Arenberg – Porte du Hainaut. Arenberg, c’est la «ville nouvelle» de Wallers, construite en 1910 avec les infrastructures minières. Un modèle du genre, qui a servi de lieu de tournage au Germinal de Claude Berri, et dont 15 biens, dont trois chevalements, sont, depuis 2012, référencés au patrimoine mondial de l’Unesco. Arenberg c’est également la légende du cyclisme : une saignée dans la forêt, 2,4 kilomètres pavés de mauvaises intentions, que doivent affronter chaque année les coureurs du Paris-Roubaix. Beaucoup y ont versé des larmes de douleur. Le pire de l’Enfer du Nord.

Pôle d'images

Si les coureurs du Tour emprunteront ce 9 juillet quelques secteurs pavés, les organisateurs de la course n’ont pas poussé le vice jusqu’à inscrire la trouée d’Arenberg au parcours. Mais la Grande Boucle a tout de même tenu à rendre hommage au site en y traçant sa ligne d’arrivée du jour, juste devant l’ancien puits minier désormais sur la voie de la requalification. La vaste salle de presse y a trouvé sa place pour cette 5e étape mais demain, c’est un pôle d’excellence dédié à l’image qui va se développer ici. Un projet très ambitieux porté par la communauté d’agglomération Porte du Hainaut et l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis : la transformation de ce patrimoine de la mémoire industrielle en une place forte du cinéma et de l’audiovisuel. Ce projet d’un montant global de 49 millions d’euros HT, financé en partie par l’Europe (Feder), suit trois axes : la recherche, l’attractivité des tournages et le développement touristique par la diffusion de la culture scientifique. A terme, le pôle image d’Arenberg permettra également d’héberger des entreprises de la filière. Les maîtres d’ouvrage ont confié l’opération à un groupement conduit par Norpac, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Nathalie T’Kint et Serge Colin ont signé la restructuration des bâtiments, sans toucher aux façades extérieures.

L’image, si importante pour le Tour : il était bien normal que l’initiative soit saluée. Mais Wallers a d’autres projets. «Le cyclisme c’est un pan de la vie de notre commune, explique Salvatore Castiglione, réélu maire en mars pour un deuxième mandat. D’où l’idée de lui rendre ce qu’il nous a donné en créant une Maison du Paris-Roubaix, comme il existe un musée du Tour des Flandres à Oudenaarde, en Belgique.» En réalité, la visée de l’élu, par ailleurs vice-président de la communauté d’agglomération Porte du Hainaut, en charge des questions patrimoniales, pousse un peu plus loin : «Notre commune est atypique de par sa configuration toute en longueur avec d’un côté, un centre bourg (Wallers) et de l’autre, un gros hameau (Arenberg), deux secteurs d’habitat aux sociologies très différentes. Comment mieux les relier entre eux ?  Par le vélo, bien sûr ! Nous avions en projet la rénovation de la salle des fêtes d’Arenberg, un lieu important pour la vie sociale de nos habitants. Nous avons lancé une consultation. Hélas, nous avons rapidement compris que nous ne parviendrions pas à réunir les 3,8 millions d’euros nécessaires à la réalisation de ce programme. Cela nous a obligés à revoir nos plans et c’est à partir de ce moment qu’a germé l’idée de coupler les deux opérations: la réhabilitation de la salle des fêtes et le musée.»

Un jour mon prince viendra

L’intuition n’a pas tardé à trouver de l’écho. Installer une Maison du Paris-Roubaix sur un site minier classé à l’Unesco permet, en effet, d’imaginer le développement d’une offre touristique de restauration et d’hôtellerie, en lien avec le futur pôle image. En outre, l’histoire du Paris-Roubaix est un sujet tout trouvé pour l’audiovisuel. La Maison du Paris-Roubaix pourrait également devenir un point de départ de randonnées sur des boucles pavées. Qui plus est, encourager la pratique du vélo a du sens dans une région où se pose un problème de santé publique avec une part importante de la population en surpoids. Les collectivités territoriales tendent à nouveau l’oreille. «On change de dimension, on se met tous autour de la table et on va chercher des fonds européens», s’enthousiasme Salvatore Castiglione.

Un comité de réflexion sur la Maison du Paris-Roubaix a été créé avec le soutien du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Nord (CAUE) et une étude de faisabilité et de rentabilité sera lancée en fin d’année. En attendant, des travaux d’urgence (1,7 million d’euros) vont être effectués dans la salle des fêtes.

La salle des fêtes d'Arenberg référencée au patrimoine de l'Unesco, et qui fera l'objet d'une réhabilitation, pourrait être agrandie pour accueillir la maison du Paris-Roubaix
La salle des fêtes d'Arenberg référencée au patrimoine de l'Unesco, et qui fera l'objet d'une réhabilitation, pourrait être agrandie pour accueillir la maison du Paris-Roubaix - © ©Nicolas Guillon

Le projet s’est même trouvé un mécène en la personne de Pierre Frédérick Henri quatrième duc français d’Arenberg. «Nous avions depuis longtemps l’idée de reprendre contact avec la famille royale d’Arenberg, confie Salvatore Castiglione. Nous y sommes parvenus par l’entremise de la Fondation Arenberg qui promeut l’histoire et la culture européenne. Le prince a été très touché par notre démarche. Mais nous n’imaginions pas que le 7 mars, il viendrait nous rendre visite. Il nous a promis de nous aider. C’est vraiment une histoire étonnante: durant un siècle, Wallers a porté Arenberg et le rapport est en train de s’inverser.» Comme quoi une commune de 5 600 habitants avec ses difficultés financières peut encore avoir l’ambition d’un projet urbain.

Des élèves paysagistes ont repavé « Pont Gibus »

Comme chaque année, la région Nord-Pas-de-Calais s’est mobilisée pour entretenir les secteurs pavés qui font le sel de Paris-Roubaix. 25 élèves du lycée horticole de Raismes ont ainsi procédé au repavage du secteur de «Pont Gibus» à Wallers. Concrètement, l’opération consiste à décaisser sur 30 cm puis à faire une fondation de béton sec avant de reposer les pavés. Ces dix dernières années, plus de 43 000 pavés ont été traités.

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