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Architectes-voyers Des experts au service de la maîtrise d'ouvrage parisienne

CATHERINE SABBAH |  le 06/06/1997  |  ArchitectureConcoursEtatMaîtrise d'ouvrageAménagement

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-Exemple unique et centenaire d'un corps d'architectes au service d'une ville, les architectes-voyers de Paris déclinent, sous toutes ses formes, la mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage urbaine.

Conseils auprès d'une collectivité, intégrés sous le titre d'ingénieurs dans une structure municipale, consultants, contractuels, les architectes qui rejoignent la maîtrise d'ouvrage y perdent souvent leur titre, parfois leur statut. Or, depuis 1895, les architectes voyers de la ville de Paris ont conservé les leurs, définis au moment de la création du corps et du premier concours de recrutement organisé en 1895. En un peu plus d'un siècle, leurs missions n'ont cessé d'évoluer jusqu'à les placer au coeur des directions de l'administration parisienne intervenant sur l'aménagement, la construction, et l'espace public. La capitale est aujourd'hui la seule ville française à posséder ce corps d'architectes fonctionnaires territoriaux que d'autres collectivités lui envient.

La fonction de voyer a accompagné l'invention de l'urbanisme. Des voyers, qui ne portaient pas encore le titre d'architecte, ont relevé puis dessiné les premiers plans de Paris pour établir l'ancêtre de l'actuel cadastre et asseoir l'impôt foncier. Au XIXe siècle, les « commissaires-voyers » fixent la largeur des voies, tracent les alignements et contrôlent les demandes d'autorisation de construire, la salubrité des habitations, décident des ravalements à réaliser...

Ils sont aujourd'hui 70, dont 24 femmes - le corps s'est féminisé et a rajeuni depuis 1970 - recrutés par la ville au fil des besoins, sur concours ouvert aux titulaires du diplôme d'architecte.

Des équipements publics aux espaces verts

Plus de la moitié d'entre eux travaillent à la direction de l'aménagement urbain et de la construction (DAUC), dont une vingtaine affectés aux permis de construire, et une quinzaine qui participent à l'élaboration de l'environnement réglementaire et à la conception des projets d'aménagement du bâti et du non bâti. Ce sont eux qui préparent les décisions du Conseil de Paris pour la révision du POS et les créations de ZAC.

Quatre architectes voyers sont en charge de la programmation des équipements publics neufs (consultations, concours...), quatre autres mettent leur expertise au service de la politique foncière de la ville (estimations, opportunités d'acquisitions). Cinq encore veillent sur le patrimoine des équipements municipaux à la direction du patrimoine et de l'architecture, six désengorgent la capitale à la direction de la voirie et des déplacements, trois la verdissent à la direction des parcs, jardins et espaces verts. Enfin, une dizaine sont détachés : auprès de capitales régionales (Nancy), à la Semapa, à l'Apur, au Conseil régional d'Ile-de-France ou à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Bien connus de leurs confrères libéraux parce qu'ils instruisent les permis de construire dans le service dirigé par Maurice Laurent, architecte-voyer général, ils interviennent, dans bien d'autres domaines, du mobilier urbain au patrimoine, en passant par les opérations d'urbanisme. Intermédiaire entre la ville et l'aménageur, l'architecte-voyer y apporte son expertise de maître d'oeuvre dans une structure de maîtrise d'ouvrage. Il participe à la conduite des projets urbains dont les sociétés d'économie mixte ont la charge, encadre, le cas échéant, la mission de l'architecte-conseil extérieur et prend position sur les choix architecturaux. Bref, il est en quelque sorte le garant de la qualité de la maîtrise d'ouvrage de la ville.

Un peu perdus dans la masse des 30 000 fonctionnaires municipaux, moins nombreux que leurs homologues ingénieurs des services techniques, les architectes voyers sont fiers de leur corps qu'ils défendent énergiquement et voudraient faire mieux connaître. Pour commémorer le centenaire, leur association amicale et professionnelle a lancé la rédaction d'un ouvrage collectif qui retrace les origines du corps et l'évolution de ses missions (1) depuis 1895.

Des postes rares et convoités

L'effectif actuel de 70 voyers, le plus haut jamais atteint, leur paraît encore insuffisant. L'idée, un temps caressée, de constituer un vivier d'architectes au service des villes de France n'a pas abouti, même si la reconnaissance du statut d'architecte dans la fonction publique territoriale fait son chemin (voir ci-contre). Cela dit, la diversité des missions et les perspectives de carrière rendent la fonction attractive, fut-elle limitée à Paris intra-muros. Rares, les postes sont convoités : 400 inscrits et 100 participants au dernier concours de recrutement pour 5 postes à pourvoir. Après un an de stage, les heureux élus seront titularisés dans le cadre A - le plus élevé - de la grille de la fonction publique parisienne.

(1) A paraître : « Les architectes voyers de Paris », ouvrage collectif (19 coauteurs). Prix de souscription : 250 francs, auprès de l'Association amicale et professionnelle des architectes voyers de la ville de Paris (AAPAV), 4 place de l'Hôtel de ville, 75196 Paris RP.

PHOTO : Quelques représentants des architectes-voyers de la capitale. Un corps de fonctionnaires unique en France.

Un statut d'architecte dans la fonction publique territoriale ?

Bien qu'elle recrute parfois des architectes, la fonction publique territoriale ne reconnaît pas leur spécificité et les assimile aux « ingénieurs des villes ». L'exemple des architectes voyers de la ville de Paris a permis à la direction de l'architecture de plaider auprès du ministère de l'Intérieur le dossier d'un statut propre aux architectes. Ces discussions devraient aboutir sous peu, indique Michel Rebut-Sarda, directeur adjoint. Assez différent du statut des architectes voyers parisiens, celui des futurs « architectes des villes » devrait cependant permettre, ajoute-t-il, d'établir des passerelles d'un corps à l'autre.

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