Architecture Jean-Michel Ruols au pays des parcs aquatiques

-L'architecte du parc Astérix a conçu les premiers parcs de loisirs aquatiques en France. Il s'est fait une spécialité de ce programme en pleine expansion.

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Pas de dessinateurs, pas de matériel informatique, seulement trois permanents, Jean-Michel Ruols livre en moyenne trois complexes aquatiques par an (1). Mandataire de la plupart des projets, il sous-traite les études à une dizaine de bureaux d'études régulièrement associés à son travail. Son succès repose sur ses références construites, la plus ancienne et prestigieuse restant le parc d'attractions Astérix (1989) dont il fut le coauteur avec Michel Kalt.

Sentant la difficulté de reproduire cette expérience, qui suppose des investissements étrangers, il a transposé son savoir-faire dans les complexes aquatiques, dont les programmes relèvent selon lui de la même problématique. L'idée de base de ces équipements est de drainer une population plus large que la piscine traditionnelle, dont les déficits pèsent lourd sur le budget des communes, en ajoutant des bassins de jeux et de détente aux bassins de natation classiques. Principale composante du projet d'architecture, l'implantation des différents éléments du programme et la gestion des flux : les gens doivent se déplacer sans heurts d'une attraction à l'autre. J.-M. Ruols insiste en particulier sur la nécessité de faciliter la surveillance des bassins, le personnel représentant plus de la moitié des charges d'exploitation d'un complexe aquatique, contre 15 à 20 % seulement pour les charges d'énergie moyennant un bon équipement technique. L'équilibre financier de ces opérations reste précaire, même si Thermapolis, achevé par Ruols à Amnéville (Moselle) en 1996, prouve qu'aucune fatalité ne leur interdit d'être rentables si l'exploitation se fait en bonne intelligence avec la conception et si la construction a bénéficié de moyens suffisants (au moins 8500 francs HT du m2).

L'architecte critique le systématisme avec lequel les diagnostics effectués par certains bureaux d'études et programmateurs condamnent les piscines existantes et incitent les décideurs à la reconstruction d'équipements trop lourde pour leurs budgets. Il redoute aussi une « typification » de ces équipements due à des programmes souvent très dirigistes, et souhaite que des concours d'idées englobant une réflexion sur le programme, l'architecture, et l'exploitation remédient à la coupure entre les responsabilités.

A 300 000 entrées visées par an, la stratégie commerciale devient importante, que l'investissement soit public (mairie de Haguenau, district de Boulogne) ou privé. Pour drainer la clientèle la plus large, il ne suffit pas aux centres aquatiques de multiplier les types de bassins (pièces d'eau à vague, à bulles, à toboggans, jet stream, rivière à bouée) et d'intégrer des programmes complémentaires (fitness club, restaurants, salons d'hydrothérapie, etc.). L'architecte propose aussi la création « d'ambiances » scénarisées en accord avec l'investisseur ou le gestionnaire. « On va dans ces équipements pour vivre un rêve, comme au cinéma du samedi soir », précise Jean-Michel Ruols, qui revendique une culture populaire souvent méprisée. Caldea, centre thermal de loisir construit en 1994 pour 250 millions de francs à Andorre, réunit dans 23 000 m2 la copie d'une grotte indienne, un hammam surmonté d'une coupole étoilée, un bain de pamplemousse, des vasques animées d'un spectacle sons et lumières, etc.

Même vague ludique pour les patinoires...

Les patinoires seraient touchées par la même vague ludique, sous l'influence des expériences anglo-saxonnes financièrement probantes. Les « jardins climatiques » du district de Boulogne-sur-Mer (8 700 m2 de surface utile, 75 millions HT, travaux prévus pour 1999), regrouperont une piscine et une patinoire sous le même toit. Le « village tahitien » à l'ambiance tropicale côtoiera donc le « village polonais » et son chemin de glace entre les sapins, avec boîte de nuit et curling communs.

Jean-Michel Ruols a inauguré en mai dernier un parc aquatique extérieur de 17 ha à Bombay, aménagé avec un luxe d'ambiances et de décors identiques aux équipements français. Mais l'avenir est, selon lui, dans l'Hexagone, où le loisir ludique pourrait investir de nombreux domaines : les aquariums spectacles, les musées aux parcours animés et didactiques, et pourquoi pas, les maisons pour personnes âgées où l'on aurait, selon lui, à tort gommé toute notion de plaisir et d'attraction.

(1) En appel d'offres : les piscines sport-loisir des communautés de commune des Pays de Flers (Orne) pour 31MF, du district de Cattenom (Moselle) pour 27 MF et de Charleville-Mézières (Ardennes), 64 MF. Ouvertures vers 2 000.

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Caldea, le centre thermal de loisir d'Andorre (ci-dessus et ci-dessous) et, à droite, la piscine ludique de Villefranche-sur-Saône.

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