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Architecture Fuksas l'Européen, grand prix national

ELISABETH ALLAIN-DUPRE |  le 18/06/1999  |  ArchitectureParisInternational (hors U.E)

L'Italien Massimiliano Fuksas reçoit la plus haute distinction architecturale française. Le grand prix « Jeunes Talents » va aux Bordelais Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal.

La ministre Catherine Trautmann a remis, le 14 juin, à la Grande Halle de la Villette, les grands prix nationaux de la Culture 1999 à dix-huit récipiendaires aussi divers que l'écrivain québécois Réjean Ducharme (absent), le cinéaste Jean-Luc Godard (dans la catégorie « arts plastiques » pour son apport aux arts visuels), le journaliste Bernard Rapp (« arts et images ») ou l'historien François Loyer (« patrimoine »).

Sorti l'an dernier de son traditionnel isolement, le grand prix national d'Architecture fait partie du lot, assorti, à l'instar des autres, d'un prix « Jeunes Talents ». Ce sont deux architectes bordelais, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, 44 et 45 ans, qui l'ont inauguré. Après plusieurs projets remarqués, les réalisations de la maison Latapie doublée d'une serre en polycarbonate (1993) et du département des arts et sciences humaines à l'université de Grenoble (1996) ont confirmé l'originalité d'une démarche qui croise (réalisme économique et « détournements » inventifs de matériaux. De dix ans leur aîné, le Romain Massimiliano Fuksas emporte le grand prix. L'architecte, qui voulait être peintre, construit en Italie depuis 1970 et en France depuis 1987. Mais il est appelé aussi - pour construire, enseigner ou projeter la ville - aux quatre coins du monde, et particulièrement d'Europe : Hambourg, Hanovre, Francfort, Berlin, Stuttgart, Salzbourg... C'est précisément cette dimension européenne que le jury a voulu mettre en exergue, avec la singularité d'une oeuvre abondante.

Sans aucun a priori esthétique ou constructif, celle-ci est toujours chargée d'une forte dimension plastique, de mieux en mieux maîtrisée et affinée à l'échelle des sites dans ses derniers projets. Ainsi, du Centre de congrès de Rome (projet en deuxième phase, 1998), où l'architecte s'empare de la lourde morphologie mussolinienne du quartier EUR pour la transposer en cadre immatériel (mince enveloppe translucide en travertin) de l'étonnante figure suspendue qui enferme les auditoriums.

Réflexion sur la ville

Aujourd'hui à la tête d'une équipe de 75 personnes réparties dans trois agences à Rome, Paris et Vienne (Autriche), l'architecte extraverti et séducteur des années 80 vibre toujours de la même énergie. Mais, plus mûre et plus contenue, elle soutient un engagement croissant dans la réflexion sur la société et la ville dont témoignent non seulement ses projets urbains récents, mais aussi son action à la tête de la section architecture de la Biennale de Venise où il prépare pour l'été 2000 - sur 20 000 m2 dans les bâtiments de l'Arsenal - la « plus grande exposition mondiale » d'architecture. Pour cela, Fuksas appelle à contribution les jeunes architectes du monde entier, connus ou inconnus. L'idée : rassembler des contre-projets ou des projets sans commanditaires témoignant d'une réflexion novatrice et engagée sur la ville d'aujourd'hui (1).

(1) Pour en savoir plus, consulter le site www.labiennale.org. Pour transmettre des projets : [email protected]

DESSIN

Projet pour le Centre de congrès de Rome : l'architecte s'empare de la lourde morphologie du quartier mussolinien pour la transposer en cadre immatériel.

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