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Architecture contemporaine : la Maladrerie d’Aubervilliers menacée de minéralisation
La Maladrerie d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) - © © DR

Architecture contemporaine : la Maladrerie d’Aubervilliers menacée de minéralisation

Service architecture et urbanisme |  le 30/03/2017  |  Seine-Saint-DenisArchitecture

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L’association « Jardins à tous les étages » s’inquiète des tentatives de l’OPH d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) de dénaturer la qualité architecturale de l’ensemble de logements conçu par l’architecte Renée Gailhoustet…

Le quartier de la Maladrerie à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rassemble environ 900 logements. Il est l’œuvre de l’architecte Renée Gailhoustet et de l’équipe de jeunes professionnels dont elle s’était entourée. De 1975 à 1985, cette utopie réalisée déploie son architecture sur 8 hectares au cœur du 9-3. Alors que paraît au Journal Officiel du 30 mars 2017 le décret relatif au label « Architecture contemporaine remarquable », cet ensemble déjà labellisé « Patrimoine du XXe siècle », fait l’objet de travaux qui risquent de dénaturer gravement son originalité et ses fondements. L’association « Jardins à tous les étages » s’émeut aujourd’hui auprès de l’OPH d’Aubervilliers des dangers que font courir ces travaux de réfection des terrasses-jardins sur sa cohérence architecturale et patrimoniale.

La Maladrerie est, en effet, l’une des rares réalisations de logements sociaux en gradins, où chaque appartement présente un plan unique, la plupart se prolongeant à l’extérieur par une terrasse-jardin en étage ou un jardin en pleine terre en rez-de-chaussée. Aussi l’un des concepts-clés de cette architecture est d’être végétalisée, à la manière d'une colline urbaine. Cette architecture ne se conçoit donc pas sans une végétalisation exubérante. Or les solutions techniques retenues par l’OPH pour la réfection des jardins concourent au contraire à la réduire, voire à la supprimer.

Ces terrasses-jardins ont fait l’objet de multiples tentatives de minéralisation depuis une vingtaine d’années. Née en 1995, l’association « Jardins à tous les étages » a organisé la résistance et permis de préserver l’essentiel de ces espaces verts en étage. Malheureusement, un petit nombre d’entre elles a déjà été dallé et certaines fuient : preuve, selon l’association de défense, que le fait d’avoir enlevé la terre n’a pas réglé le problème de l’usure de l’étanchéité.

Vue d'une terrasse végétalisée...
Vue d'une terrasse végétalisée... - © © DR

La tentation de daller les terrasses réapparaît aujourd’hui sous la forme d’une périphérie minéralisée de 40 cm pour chaque terrasse, ou sous la forme d’une réduction pour les grandes et moyennes terrasses d’environ un tiers de leur surface de terre au profit d’une aire dallée sur plots. « Jardins à tous les étages » se dit totalement et fermement opposée à ces propositions. En dépit de cette opposition, des travaux ont eu lieu depuis septembre 2016, qui devraient se poursuivre sur une centaine de terrasses. Un véritable « sabordage » de la Maladrerie selon l’association, qui a alerté la Direction de l’architecture du ministère de la Culture et reçu le soutien de Renée Gailhoustet.

« Outre une dégradation de l’image de la cité, qui entrainerait encore davantage de paupérisation et de dégradations, ces travaux présentent le risque de dommages écologiques majeurs. Les terrasses-jardins abritent une faune et une flore variées. Par ailleurs, la végétation apporte une bonne qualité climatique qui est aujourd’hui au programme des grandes villes, comme par exemple dans le Plan Climat de la ville de Paris. Cette Cité fait partie du patrimoine architectural, il faut la préserver. » conclut l’association.

Contact : Patrice Tranchant, président et Gilles Jacquemot, vice-président.
Mail 
: jardinsatouslesetages1995@orange.fr

Vue d'une terrasse végétalisée...
Vue d'une terrasse végétalisée... - © © DR

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